
MAJ 2021
Ni formation, ni diplôme, ni travail : voici ce qui définit les NEET. Cette population de 14 millions de jeunes en Europe, 2 millions en France, nécessite un accompagnement personnalisé pour réintégrer le système éducatif ou la sphère de l’emploi. Les Pouvoirs Publics français utilisent plutôt le terme « les invisibles ».
Lieu de réalisation : TORCY
France Bénévolat Seine et Marne
TORCY – 77200Torcy
La méthode d’accompagnement « sur mesure » de jeunes en très grande difficulté proposée par une bénévole de France Bénévolat 77, sur le site de Torcy, est la transposition de la démarche initiée avec succès à Chelles en 2016
Cette démarche a été mise en œuvre dans le cadre de l’appel à projets du FSE « Accompagner les jeunes NEET vers et dans l’emploi », avec l’appui du Conseil Régional de l’Ile de France et du bailleur social MC Habitat en 2016
Les déplacements des jeunes sur le territoire ont conduit à envisager l’ouverture de nouveaux sites pour assurer une continuité dans cet accompagnement (aller vers). A leur demande, les jeunes sont accueillis dans l’un ou l’autre site, trouvant ainsi toujours une écoute bienveillante.
L’objectif de cette méthode d’accompagnement individualisé est de repérer des jeunes ni en emploi, ni en formation et de les aider à devenir acteurs de leur projet de vie qu’il soit personnel ou professionnel.
Sur le site de Torcy, 50 jeunes bénéficient de cet accompagnement.
Plutôt qu’un dispositif organisé autour d’activités planifiées, il s’agit plutôt d’une méthode d’accompagnement innovante présentant plusieurs caractéristiques :
– aller vers le public : ouverture de permanences FB sur les lieux de déplacements
– temps de rencontres (ou d’échanges) à la demande, « hors les murs », assurés à titre bénévole par une référente parcours ayant un profil de médiatrice (possibilité offerte cependant de venir aux rendez-vous programmés dans une autre structure)
– construction d’un projet de vie (personnel ou professionnel) par et avec les jeunes (faire avec) basée sur leur libre choix mais aussi une écoute active et sans jugement permettant de construire des liens de confiance
– coopération avec les structures locales intervenant sur les thématiques d’insertion professionnelle et sociale pour pouvoir apporter des réponses à leurs questionnements et favoriser l’orientation vers les structures adéquates (mission locale, école de la 2ème chance, apprentissage, bénévolat, service civique….)
– durée d’accompagnement sans limite dans le temps : de deux semaines à plusieurs années
– valorisation des compétences expérientielles par la remise d’un Passeport Bénévole
La philosophie de la démarche est bien de partir des publics en cherchant à adapter les solutions en fonction des besoins exprimés.
Dès qu’ils sont sous contrainte, ces jeunes ne font plus rien. Ce sont eux qui choisissent le lieu des rencontres et le moment de rendez-vous.
Il ne s’agit donc pas d’un dispositif structuré, cadré mais d’un parcours personnalisé construit par et avec le public. Pas de « mallette ».
En parallèle de cet accompagnement personnalisé peuvent être proposés
– des actions collectives
– des moments de découverte du champ d’action de certaines professions comme juges, maires etc… en faisant notamment appel à des étudiants de la Sorbonne
De même, si les jeunes l’autorisent une rencontre avec les parents peut être organisée.
Le succès de la méthode initiée à Chelles a permis d’accueillir rapidement de nombreux jeunes.
Le bouche à oreille a bien fonctionné, les bénévoles France Bénévolat ayant été identifiées comme des personnes en qui l’on pouvait avoir confiance.
50 jeunes ont franchi la porte de la permanence depuis son ouverture juste avant le début du confinement fin 2019.
Certains ne vont plus revenir, ou plus tard. Plus qu’un échec, ces départs révèlent surtout le fait que pour le jeune ce n’était pas le bon moment.
Chacun trouve sa voie ; c’est une question d’équilibre.
La meilleure récompense est que le jeune soit devenu acteur de son parcours de vie.
Autre résultat positif : le maintien dans le temps des relations, révélateur du bon climat créé et des liens de confiance.
Méthode où les référents parcours sont beaucoup plus libres que dans les dispositifs traditionnels avec un minimum de 30 jeunes par an à accompagner.
Pas de contrainte de durée dans le temps : l’accompagnement peut durer deux jours, un mois ou 3 ans selon les jeunes
Pas de parcours formaté : parcours personnalisé qui se précise au cas par cas.
Accueil inconditionnel sans poser de questions sur la situation, le diplôme pour rester dans une posture de neutralité et d’impartialité.
Posture de médiation différente de la médiation urbaine et sociale. Ce sont les jeunes qui sont vraiment acteurs de leur parcours, pas le référent parcours.
Cette démarche innovante d’accompagnement nécessite le développement de nombreux partenariats : missions locales, écoles de la 2ème chance, structures formation – emploi, aide alimentaire, associations réseau d’entreprises locales.
Certaines associations sont contactées parce que recommandées par les jeunes.
Le projet sur le site de Torcy a démarré juste avant le début de la crise sanitaire.
Les principales difficultés rencontrées sont liées à cette situation exceptionnelle :
– accompagnement en distanciel : téléphone, visio-messages
– manque de structures pour répondre aux besoins alimentaires de jeunes en situation de survie et les orienter vers des stages ou emplois
Une autre difficulté de la démarche est qu’au dernier moment le jeune peut reculer, rien ne peut être fait. Obligation de rester dans l’attente.
Disponibilité du référent parcours pour répondre aux besoins exprimés de contacts permanents.
Entraide entre jeunes. Exemple : quand certains ont trouvé des associations faisant de la collecte de produits alimentaires ils en ont tout de suite informé les autres.
L’accompagnement peut être considéré comme réussi à partir du moment où les jeunes deviennent acteurs de leur projet de vie, qu’ils ne subissent plus.
Ce changement de comportement est possible lorsque que l’accompagnement est pris en charge par des personnes :
– ayant la capacité à prendre du recul, à ne pas juger
– intervenant à titre bénévole : un statut qui correspond bien à ces jeunes ; pas de lien d’obligation.
Sinon, difficile d’expliquer comment ce lien de confiance se construit et se maintient dans la durée.
Présentation de l’association (historique, finalité, principales activités, implantations territoriales, …
Structure départementale de France Bénévolat
France Bénévolat, réseau national d’accueil et d’orientation des bénévoles, créée en 2003 et Reconnue d’Utilité Publique en 2010, a pour vocation « la promotion de l’engagement bénévole associatif au service d’une citoyenneté active ». Depuis 2010, France Bénévolat est agrée par le Ministère de l’Education Nationale comme « association complémentaire de l’enseignement public », donc dans la tradition de l’Education Populaire.
Cette vocation se traduit au sein de trois missions principales :
– assurer la promotion du bénévolat associatif et le valoriser, dont la promotion de l’engagement bénévole des jeunes et des seniors ;
– développer une fonction d’intermédiation active entre toute personne qui cherche à s’engager dans le bénévolat associatif et toute association manifestant son besoin de trouver des compétences bénévoles ;
– recommander aux associations adhérentes et partenaires une amélioration de la gestion de leurs ressources humaines bénévoles, dont la reconnaissance des compétences expérientielles acquises dans le bénévolat associatif via « Le Passeport Bénévole »®.
Pour renforcer ces trois missions, France Bénévolat développe des programmes « dits thématiques » sur des grands problèmes sociétaux, plus particulièrement, depuis 2009, sur le thème de « La solidarité intergénérationnelle dans et par les associations », puis depuis 2013 sur : « La réussite éducative des jeunes », « La place des personnes en situation de handicap dans le bénévolat », « La place des associations dans l‘éducation à l’environnement et au développement durable», « La coopération et la coordination inter associative pour l’accueil et l’intégration des réfugiés », « Bénévolat et parcours pénal ».
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**