Observatoire

LES SENS DU GOUT : L’EDUCATION AU GOÛT ET LE PLAISIR COMME OUTIL DE DEVELOPPEMENT DE SOI ET DE LIEN AVEC LES AUTRES

Créée en 1998, à Le Quesnoy (59), l’association, Les sens du goût, place l’éducation au goût des enfants et des publics fragiles au cœur de ses actions. Le plaisir dans l’alimentation est utilisé dans les ateliers comme un outil de découverte de soi, des aliments, des autres et de maintien en bonne santé. L’association intervient auprès de publics scolaires, de centres sociaux ou accompagne des territoires dans leur démarche Alimentation Durable.

Auteurs(s)

Antoine
Demailly
Coordinateur – médiateur pédagogique

Fiche rédigée par Marie Veys, stagiaire PNR Scarpe-Escaut

Programme

Démarrage : 1999

Lieu de réalisation : Le QUesnoy

Origine et spécificités du financement : Subventions et appels à projet

Organisme(s)

Les sens du goût

Le Quesnoy – 59530

7 rue George V

7Salariés

40Bénévoles

80Adhérents

ORIGINE ET CONTEXTE

Dans le cadre de ses fonctions à l’écomusée de l’Avesnois à la fin des années 90, Danielle Pautrel met en place des actions de valorisation du patrimoine alimentaire vivant auprès des enfants, des populations, restaurants et producteurs à l’occasion de la semaine du goût. Elle a souhaité pérenniser cette démarche, porteuse de sens pour le territoire, en fondant Les Sens du goût. Au même moment, naissait le Parc naturel régional (PNR) de l’Avesnois, où le patrimoine local et l’agriculture constituaient un élément fort. Une structure nationale permettait aussi alors, de se former à l’éducation au goût et de transmettre en donnant 10 classes de goût. L’association s’est alors créée en 1998 pour dispenser ces classes sur le territoire en partenariat avec le PNR de l’Avesnois.

Objectifs

– Montrer que le plaisir (de manger) est un outil pour être en bonne santé
– Accompagner la personne, le mangeur, les territoires, sur la question du bien-être alimentaire
– Apporter une approche transversale de l’alimentation aux projets/acteurs
– Former pour transmettre les compétences
– S’adapter à tous les publics (principalement : public fragile et précaire (insertion, personnes âgées), enfants/parentalité)

ACTIONS MISES EN OEUVRE

– Les classes du goût : Le programme régulier de l’association. 10 ateliers d’éducation au goût mis en place sur un trimestre auprès de classes en fin de primaire : utiliser le plaisir alimentaire comme un facteur de mouvement de la personne, de découverte du patrimoine, qui permet d’être plus à l’écoute de soi et de son corps et de trouver sa place dans un groupe.
⇨ C’est cette approche qui est utilisée dans toutes les actions/programmes menés par l’association
– Projet Petites papilles et grands goûteurs : Prévention contre l’obésité et le surpoids auprès de classes de CP de l’Agence Régionale de Santé (ARD) : Programme d’animation avec une marionnette de 15 ateliers co-animés avec les parents et les professeurs (formés pour cela par l’association) autour des 5 sens : ateliers sensoriels, dégustation, apprentissage d’un vocabulaire pour décrire les ressentis
– Projet Bouillon de Culture : dans une démarche de réinsertion sociale, 20 structures participent depuis 3 ans à des animations d’alimentation durable (AD) (Projet Patrimoine – mettre en valeur la part que chacun possède du patrimoine culinaire, Fiches et vidéos sur l’alimentation durable, glanage anti-gaspi, animation d’un groupe de bénéficiaires du RSA « A la bonne étoile » dont le projet est d’ouvrir un restaurant solidaire et qui organise des repas pour apprendre)
– L’association est également partenaire associé de la création de la cuisine commune de Fives, à Lille Fives

Résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs

– Création d’emplois : l’association est passée de 3 à 7 salariés
– Constitution de communautés éducatives (professeurs + parents + infirmière) qui poursuivent les projets dans la durée
– 50 classes de CP par an, 470 parents (dont 75 papas) et 40 professeurs/infirmières formés, 97,5% des parents se sentent davantage inclus dans la vie scolaire de leur enfant, la relation à l’alimentation avec l’enfant s’est améliorée pour 40%
– Cuisiner ensemble pour un repas est concret, cela redonne confiance et aide à trouver sa place dans un groupe
– L’éducation au goût dans cette démarche est un outil pour se développer personnellement, le vocabulaire du goût permet d’accroître sa palette de mots, pour apprendre à faire/recevoir des retours constructifs par exemple
– Les personnes (enfants et adultes) sont à chaque fois 100% acteurs de l’atelier ou du programme

Originalité

– L’objectif de chaque programme est de faire redécouvrir la place du plaisir dans son alimentation et qu’il est un outil de découverte de soi, des aliments, des autres. C’est un outil non-normatif (la mauvaise réponse n’existe pas) : cette approche non-jugeante crée de belles dynamiques et de l’écoute au sein des groupes
– Approche sensorielle pour travailler sur la santé sans la nommer
– Mélange des publics et participation des parents
– Structure mobile (matériel et véhicules) qui se déplace vers les groupes pour animer des ateliers partout dans la région

Partenariat(s)

Financiers : ARS, Département Nord, DRAAF Hauts-de-France (PNA), La région (Aide à la création de poste, services civiques)
Autres : Rectorat de Lille : une chargée de mission nutrition au sein du service infirmier aide l’association pour l’organisation des ateliers ARS, Douaisis Agglo, Agglo Lens-Liévin, les villes de Lille, Douchy les Mines, Lesquin, le PNR de l’Avesnois, le PNR Scarpe-Escaut, écoles, collèges, lycées.

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés pendant la mise en œuvre :

– Dans les appels à projets, il est de plus en plus demandé de travailler uniquement avec un public spécifique. Cela peut être un frein, ne s’adresser qu’à des publics sociaux stigmatise les personnes
– Peu d’hommes sont présents dans les différentes interventions
– L’impact est difficile à mesurer car une démarche éducative sème des graines et cela demande du temps
– La pérennité est à retravailler chaque année en répondant à des appels à projets

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

⮚ Mobilité : l’association peut se déplacer partout sur le territoire, et ainsi, ne dépend pas du territoire local où elle se trouve
⮚ Approche transversale de l’alimentation : multiplicité des acteurs et des clés d’entrées, apporter de la complémentarité
⮚ Veille continuelle pour proposer des outils toujours nouveaux

Améliorations futures possibles :

⮚ L’équipe grandit – et un manque d’horizontalité dans l’équipe se fait sentir. L’association est accompagnée pour ça
⮚ Développement d’une offre de services qui permet de mieux se positionner vis-à-vis des territoires
⮚ Mesurer l’impact social de l’association (aiderait à pérenniser)

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou un essaimage :

⮚ Créer du lien, mettre en relation : l’alimentation est un sujet transversal sur un territoire donc on ne peut pas travailler seul dessus, il est nécessaire de créer des espaces de coopération
⮚ Mobilité pour ne pas être dépendant d’une politique locale et/ou d’un élu
⮚ Approche non-jugeante et non normative du discours autour de l’alimentation

Idées de sujet(s) de recherche fondamentale ou appliquée, utile(s) pour le présent programme :

⮚ Comment mesurer l’impact social de l’association ?

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Comité de lecture
Date de lecture de la fiche
2019-09-19
Localisation
France
nord
Domaine
Education et formationSanté, Bien-êtreParticipation, gouvernanceAlimentation
Type de structure
Association, collectif, ONG
Envergure du programme
Locale
Bénéficiaires
Universel
Type d’action
Services d’accompagnement ou d’appui (Autre)
Type d’objectif
Amélioration de la santé par une alimentation saineAide et insertion (personnes handicapées/chômeurs…)Création et renforcement du lien socialDécarbonation, performance énergétiqueCommunication auprès des enfantsCréation indirecte d’emploisSynergie entre les acteurs du territoire
Localisation
Licence

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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**