Observatoire

Agri’Pain : Entre la boulangerie et la ferme – la transformation du pain invendu en mouture pour les vaches

Depuis 1974, l’association Revivre soutient les personnes en situation de vulnérabilité dans l’agglomération de Caen la Mer, Normandie. Leur initiative « Agri’Pain » a été commencée en 2016 pour recycler le pain invendu en mouture de pain pour les vaches laitières.

Auteurs(s)

Rodolphe
Margenstern

Fiche rédigée par Katelynn Wynen

Programme

Démarrage : 2016

Lieu de réalisation : Colombelles

Origine et spécificités du financement : dons de pain, paiements de la collectivité, fondation carrefour

Organisme(s)

Agri’Pain de l’association Revivre

Colombelles – 14460

Avenue des Canadiens

11Salariés

Site internet

ORIGINE ET CONTEXTE

– À l’origine, Agri’Pain était une initiative bénévole des agriculteurs qui voulaient financer la lutte contre la faim en Afrique avec la récolte des pains invendus des boulangeries locales, mais cette initiative n’a pas été professionnalisée et a dû s’arrêter.
– Ensuite, en 2016, l’association Revivre, une grande association locale qui soutient les personnes en situation de vulnérabilité (à hauteur d’environ 2 000 personnes par an), a recommencé le projet.
– Aujourd’hui, l’association Revivre dirige ce projet de collecte, traitement et revente du pain invendu en forme de mouture, mais avec des personnes éloignées d’emploi comme employés et une usine « sous-industriel ».

Objectifs

– Au niveau social, l’objectif est d’offrir un emploi à des personnes éloignées de l’emploi.
– Au niveau environnemental, l’objectif est d’éliminer les déchets (les pains invendus) d’environ 250 boulangeries locales.
– Le projet est original en ce que le but principal est l’emploi, mais l’objet recyclage représente un plus-value supplémentaire.

ACTIONS MISES EN OEUVRE

– Dans un premier temps, les salariés recueillent le pain invendu d’environ 250 boulangeries à travers la région.
– Les boulangeries peuvent fiscaliser le don du pain à 100 % et donc récupérer de l’argent.
– Ensuite, le pain est travaillé et sa mouture vendue directement à des agriculteurs éleveurs dans un périmètre d’environ 20km du site de transformation.
– Le processus intègre une pesée, un triage, un tranchage, un séchage et finalement un broyage du pain pour en faire de la farine.
– Les employés sont en contrat d’insertion et suivent 24 heures de formation et un encadré technique de carrières.
– 20 sacs de farine peuvent être transportés à la fois en livraison directe à la ferme.

Résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs

– Aujourd’hui, l’association a développé environ 250 points de collecte. Elle recueille environ 350 tonnes de pain par an et emploie 11 salariés.
– Des ateliers de formation et de démonstration de leur initiative sont aussi organisés en vue d’expliquer et de favoriser la reproduction de l’initiative.
– La demande dépasse la capacité de production. Le produit est de meilleure qualité comparé aux autres farines alimentaires et contribue à produire un lait de vache de meilleure qualité, et plus nutritif.

Partenariat(s)

– La Fondation Carrefour est le partenaire principal du projet, à hauteur d’environ 53 000€.
– Beaucoup de fonctionnaires élus sont intéressés par la démarche ; l’association Revivre a été sélectionnée par le Ministère de travail pour un partenariat.
– La totalité de l’investissement, notamment dédié à l’achat des machines, a été couvert par des subventions publiques et le mécénat privé.
– Également, le projet est soutenu par les administrations publiques, les corps de l’État et les conseils.
– L’association a également développé un partenariat économique avec certaines collectivités : puisque chaque tonne de déchets éliminés coûte 100€, l’association pourrait être remboursée par les collectivités de ce montant.

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés pendant la mise en œuvre :

– Il est nécessaire d’être très encadrant lorsqu’on travaille avec les personnes éloignées de l’emploi
– La machine pour le séchage est vraiment spécifique et complexe à réparer ; il est nécessaire de bien former les employés à son fonctionnement.
– Une autre difficulté est d’optimiser la transportation pour chercher le pain des boulangeries, puisqu’il y a plus de 250 points de collecte ; il y a aussi des problèmes de sécurité.

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

– Processus continu d’apprentissage face aux difficultés et d’optimisation des processus de productions.
– Heureusement, l’association a eu beaucoup de soutien, surtout financiers, ce qui lui a permis de surmonter les obstacles.

Améliorations futures possibles :

– Besoin de continuer à optimiser la logistique et la collecte du pain des boulangeries à travers la région et autour de Caen notamment.
– L’idée ce n’est pas de développer une grande entreprise multinationale, mais plutôt d’optimiser les processus actuels.

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Comité de lecture
Date de lecture de la fiche
2021-02-10
Localisation
France
calvados
Domaine
AgricultureEnvironnement
Type de structure
Association, collectif, ONG
Envergure du programme
Locale
Bénéficiaires
AgriculteursChômeurs
Type d’action
Lutte contre le gaspillage alimentaire
Type d’objectif
Aide et insertion (personnes handicapées/chômeurs…)Réduction/traitement des déchets, économie circulaireMaintien et/ou création direct(e) d’emploisCréation de dynamiques économiques
Localisation
Licence

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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**