Ticket d’entrée accompagne des publics isolés socialement mais aussi du fait de la barrière de la langue, à découvrir la vie culturelle parisienne par différentes sorties au musée, au théâtre, lors d’expositions… L’objectif est de redonner un sentiment de légitimité à des publics n’ayant pas nécessairement confiance et conscience de leurs droits dans leur pays d’accueil ni que les lieux culturels leurs sont aussi accessibles.
Lieu de réalisation : Paris 19e et 18e
En 2010 Rachel et Sophie, amies de longue date, effectuaient bénévolement des ateliers socio-linguistique pour des personnes issues de l’immigration au Centre social Danube. Elles ont commencé à proposer des sorties culturelles aux personnes auxquelles elles enseignaient le français, ces sorties permettant à la fois l’apprentissage de la langue et l’inclusion de ces personnes dans la société. Elles ont ensuite proposé au centre social de faire une antenne culturelle mais ce n’était pas dans leur projet. Elles ont donc monté leur propre association pour développer de la médiation culturelle.
L’intervention se situe sur l’ensemble du 19ème et une autre intervention spécifique dans le 18ème auprès de réfugiés.
>> Permettre aux personnes étrangères d’apprendre le français par le biais de la culture : comprendre le français mais aussi les codes sociaux, avoir accès aux lieux culturels dans lesquels ils n’allaient pas nécessairement.
>> Redonner un sentiment de légitimité aux personnes qui ne connaissent pas ou ont peur d’aller hors de leur quartier dans des lieux culturels vus comme des espaces élitistes et les rendre autonomes dans leurs sorties futures.
>> Faire découvrir des lieux culturels en créant du lien social entre habitants : au départ, cela s’est fait doucement dans le quartier Danube, puis Paris Habitat a proposé à l’association d’intervenir de manière plus suivie dans le lot d’immeubles, afin de recréer du lien social entre les habitants.
Il y a 2 pôles :
– Ateliers langue et culture auprès des apprenants du français qui est un parcours suivi sur l’année avec 3 à 4 sorties par an, chaque sortie est précédée et suivie d’un atelier.
– Sorties ponctuelles proposées aux habitants et pour les personnes en fragilité sur le quartier (musée et expositions, théâtre classique, contemporain, musique). Toutes les sorties sont travaillées en amont elles sont au nombre d’une à deux fois par semaine.
Les sorties sont organisées en 3 phases, 3 rdv : 1/ présenter et préparer la sortie 2/ la sortie et découverte in situ 3/ la restitution, tour de table des ressentis et travail de vocabulaire, ouverture vers des suites dans la continuité de cette sortie.
L’association demande 3 euros aux bénéficiaires mais certaines associations partenaires participent à ces frais. L’adhésion n’est pas obligatoire pour participer aux actions.
Le public est composé d’adultes de tous les âges entre 20 ans et 80 ans environ, des sorties familles sont aussi proposées avec les enfants. Les origines des bénéficiaires sont très variables selon les lieux d’intervention (Asie, Maghreb, Turquie, Soudan, Afghanistan, Pologne…).
L’association de manière implicite mène des actions intergénérationnelles car les groupes de sorties sont assez mixtes et touchent notamment des seniors depuis son partenariat avec Paris Habitat. De fait, ils se sont habitués à ce public en tenant compte de leur demande, leur goût et de leur capacité. La majorité étant des femmes seules avec un petit salaire.
Au début, les sorties étaient destinées aux apprenants de français (une dizaine de personnes) puis par des discussions avec les habitants et l’ouverture à d’autres partenaires, le public s’est élargi. Le listing de participants est aujourd’hui de 500 personnes avec 1000 participations l’année précédente. L’association observe un plus grand nombre de séniors depuis le partenariat avec Paris Habitat.
Les retours des bénéficiaires sont bons, malgré au début une certaine réticence de la part d’associations ne pensant pas que ce type d’action toucherait le public. Aussi, tout doucement, les bénéficiaires ont un meilleur accès à la culture, ils ont souvent l’envie de revenir, notamment avec leurs enfants, leurs amis.
Dans le quartier beaucoup d’associations font des sorties culturelles mais ne les travaillent pas nécessairement comme vecteur de vivre ensemble et d’autonomisation comme le fait Ticket d’entrée
Partenaires opérationnels
Parabole
Accès à la lecture pour tous
Germae
CHU Danube et Mouzaïa
Centre social David D’Angers
Centre social Danube
Cité de Paris Habitat (cité blanche et bientôt Chaufourniers)
Au hasard d’un café
Accueil Habitant de Laurence Vaudour
Partenaires financiers
Ville (Mairie de Paris et du 19ème)
Préfecture
Appels à projet
L’association tente aussi d’avoir 30% de fonds propres en vendant des prestations de sorties à des entreprises.
Elle fait aussi des brocantes (1 à 2 par an) pour avoir de l’argent et elle négocie aussi des accords financiers avec les lieux culturels.
Les difficultés ont été principalement administratives pour monter l’association mais qui ne sont plus aujourd’hui d’actualité. Les financements sont aussi durs à trouver. En revanche, l’association a été très bien accueillie dans les lieux culturels et est bien visible sur le terrain.
Aussi, l’association a pris du volume dans le nombre de bénéficiaires ce qui donne l’impression de s’éloigner de l’aspect individuel et qualitatif de l’accompagnement. Une limite est aussi de ne pas pouvoir approfondir les sorties et notamment le temps d’après (restitution et suites) pour les sorties ponctuelles.
Il faudrait re-développer le temps de restitution des sorties ponctuelles.
Le binôme de base de l’association (Rachel / Sophie) a permis d’établir un bon contact et une confiance avec les gens qui a permis la réussite de l’association.
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**