« Moi moche et bon » est une entreprise créée en 2015 et composée de quatre jeunes alsaciens qui ont souhaité renforcer l’économie locale et réduire le gaspillage alimentaire. Les agriculteurs ont d’habitude environ 30% de leurs productions qui ne s’intègrent pas dans les calibres de la grande distribution. Cette start-up sert d’intermédiaire entre les producteurs et la société de transformation qui fabrique le jus qui est ensuite vendu dans plusieurs points de vente à Strasbourg et ses environs.
Démarrage : 2015
Lieu de réalisation : Strasbourg
Origine et spécificités du financement : Participation aux concours, crowdfunding et investissements personnels
Étudiants en entrepreneuriat, au sein d’une école de management, Thomas, Cagri et Séverin devaient monter un projet dans le cadre d’un cours. Ils se sont inspirés d’initiatives des pays nordiques où les circuits de valorisation des déchets alimentaires sont beaucoup plus développés qu’en France. La grande distribution, étant très stricte sur l’esthétique et le visuel, n’achète pas environ 30% de productions des agriculteurs. Les produits ne correspondant pas au calibrage imposé, sont alors jetés. De plus, ce système est aujourd’hui si ancré dans les consciences du producteur et du distributeur que très peu d’acteurs d’agroalimentaire sont sensibilisés aux enjeux du gaspillage. Les trois jeunes fondateurs décident donc d’utiliser les fruits hors calibrage, pour les transformer en jus, dans un atelier de pressage alsacien. D’ailleurs, le jus a un goût très appréciable car les pommes utilisées sont celles qui sont destinées à être mangées, et non pas des pommes à jus.
– Revaloriser l’économie locale : travailler avec les producteurs et les transformateurs locaux, valoriser les produits de terroir alsaciens de qualité;
– Limiter le gaspillage alimentaire, pour l’instant les pommes et les clémentines hors calibre ont été transformées en jus;
– Maintenir un concept cohérent pour le consommateur (transparence du produit), pour le producteur (qui propose le prix et en est gagnant, car il ne jette pas ce qu’il a produit) et pour l’artisan qui transforme. C’est donc un écosystème, où chaque acteur a sa place, et l’un sans l’autre ne pourrait pas fonctionner.
– Conception du projet dans le cadre universitaire et conception de l’équipe
– Participation au salon de l’habitat à Strasbourg. La participation dans cet événement était totalement inattendue, car le projet n’était qu’en phase de création.
– Prospect pour savoir les endroits qui pourraient devenir les potentiels points de vente
– Conception de l’étiquette en septembre 2015
– Commercialisation au sein des commerces de proximité « Carrefour City » et « U express » à Strasbourg.
– Les jus vendus en janvier 2016 dans une grande surface de la marque « Super U »
– 2500 bouteilles vendues par mois pour l’instant
– Contact avec un producteur corse qui souhaiterait vendre ses clémentines, pamplemousses et oranges hors calibre pour en produire du jus
– Transformation des clémentines corses en jus, mais peu de quantité donc les jus n’ont pas été mis en vente. C’est donc une piste pour la prochaine saison.
– Campagne de crowdfunding sur Ulule en novembre 2015
– Changement dans l’équipe, en décembre 2015 Cagri, un des fondateurs, quitte l’aventure et Jérémy les rejoint. En avril 2016, ils accueillent un stagiaire en communication, Baptiste.
– Rapprochement d’un grand distributeur qui se propose de vendre le jus « Moi moche et bon » dans un tiers de ses points de vente ce qui représente environ 5000 et cela en dehors d’Alsace.
– Pour le salon de l’habitat à Strasbourg, l’équipe de « Moi moche et bon » a mis une semaine pour trouver le producteur et un budget qui leur ont permis de vendre 500 litres de jus en deux jours. Le retour des clients était également favorable et l’intérêt autour des produits locaux et autour de l’anti-gaspillage était présent.
– Environ 2000 litres ont été vendus dans six magasins de « Carrefour City » et « U express ».
– L’impact souhaité est réalisé : l’intérêt pour l’anti-gaspillage et les produits locaux s’éveille chez les consommateurs et dans la presse et les médias
– Cet impact a résulté d’un rapprochement de la grande distribution qui recherche à s’approprier cette image qui véhicule des valeurs locales et anti-gaspillage.
– Campagne de crowdfunding : 12000€ fixés au début, 13000€ ont été récoltés. Cette somme servira à produire des quantités plus importantes et un développement plus rapide.
– « Moi moche et bon » propose un produit transparent et sincère dans la grande distribution où les consommateurs font souvent face à des produits peu transparents
– L’équipe est assez jeune ce qui suscite l’envie auprès des entreprises et les consommateurs de les aider dans le développement de leur initiative.
Partenariat avec des producteurs et transformateurs locaux : André Saulinnel comme producteur puis chez Junature (société en Dossenhain) pour la transformation.
– L’équipe a choisi de ne jamais procéder à une levée de fonds formelle. De ce fait, il n’y a pas assez de moyens pour acheter et produire des grandes quantités et donc peu de possibilité pour se développer rapidement.
– Garder l’intérêt du public et des distributeurs pour ce projet, donc éviter d’être « un effet de mode » qui pourrait être oublié très prochainement. Travailler pour devenir durable dans le temps, mais pour cela il faut développer des compétences en marketing.
– « Moi moche et bon » a été lauréat aux concours : Senia, un incubateur d’étudiants alsaciens innovants ; Sociétés coopératives comme StartCop, le Groupe d’assurance Agrica pour les agriculteurs;
– Lancement d’une campagne de crowdfunding.
– Chercher un moyen d’obtenir les aides de la Région ou des programmes de l’UE
– Réussir à développer l’entreprise de telle manière que l’équipe puisse se rémunérer grâce à cette activité
« Moi moche et bon » est une petite start-up qui en étant incubée par les grands distributeurs leur permet d’avoir une bonne image auprès des consommateurs qui recherchent les valeurs de partage, le retour au local et à l’ancien et contre le système industriel globalisé. Moi moche et bon illustre parfaitement ce que le consommateur souhaiterait retrouver dans les produits qu’il achète.
Réaliser une étude sur les motivations des consommateurs pour acheter ce jus. Qu’est-ce qui les pousse à consommer ce jus là et non pas un autre. Il faut connaitre l’identité de la cible pour laquelle le jus est produit.
severinmeuillet@hotmail.fr
https://www.youtube.com/watch?v=01VbJwtGY3A
https://www.youtube.com/watch?v=61Bs-NEwg4Y
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**