Le projet RADIS (Restauration Anti-gaspi à Double Impact Social) propose en Ile de France des repas du midi chauds, complets, sains, et peu coûteux pour des personnes en situation de précarité cuisinés à partir de dons d’invendus alimentaires. Lancé en 2017, ce projet, co-porté par Baluchon et Emmaüs Défi, est également un projet d’insertion professionnelle.
Lieu de réalisation : Romainville (cuisine), Paris (distribution de repas)
Origine et spécificités du financement : profits et financements publics et privés
Le projet RADIS, mené par l’entreprise sociale le Baluchon, est né de deux constats. D’une part, les centres d’hébergements d’urgence ont un budget très contraint pour proposer une offre de restauration à leurs résidents. D’autre part, le fait de proposer des repas peu chers requière de la matière première à moindre coût, ce qui est rendu possible par la récupération d’invendus alimentaires.
Lors d’une première phase d’expérimentation de 2017 à 2019, des repas (une soixantaine par jour) étaient cuisinés pour la cantine des salariés d’Emmaüs Défi dans la cuisine de Baluchon à Romainville, par les salariés en insertion du service de traiteur de Baluchon. Depuis mai 2019, le projet est entré dans une nouvelle phase et son échelle a progressivement augmenté (200 repas par jour en mai 2019 et 450 repas par jour en mars 2020) avec des nouveaux points de livraison.
• Proposer des repas complets (entrée, plat, laitage, dessert), sains, faits à partir de produits frais, et variés à un prix faible (environ 4 €) tout en luttant contre le gaspillage alimentaire
• Proposer des emplois d’insertion à 35 heures par semaine et un accompagnement en tant qu’entreprise d’insertion, pour promouvoir l’entrée définitive sur le marché du travail des salariés
• RADIS récupère les invendus de trois sites Métro et de DIPSA, un grossiste pour traiteurs. Les invendus de Métro sont récupérés et livrés à RADIS en camion par deux salariés en insertion de l’Équipage, une entreprise d’insertion de logistique urbaine créée par Emmaüs Défi, tandis que les invendus de DIPSA sont livrés directement.
• Lorsque les invendus sont déchargés dans la cuisine, qui se situe à Romainville, ils sont triés par date limite de consommation et rangés en chambre froide ou en réserve sèche selon les produits. Chaque jour, les menus sont élaborés en fonction de l’approvisionnement et des dates limite de consommation, et cuisinés par cinq salariés en insertion et deux encadrants techniques chez Baluchon. Le RADIS récupère des invendus jusqu’au jour de leur date limite de consommation, et peut y ajouter trois jours en les cuisinant.
• Les repas sont livrés sous forme de barquettes individuelle ou collective aux clients à Paris par les salariés en insertion de l’Équipage. Aujourd’hui, Le RADIS livre des repas à l’association AURORE et à trois centres d’hébergement gérés par Emmaüs Solidarité.
• Puisque Baluchon et l’Équipage sont des entreprises d’insertion, les salariés travaillent 35 heures par semaine, sur des contrats d’une durée de quatre mois renouvelables jusqu’à deux ans. Les salariés sont recrutés en partenariat avec Pôle Emploi et les Missions locales, et bénéficient d’un accompagnement personnel (problèmes de santé, de logement, dette) et sur leur projet professionnel (aide à définir le projet)
Production : 450 repas par jour
Impact environnemental : 20 tonnes d’invendus sauvés en 2019. Grâce à l’augmentation de l’échelle de l’activité, il est estimé qu’environ 75 tonnes d’invendus seront sauvés en 2020
Impact social : 7 salariés en insertion dans le projet RADIS (dont deux embauchés par Équipage et cinq par Baluchon pour la cuisine de RADIS). Des données concernant les issues de la sortie du projet ne sont pas encore disponibles car ces salariés n’ont été embauchés qu’à partir de mai 2019 ils travaillent tous encore sur le projet.
• Un double impact social de cuisine d’insertion et préparation de repas abordables, complets, et sains pour les personnes en situation précaires associé à l’impact environnemental de lutte contre le gaspillage alimentaire
• Le RADIS récupère une variété de produits invendus beaucoup plus large que la majorité des Banques Alimentaires car il a la capacité de cuisiner. Il récupère donc des viandes, des laitages, des surgelés… : tout sauf la viande porcine et les boissons
• Soutien financier : Fondation Carrefour, fonds de dotation Métro, région d’Île-de-France, ville de Paris, HCR Prévoyance, Fondation Abbé Pierre, Fondation Nexity, Société Générale, Emmaüs France, Vinci, Cemex, FM Log, Eiffage, Macif
• Lors du confinement se sont développés de nouveaux partenariats d’approvisionnement avec ANDES, Le Chaînon Manquant, et Phenix
• Membre du PTCE (Pôle Territorial de Coopération Économique) Resto Passerelle
• Approvisionnement aléatoire dû à la récupération d’invendus, surtout pour les produits de longue date limite de consommation tels que les pâtes et le riz.
• Le modèle économique de RADIS est en cours de stabilisation. Une nouvelle montée en charge pourra permettre de consolider son modèle économique grâce à des économies d’échelles
• Difficulté de planifier la composition des repas pour éviter à la fois la redondance des repas et le gaspillage d’invendus : c’est une tâche qui nécessite un chef expérimenté
• Sensibilisation des donateurs et points réguliers pour expliquer le projet et ses besoins
• Achat de certains produits pour compléter les invendus (environ 20% de l’approvisionnement, surtout le poisson, le fromage, des fruits et légumes et les aliments non-périssables). Cela est nécessaire car le RADIS est contractuellement tenu de fournir des repas à quatre composantes, et que la variété est une priorité.
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**