En 2014, Samuel Foubert s’est lancé dans l’élevage de races locales de chèvres et moutons… sans terrain ! A force d’expérimentations, il réinvente l’élevage de brebis en plein air grâce à un service de pâture alternatif au désherbage chimique ou mécanique auprès des organismes publiques et des agriculteurs.
Démarrage : 2014 avec les chèvres et 2018 avec les brebis
Lieu de réalisation : 5 km aux alentours de Hauville selon les parcelles mis à disposition
Origine et spécificités du financement : Autofinancement : les frais sont réduits au maximum 110€ la chèvre + 180€ la brebis + système de clôture mobile (2000€ HT) + vétérinaire (le plus conséquent ~500€/an sauf accidents) + foin
Baignant dans l’agriculture depuis petit, mais sans avoir de terres, Samuel Foubert s’est lancé dans l’élevage de brebis et moutons à titre d’éleveur amateur, en parallèle de son autre activité professionnelle. Plutôt que de tondre les terrains du syndicat de bassin versant, Samuel propose de valoriser cette herbe dans le cadre d’une activité agricole. C’est en suivant des groupes d’éleveurs sur les réseaux sociaux que l’idée lui est venue d’installer des brebis pour maîtriser les couverts hivernaux, les végétaux qui protègent les sols des grandes cultures en hiver. Un premier essai avec un agriculteur sur la surface d’un hectare a été un succès. Même si la pratique reste peu connue, on lui propose de plus en plus de terrains. L’un des objectifs est de réduire la pression des phytosanitaires, ou le temps humain passé à tondre ces espaces.
Réussir à démontrer que les brebis sont efficaces pour tondre et entretenir les espaces, tout en limitant l’usage d’herbicides, fongicides et insecticides.
Éviter la perte d’argent liée à la tonte pour l’entretien et le gaspillage de l’herbe avec les chèvres sur les parcelles des syndicats de bassins versant pour consommer les ronces, orties, chardons. Les chèvres ont un rôles complémentaires aux brebis.
Pâturer un maximum de parcelles chez les céréaliers. Arriver à faire pâturer les parcelles de blé à l’automne.
Mettre en place une transhumance des brebis entre les parcelles (6/7 km) pour éviter les frais de transport.
Augmenter le troupeau le plus vite possible pour développer la vente directe avec des agneaux mis sous vide
Pâturage des couverts hivernaux, de repousses de colza et de blé dans les grandes cultures céréalières
Pâturage tournant dynamique : changement de parcelles tous les 3 jours pour réduire le vermifuge au maximum
Remplacement des vermifuges par des pierres à lécher à base de plante
Alternance de fauche et de pâture dans la gestion des bassin versants
Elevage de races locales très peu développées . Exemple : mouton Roussin de la Hague, originaire de la manche et qui ne craint ni l’eau ni le vent, et qui est propice aux agnelages en extérieur.
Coordination des gestations avec les couverts hivernaux (dont les qualités nutritionnelles sont très riches) et des mises bas avec la pousse de l’herbe fin avril, début mai, pour avoir un coût d’alimentation très faible
Pas de vaccination des agneaux
De plus en plus d’agriculteurs se laissent convaincre par l’expérimentation : Samuel a réussi à convaincre son voisin pour expérimenter la pâture des repousses de blé.
Une diversification des espaces de pâturages test, exemple : pâturage d’un verger intensif de pommes bio
l s’agit d’un système plein air à 100% (alors que la très large majorité des éleveurs de moutons font les agnelages en bergerie) grâce à des parcelles avec des arbres et haies qui font office d’abris naturel
Pâturage des « déchets » des grandes cultures céréalières et des terrains sensibles des bassins versant en remplacement d’un désherbage mécanique ou le plus souvent chimique
Service de pâturage gratuit, y compris la pose, la main d’oeuvre d’entretien et des clôtures. Seul le financement du matériel est à charge, en raison d’un modèle économique axé sur la vente des animaux.
Réseau des CIVAM normands ( bonne compréhension des petits systèmes et assurent un encadrement adapté )
Réseaux d’éleveurs via Facebook, WhatsApp
Le frein principal au développement de cette activité est l’accueil des agriculteurs face à cette idée nouvelle. En ;effet, il est souvent plus rapide et plus simple pour eux d’utiliser un broyeur ou du glyphosate. Pour les convaincre, il faut avoir démontré l’efficacité du service, apporter une solution clé en main mais sans co-construire. Co-expérimenter est difficile, même sur des petites parcelles.
Apporter un maximum d’éléments de preuve concrètes aux éleveurs
Consolider les partenariats avec les réseaux et acteurs qui appuient l’initiative pour écrire et publier des articles
Réaliser des audits sur le suivi de l’herbe, l’analyse de sols, les fourrages et variétés des plantes dans les parcelles
Acquérir le statut d’agriculteur
Construire une page Facebook
Faire des prises de sang pour le suivi des carences sur les brebis car elles n’ont pas de complément à l’auge.
Mise en place de l’initiative en appui avec les écoles, couplé avec un volet pédagogique ?
La volonté !
L’appui technique des Centres d’Initiatives pour Valoriser l’Agriculture et le Milieu rural (CIVAM) et des agriculteurs sur Facebook
Outil de simplification des règlementations sanitaire pour la vente de la viande
Outil de suivi de la santé animale, traitement huiles essentielles, apport oligo-éléments…
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**