
L’association des 1001 légumes à travers son exploitation et le potager conservatoire de Beaumesnil mène des actions locales pour sensibiliser à divers enjeux en rapport avec l’environnement, la biodiversité et l’alimentation.
Démarrage : Création de l’association en 2006 et ouverture au public en juin 2008.
Lieu de réalisation : Commune de Beaumesnil (Mesnil-en-Ouche : fusion de 15 communes)
Budget : 180000
Origine et spécificités du financement : Ressources hybrides (subventions et autofinancement)
Association 1001 légumes
Mesnil en Ouche – 271907 rue des Forges
•
•
Frédéric Lamblin fonde l’association des 1001 légumes en 2006 dans la commune de Beaumesnil (devenu par la suite Mesnil-en-Ouche). Dans un espace rural peu dynamique, où la plupart des agriculteurs sont en conventionnel et où nombres de variétés anciennes de Normandie ont disparues, l’idée est d’utiliser le support des légumes et du jardinage pour revitaliser le territoire, et sensibiliser à une alimentation et à une agriculture durable et respectueuse de l’environnement et de la biodiversité.
– L’objectif est de sensibiliser à un mode de consommation et de gestion plus durable de la biodiversité et de nos ressources agricoles.
– Il n’y a pas un public spécifique visé par l’association mais différents publics en fonctions des activités et actions proposées. Elle peut s’adresser aussi bien à la population locale lors des ateliers de cuisine qu’à un public spécifique comme les collégiens ou les agriculteurs pendant des ateliers de sensibilisations orientés et une population plus urbaine en visite dans la région lors des festivals.
– Événements autour du potager conservatoire: visite guidée; “les papotages au potager” qui est un échange de plants entre jardiniers de la région ; Festival annuel du potager de Beaumesnil avec un public très large (ex : Festival “Ortifolie” sur la thématique des orties) ; animations ponctuelles sur l’environnement
– Programmes thématiques : comme le programme de réhabilitation des fleurs messicoles (interventions auprès du grand public et des agriculteurs)
– Ateliers de cuisine : apprendre à cuisiner local et de saison. Du fait de l’horaire en journée, les ateliers de cuisine sont davantage destinés à des personnes sans emplois.
– Récolte du panier (AMAP) et sensibilisation importante sur le travail d’un maraîcher au quotidien et ce que représente ce travail en terme de prix.
– Programme d’animation contre le gaspillage alimentaire dans les collèges auprès des cuisines et des collégiens (partenariat pour le département de l’Eure) : description du gaspillage à l’échelle de l’école et de ce que ça représente à l’échelle mondiale, modification d’habitude pour les cuisiniers
– Un dynamisme apporté dans la commune de Beaumesnil et de ses environs autour des activités du Potager de Beaumesnil. Les élus locaux, un peu sceptiques initialement sur le projet, sont aujourd’hui pleinement convaincus de l’utilité de l’association.
– Des bénévoles nombreux, fidélisés et actifs dans l’association (équivalent d’un travail temps plein à l’année)
– Une sensibilisation réussie auprès des agriculteurs. Aujourd’hui, il y a une dizaine d’agriculteurs en biologique dans le canton alors que quand le Potager de Beaumesnil s’est installé, il n’y en avait aucun. Même si la corrélation n’est pas directe, un changement de mentalité s’opèrent auprès des agriculteurs de la région qui commencent à prendre au sérieux la capacité de l’agriculture biologique à produire notamment par le travail de l’exploitation du Potager de Beaumesnil.
– Un public local mais qui s’élargit aussi lors des festivals et des interventions des membres de l’association.
– Intégration dans des réseaux régionaux et nationaux de l’association comme le réseau « Connaitre et protéger la nature »
– Une capacité à adapter le discours en fonction du public et de sa sensibilité afin de toucher un public diversifié. Le programme sur la sensibilisation des fleurs messicoles en est un exemple: le discours auprès des agriculteurs concernant cet enjeu a été principalement de parler de “patrimoine de la région” et de “l’aspect esthétique des paysages normands” plutôt que de condamner les pratiques des agriculteurs et leurs effets sur la biodiversité.
– Une connaissance fine du territoire (environnement, biodiversité) et des gens qui le peuplent. L’association, dès le départ, a considéré que pour avoir un projet réussi, il était nécessaire d’intégrer les habitants du coin dans les actions mais aussi dans les instances décisives tels que le conseil d’administration.
– Discours revendiqué de s’intégrer dans une “économie sociale”. L’idée est à la fois d’avoir une efficacité économique par l’exploitation tout en ayant un impact sociétal via l’association. En effet, l’association fait un point d’honneur à s’autofinancer via l’exploitation maraîchère.
Groupement régional des agriculteurs biologiques; ADRESS; union des CPIE (Centres permanents d’initiatives pour l’environnement); Commune de Mesnil-en-Ouche, Communauté de communes du canton de Beaumesnil; département de l’Eure; Agence régionale de santé; Chambre d’agriculture.
– Le principal problème a été de ne pas rentrer dans un statut défini : à la fois une association et une exploitation agricole.
– Le dilemme de l’association en ce moment est de savoir s’il faut s’agrandir ou si l’association a atteint un équilibre. Effectivement, le choix de s’agrandir entend de plus se professionnaliser et par conséquent de diminuer le volontariat.
– Lors de la création, l’association a rencontré des réticences ponctuelles de la part des élus locaux, notamment de certains d’entres eux qui, en tant qu’agriculteurs conventionnels, ne voyait initialement pas l’intérêt d’une sensibilisation à une nouvelle forme d’agriculture et d’alimentation.
– L’hybridation des ressources et une indépendance vis-à-vis des financements publics. Il y a 10 ans, 75% du financement provenaient de subventions et seulement 25 % de l’autofinancement et aujourd’hui c’est l’inverse, l’association s’autofinance à hauteur de 75% grâce aux entrées du potager conservatoire, aux paniers et à l’éco-gîte. Cela apporte une indépendance à l’association. L’idée est d’arriver à un autofinancement total.
– La communication numérique surtout le site internet mérite d’être développé
– L’association agit localement en intégrant beaucoup de bénévoles. Ce fonctionnement, essentiel
localement, risque à certains moments de faire perdre en crédibilité l’association en renvoyant une image peu professionnelle lors des interventions. Professionnaliser la structure pourrait permettre de renforcer une crédibilité et une image dans la transmission et la communication de valeurs au niveau des acteurs institutionnels mais risquerait d’être moins attractive pour des bénévoles.
– Importance de trouver un espace propice pour développer ses actions. Le potager de Beaumesnil est installé à proximité du château de Beaumesnil. De fait, l’emplacement attire la curiosité des visiteurs et en fait un lieu fort de symbolique pour les habitants.
– Importance de s’intégrer auprès de la population et d’adapter son discours. La clé semble d’être en consultation permanente avec les gens sur le territoire (aussi bien les habitants que les collectivités locales) et de les intégrer aux actions menées.
– Un personnel qualifié attaché à la transmission. Deux maraîchers, un Jardinier, une animatrice spécialisée environnement et un président qui mène surtout les actions de sensibilisations hors du domaine.
– Recherche en géographie : qu’est ce qui fait qu’un lieu est central et attire la curiosité, l’envie de s’y impliquer
– Des recherches seraient intéressantes à être menées sur la sociologie des agriculteurs et plus largement des populations rurales, leur sensibilité à certains discours.
Partager sur
Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0
Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**