Le Groupe Agriculture Intégrée, basé dans le Sud-est de l’Orne sur le Perche, rassemble depuis 2010 un groupe de douze agriculteurs impliqués dans une démarche de changement progressif de leurs systèmes de production agricole vers des modèles plus résilients aux aléas climatiques, autonomes, économes, respectueux de l’environnement et de la santé des utilisateurs et des citoyens
Démarrage : 2010
Lieu de réalisation : Sud-Est Orne, PNR du Perche
Budget : 60000
Origine et spécificités du financement : 60 000€/an, Confédération Paysanne et ADEAR 61
Confédération paysanne et ADEAR 61
Alençon – 6100052 bd du 1er Chasseurs
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Jusqu’alors peu présents dans le secteur des grandes cultures, la Confédération paysanne et l’ADEAR 61 ont souhaité à la fin des années 2000 se pencher sur la réduction de l’utilisation d’intrants agricoles (phytosanitaires et engrais). La réduction des intrants est l’un des principaux objectifs de l’agriculture intégrée, qui peut être atteint par une réflexion sur le choix des cultures, le recours à des méthodes préventives et de lutte biologique. La Confédération Paysanne et l’ADEAR 61 promeuvent une agriculture paysanne dont les valeurs répondent aux demandes de la société, travaillant des productions respectueuses de l’environnement et permettant de rémunérer dignement les agriculteurs: ces trois enjeux recoupent également ceux de l’agriculture intégrée.
Réduire l’utilisation de produits phytosanitaires, en conservant un résultat économique et des revenus équivalents ;
Engager des démarches de changements progressifs des systèmes de production vers des modèles plus résilients aux aléas climatiques, autonomes et économes, respectueux de l’environnement et de la santé des utilisateurs et des citoyens ;
Valoriser des modes de production intermédiaires entre l’agriculture raisonnée et l’agriculture biologique : l’agriculture « intégrée » vise à prévenir l’apparition des maladies, insectes et adventices en rendant les systèmes de culture résistants et en utilisant des ressources et mécanismes de régulation naturels ;
Développer des solutions adaptées à la situation de chaque exploitation, en fonction des critères climatiques, du type de culture et de sols, etc.
– Constitution d’un groupe « culture intégrée » composé d’agriculteurs et de stagiaires : entre 9 et 11 stagiaires depuis 10 ans et un noyau dur de 6 à 7 agriculteurs présents depuis le début ;
– Organisation de conférences sur la culture intégrée peu après la création du groupe ;
– Formations adressées à des agriculteurs adhérents ou non à la Confédération paysanne : 2 journées par an en hiver et 4 demi-journées au printemps qui se déroulent sur les fermes des agriculteurs formés ;
– Co-construction du système cultural de chaque agriculteur en fonction des conditions de son exploitation : organisation de tours de plaines et de temps de réflexion en groupe ;
– Encouragement au développement de techniques d’agriculture intégrée de type : rotation des cultures longues, intercultures, mélange des cultures et variétés, couverts, faux semis, etc.;
– Un consultant indépendant des réseaux CIVAM Centre Val-de-Loire (ex-technicien de la Chambre d’agriculture) accompagne le groupe et mène des essais sur son exploitation : mélanges de variétés en blé et colza, plantes compagnes avec colza, essais couverts avec semences fermières.
Résultats quantitatifs difficiles à évaluer, car absence de moyens humains pour faire des pesées et il n’y a plus de parcelles d’essai ;
Bilans de fin de campagne céréalière 2019: réduction importante de l’utilisation des fongicides dont les volumes ont été divisés par 2, voire par 3. Pas d’insecticides utilisés sauf sur le colza. Plus globalement sur les dernières années, on constate une baisse de l’utilisation des herbicides du fait de la mise en place de rotations plus longues avec des cultures dites de printemps.
Détermination du programme de formation par le groupe d’agriculteurs lui même
Accessibilité des formations (très peu coûteuses : 60€ adhésion/an) ;
Convivialité et entraide entre membres du groupe. La structure est entièrement au service des agriculteurs : des échanges de matériel de semences se sont mis en place.
Confédération paysanne de l’Orne (Agrément VIVEA pour financement) et ADEAR 61.
Manque de temps et de moyens financiers de la structure Confédération paysanne/ADEAR 61 portant le groupe pour organiser des animations et mettre en place des expérimentations sur les fermes.
Financement des premières conférences par la Région Basse Normandie ;
Mise en place de formations, la structure Confédération paysanne 61 ayant obtenu un agrément VIVEA en 2009 qui était la seule solution pour obtenir un financement des intervenants et du temps animateur.
Expérimentations en plein champ chez les exploitants, mais absence de moyens financiers ;
Actuellement, le groupe se penche sur les PNPP (préparations naturelles peu préoccupantes) ainsi que les autres produits dits « de biocontrôle ». Ce sont des pistes qui sont à défricher pour réduire davantage l’utilisation des pesticides de synthèse et les expérimentations doivent être menées à l’échelle des fermes, où les agriculteurs veulent mener le changement. Il y a un réel besoin de connaissance et donc d’expérimentation ;
Suppression totale du recours aux pesticides synthèse par le passage en Agriculture biologique de certaines exploitations.
Importance de la convivialité (repas de fin d’année organisé depuis peu) ;
Noyau dur d’agriculteurs qui se comprennent et motivent de nouveaux agriculteurs à rejoindre le groupe ;
Éviter d’utiliser un langage trop technique au sein du groupe.
PNPP (préparations naturelles peu préoccupantes) ainsi que les autres produits dits « de biocontrôle ».
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**