Observatoire

E-graine: des méthodes pédagogiques innovantes pour la sensibilisation du grand public à des modes de consommation alimentaire durables & responsables

Le mouvement associatif e-graine, dont l’action vise à sensibiliser le grand public aux divers enjeux socio-économiques et environnementaux actuels, propose depuis 2014, des ateliers autour de la consommation alimentaire responsable– dans divers lieux publics – supermarchés, marchés, écoles – principalement dans le département de l’Essonne. A travers ses interventions, e-graine s’attache à promouvoir des changements tangibles dans les comportements individuels grâce à des méthodes pédagogiques innovantes, ludiques, adaptées à un très large public.

Auteurs(s)

Jean-Baptiste
Plassiard

Fiche rédigée par Marion Vonfeld

Programme

Démarrage : 2014

Lieu de réalisation : Essonne (91)

Budget : 5000

Origine et spécificités du financement : 5000 euros en 2016 pour les 15 actions menées dans les établissements scolaires : SIOM le seul financeur

Organisme(s)

E-graine

Paris – 75019

204, rue de Crimée

22Salariés

160Bénévoles

240Adhérents

Site internet

Média sociaux

ORIGINE ET CONTEXTE

Fondé en 2006, le mouvement associatif e-graine sensibilise le grand public aux divers enjeux socio-économiques et environnementaux actuels à travers des projets éducatifs. Les initiatives promues s’ancrent dans la conviction que l’éducation est la clé pour la construction d’un monde plus solidaire et responsable. En outre, à travers des ateliers, e-graine travaille depuis 2014 sur la sensibilisation des publics à une alimentation durable et raisonnée, et en particulier sur le gaspillage alimentaire, s’appuyant principalement sur l’échange et sur la réflexion collective.

Objectifs

– Promouvoir des modes de vie, et notamment des modes de consommation alimentaire, durables et responsables.
– Limiter le gaspillage alimentaire.
– Sensibiliser le grand public – et notamment les jeunes et les consommateurs – à travers des ateliers ludiques et une réflexion collective pour changer les comportements individuels.
– Renforcer le lien social.

ACTIONS MISES EN OEUVRE

A partir de 2014 :
– Ateliers ludiques menés dans les supermarchés et marchés pour sensibiliser les consommateurs à la lutte contre le gaspillage alimentaire : organisation de mini-jeux en groupe, au cours desquels les consommateurs sont amenés par exemple à retracer le cycle de vie du steak haché, ou encore à écrire des recettes composées exclusivement de restes.
– Coaching des consommateurs pour les aider dans leurs choix au marché et au supermarché.
– Tenue d’un stand dans les marchés et supermarchés pour offrir aux consommateurs un espace de réflexion collective. Les consommateurs sont alors amenés à discuter ensemble de leurs choix de consommation et à trouver des solutions pour adopter des comportements plus responsables.
A partir de 2016 :
– Interventions ponctuelles dans les écoles, collèges et lycées, et suivies dans les groupes périscolaires, pour sensibiliser les jeunes – futurs consommateurs – à la lutte contre le gaspillage alimentaire, et plus généralement à l’alimentation durable et responsable, à travers des ateliers ludiques et une réflexion collective pour trouver des solutions visant à la modification des comportements individuels.

Résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs

– L’impact des actions menées dans les marchés et supermarchés est difficilement quantifiable car les bénéficiaires n’ont pas été suivis. Néanmoins, le SIOM, qui a financé ces interventions pendant 3 ans, s’est montré convaincu de l’impact positif de la campagne de sensibilisation sur les comportements des consommateurs. Les consommateurs, quant à eux, ont paru en général enthousiastes et investis lors de leur participation aux ateliers. Enfin, la campagne a également eu un effet positif sur les employés des grandes surfaces, qui ont déclaré au terme de l’intervention qu’ils seraient désormais plus vigilants quant au gaspillage alimentaire dans les rayons.
– Par ailleurs, en 2016, 32 ateliers ont pu être proposés dans les écoles, collèges, lycées. 780 jeunes âgés de 6 à 16 ans ont ainsi pu être sensibilisés. Parmi eux, nombreux sont ceux qui ont déclaré souhaiter discuter avec leurs parents et leurs proches des enjeux abordés au cours des ateliers, afin de revoir éventuellement les modes de consommation de la famille. Les équipes pédagogiques se sont également montrées satisfaites des ateliers ; certaines ont affiché une volonté de poursuivre cette démarche de sensibilisation au sein de l’établissement, en inscrivant par exemple celui-ci dans la démarche « éco-écoles ».

Originalité

– Une sensibilisation ludique adaptée à un large public, mêlant différents types de supports pédagogiques (mise en situation, réflexion collective, outils numériques).
– Des méthodes pédagogiques qui s’appuient sur l’échange et l’interaction : les ateliers donnent lieu à une réflexion collective où chacun est amené à repenser sa propre manière de consommer et à trouver des solutions individuelles et qui vise à former des acteurs conscients de leur impact individuel sur l’environnement, et à changer ainsi les comportements de manière durable..

Partenariat(s)

Un partenariat a été développé à partir de 2014 avec le SIOM de la Vallée de Chevreuse. Ce partenariat a permis de financer les actions menées par e-graine dans des supermarchés, marchés et établissements scolaires du département pour la promotion d’une alimentation durable et raisonnée, et en particulier pour la lutte contre le gaspillage alimentaire.
Par ailleurs, même s’ils ne financent pas les actions, les supermarchés et les établissements scolaires, où e-graine est intervenu, ont coopéré sur le plan opérationnel avec les équipes du mouvement associatif. C’est aussi le cas des mairies, qui ont affiché leur soutien à e-graine lorsque le mouvement est intervenu en milieu périscolaire.

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés pendant la mise en œuvre :

– Le manque de ressources financières : on ne peut faire payer ni les bénéficiaires, ni les supermarchés, ni les établissements scolaires ; e-graine tente donc d’établir des partenariats avec des organismes et des institutions soucieux de limiter le gaspillage alimentaire comme le SIOM, mais ceux-ci demeurent peu nombreux.
– L’indisponibilité des consommateurs dans les lieux passants que sont les marchés et supermarchés : si les consommateurs se sont généralement montrés réceptifs et enthousiastes lors des ateliers proposés dans les marchés et supermarchés, beaucoup se sont aussi avérés indisponibles.
– Difficulté des établissements scolaires à mettre en application les alternatives qui ont émergé des ateliers proposés par e-graine, due à la rigidité des normes et contraintes administratives qui leur sont imposées. Par exemple, à la suite de l’intervention des équipes d’e-graine, certaines écoles ont annoncé leur volonté de changer leur système de restauration scolaire, mais une telle réforme sera sans doute lente et difficile à mener, du fait des contraintes et normes administratives et juridiques.

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

– E-graine continue de chercher les partenariats afin de pouvoir étendre son action à d’autres départements.
– Face à l’indisponibilité des consommateurs dans les marchés et supermarchés, mais aussi pour varier le profil des bénéficiaires, e-graine a cessé ses activités dans les grandes surfaces à partir de 2016, et s’est tourné vers les établissements scolaires et périscolaires. Les méthodes pédagogiques développées par le mouvement y sont en général bien accueillies par les équipes pédagogiques. Par ailleurs, les bénéficiaires, composés de jeunes futurs consommateurs issus de tout milieu socio-économique, constituent un public clé souvent très réceptif aux ateliers de sensibilisation proposés.

Améliorations futures possibles :

– Développer de nouveaux partenariats pour étendre les ateliers à d’autres départements.
– Améliorer l’universalité des ateliers : étendre les ateliers à un public plus large encore, en perfectionnant les méthodes pédagogiques afin de les rendre accessibles à une tranche d’âge plus importante, et en proposant les activités dans d’autres types de lieux publics.
– Développer des méthodes et supports pédagogiques s’appuyant davantage sur les outils numériques – comme des fiches techniques numériques, des jeux interactifs, des documentaires et des bandes dessinées numériques – afin de rendre ceux-ci accessibles aux acteurs de la socialisation (enseignants, parents). Étendre l’accessibilité des méthodes et supports utilisés par e-graine permettrait en effet d’étendre la portée des messages et enseignements promus par le groupe associatif.
– Accroître la coopération avec les acteurs publics, afin d’obtenir leur soutien pour un changement tangible des modes de consommation.

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou un essaimage :

– Des méthodes et supports pédagogiques innovants et ludiques, adaptés à un très large public.
– Des méthodes pédagogiques qui s’appuient essentiellement sur l’échange et l’interaction : les bénéficiaires sont sensibilisés à des modes de consommation durables et responsables à travers la réflexion collective, qui est encadrée – et non dictée – par les membres de e-graine.
– Un cadre bienveillant, où les personnes ne sont pas jugées pour leurs comportements.
– Une coopération importante entre e-graine et les acteurs de la socialisation – notamment les professeurs.

Idées de sujet(s) de recherche fondamentale ou appliquée, utile(s) pour le présent programme :

Face à des études qui se contredisent – notamment sur la consommation de produits issus de l’agriculture biologique – de nombreux acteurs doutent de l’impact de leur choix de consommation individuels sur l’environnement. Pour une sensibilisation plus efficace des différents publics, il serait donc efficace de poursuivre les recherches portant sur l’impact environnemental, social et économique des modes de consommation, sur l’agriculture biologique, et plus généralement sur l’économie circulaire et locale comme éventuelle alternative au système économique actuel.

Pour en savoir plus

www.crous-montpellier.fr/restauration/une-demarche-alimentation-durble/
https://www.youtube.com/watch?v=bulbeJg5XZ0

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Comité de lecture
Date de lecture de la fiche
2017-02-15
Localisation
France
essonne
Appréciation(s) du comité
A généraliser !
Domaine
Education et formationEnvironnementAlimentation
Type de structure
Association, collectif, ONG
Envergure du programme
Locale
Bénéficiaires
AdolescentsElèves, étudiantsUniversel
Type d’action
Pédagogie / sensibilisation
Type d’objectif
Amélioration de la santé par une alimentation saineDécarbonation, performance énergétiqueCommunication auprès des enfantsSensibilisation des consommateurs
Localisation
Licence

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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**