Partant du constat que la consommation de miel est sous-estimée, le Rucher de Cala Melosa est depuis 1993 une ferme pédagogique dont l’objectif est de partager et transmettre savoirs et savoir-faire autour de l’apiculture traditionnelle. Y est accueilli un public de tout âge, mais des enfants surtout, autour de plusieurs modules pédagogiques de sensibilisation environnementale. Des stages y sont aussi organisés pour transmettre des techniques traditionnelles. L’association l’Apier ou le mur a des oreilles est venue compléter le projet et organise tout un ensemble de manifestions culturelles autour de l’abeille mais aussi de la pierre. En effet, en plus de cela, le Rucher est situé sur un site historique : des chantiers de restauration archélogique sont organisés pour mettre en valeur ce patrimoine.
Démarrage : 1993
Lieu de réalisation : Fontvieille
Budget : 3500
Origine et spécificités du financement : Conseil départemental 3500 euros (dont 1000 pour les ruchers écoles) ; auto-financement
Après avoir suivi un cursus agricole, dans un contexte de développement de l’apiculture intensive, Sophie BERTON s’est approchée de l’apiculture traditionnelle grâce à une personne dotée d’un savoir-faire ancestral en Touraine. Elle y a découvert des pratiques peu courantes et d’une grande diversité telles que les ruches en paille, la biodynamie et la radiesthesie.
En 1988, elle s’installe sur le vallon de la Lecque dans le Parc Naturel Regional des Alpilles, en tant qu’agricultrice avec à l’origine un élevage caprin et des rûches.
Partant du constat qu’un très grand nombre de personnes ne mangeaient pas de miel et n’étaient absolument pas conscients de l’importance des abeilles (biodiversité, productivité agricole, miel industriel trafiqué,surchauffé), la ferme pédagogique de la Cala Melosa est née en 93/94. Puis en 1998, l’association « L’apier ou le mur a des oreilles » a été créée afin notamment d’organiser des manifestations culturelles et mener encore plus d’actions liées à l’éducation environnementale et à la préservation des patrimoines (le Rucher est situé sur un site historique, le Prieuré de St Peyre d’Entremonts).
-Partager sa passion pour les abeilles avec le plus grand nombre.
-Accueillir du public sur la ferme et réaliser des animations pédagogiques sur l’environnement.
-Diversifier l’exploitation par le volet pédagogique et montrer qu’il y a des agriculteurs aux pratiques responsables.
-Former les jeunes et susciter de nouvelles vocations.
-Favoriser la transmission visuelle intergénérationnelle.
-Préserver le patrimoine naturel et le patrimoine bâti.
-Contribuer à la préservation de l’Abeille Noire en danger de disparition.
-Créer des ruchers écoles citoyens
-Création d’un apier (mur à abeille) en pierres sèches.
-Création d’un jeu de l’oie grandeur nature sur le rôle de l’abeille dans l’environnement.
-Accueil d’enfants du département (Arles, Marseille, Istres, etc.).
-Accueil de stagiaires pour l’initiation à l’apiculture (5 sessions de formations) comprenant la transmission des techniques de ruches en pailles.
-Organisations de plusieurs manifestions par an sur le site : fête de la pierre et du patrimoine, fête du blé, fête du printemps et fête de l’automne, journées dédiées à l’abeille, journées professionnelles de la pierre, Carnaval médiéval où musiques traditionnelles et ruralité sont à l’honneur.
-Presque toutes les activités de l’association comprennent l’organisation de repas collectifs où tout le monde cuisine ensemble des produits locaux et de saison. Elle propose la visite de la miellerie avec dégustation ainsi que des animations environnementales, en lien avec les graines, les oiseaux, la flore, les abeilles, et leur rôle dans notre alimentation.
-Depuis 2004 : Le Rucher de la Cala Melosa acceuille un Chantier du patrimoine : chantier archéologique conduit par l’association l’Apier ou le mur a des oreilles et des bénévoles sur le site du « Prieuré de St Pierre d’Entremont ». Le Prieuré est situé sur le terrain de Cala Melosa et a permis l’organisation de stages de restauration comprenant des ateliers de taille de pierre, de mur en pierres sèches, de dégagement du mur du rempart, etc.
Les chantiers durent 3 semaines, et l’association l’Apier ou le mur a des oreilles a été récompensée pour ses actions en faveur du prieuré Saint Pierre d’Entremont lors du 22ème Concours pour la Sauvegarde du Patrimoine organisé par la Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France et a reçu le prix (5000 euros) du patrimoine religieux des villages de France pour les communes de moins de 4200 habitants.
-Participation au festival Champs Libre, Festival régional Agriculture et Ruralité au Féminin, à l’occasion de la journée des femmes rurales le 15 octobre.
-Contribution à la création du « projet Sillons » porté par le CIVAM (qui s’est inspiré du Réseau RACINE dans le Gard et dans l’Hérault) sur le principe de réseau de fermes pédagogiques.
-Participation pour le réseau CIVAM aux assises de l’environnement à Lyon « Santé et Alimentation » en 2013.
-Projet important de Conservatoire de l’Abeille Noire en partenariat avec un apiculteur dans l’Hérault.
-Créations de ruchers écoles (projet LEADER en cours).
-L’association l’Apier ou le mur à des oreilles compte entre 35 et 40 adhérents chaque année.
-La ferme pédagogique a accueilli des enfants du 13ème arrondissement de Marseille en immersion tous les premiers mercredi de mois pour le jeu de l’oie dans le cadre de « projets pédagogiques environnementaux » organisés par le proviseur en dehors des cours. Cela a représenté une soixantaine d’enfants, issu de milieux hyper-urbanisés, venant sur le site du rucher de Cala Melosa.
-Des accueils d’enfants sont également régulièrement réalisés en partenariats avec Mom’Arles.
-L’ouverture de 5 ruchers écoles est prévue en 2016/2017.
-60 à 70 personnes sont présentes pour chaque manifestation avec une moyenne de 50à 60% de nouvelles personnes à chaque fois
L’originalité repose dans la liaison faite entre apiculture, environnement et patrimoine. Les activités et les sensibilisations mènent le public à mieux apprécier :
-Le lien possible entre les pratiques ancestrales et les enjeux environnementaux d’aujourd’hui (tailleur de pierre et eco-construction, etc.)
-La nécessite de lier les compétences scientifiques à celles du terrain, notamment entre archéologues et paysans.
-La prise de conscience sur les rapports qu’entretenaient les sociétés médiévales avec la nature où de nombreux concepts et pratiques a priori modernes semblaient déjà présents (permaculture, agroforesterie, importance des femmes paysannes et artisanes, place des épices, etc.).
Mom’Arles, La Main impetueuse, le Conseil Départemental du 13.
(1) Les stages financés sont de trop courte durée (de l’ordre de quelques jours). Transmettre son savoir demande du temps.
(*) Manque de soutien de la part de certaines collectivités (en ce qui concerne les financements des actions et un appui en matière de communication).
(*) Le terrain est à l’intersection de plusieurs communes dont les politiques menées en matière d’aménagement du territoire diffèrent.
(1) Nécessité de favoriser les mesures qui font qu’un agriculteur, de par son expérience, puisse être considéré comme « une personne ressources » compétente pour pouvoir accueillir des jeunes en « formation pratique » sans que ces jeunes perdent leur indemnisation pour une période donnée. Un centre de formation a été contacté sans réponse pour le moment.
-Diffusion du jeu de l’oie au travers de l’édition d’un livre avec un graphiste
-Création d’une association indépendante pour les questions liées aux pierres sèches et à la taille de pierres.
-La passion et les compétences pédagogiques
-Chance d’avoir pu approcher à la fois l’apiculture intensive et l’apiculture traditionnelle
-Importance de l’observation et de la créativité
-Utiliser les ressources locales
– « Les enfants sont des porteurs formidables »
-Plus de recherches sur ce qu’était un potager médiéval
-Impact de l’intensité lumineuse sur l’environnement végétal et animal
Ildegarde de Birgen
Rudolf Steinder
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**