
L’association S.E.V.E : Système d’Échanges pour Vitaliser l’Économie a mis en place en 2012 une monnaie complémentaire locale dans trois départements de la région PACA appelée « La Roue ». Celle-ci est destinée à maintenir et à renforcer les forces économiques locales, voire régionales (PMI, PME, artisans, commerçants, lieux artistiques, services de santé…), car elle s’échange dans la zone correspondant à des transports réduits et à des circuits courts entre la production et la consommation, au lieu de circuler dans le monde à la recherche des meilleurs placements. La Roue est en parité avec l’euro, 1 Roue vaut 1 euro. Elle ne peut être utilisée qu’à des fins d’échanges.
Démarrage : 2012
Lieu de réalisation : Vaucluse_Bouches-du-Rhône-Alpes de Haute Provence
Budget : 70000
Origine et spécificités du financement : Subvention régionale, mécénat de compétences La Poste
S.E.V.E 84
Avignon – 84000Maison IV de Chiffre, Rue des Teinturiers
Un Système d’Échange Local (SEL) basé à Apt dans le Vaucluse est à l’origine de la Monnaie Locale Complémentaire (MLC) « La Roue ». Le Système d’Echange Local a été initié en 2010, et c’est en 2012 que l’Association SEVE (Système d’Échanges pour Vitaliser l’Économie) a lancé la MLC La Roue. A sa racine même, la Roue est donc un outil au service d’échanges locaux, équitables, relocalisés, non spéculatifs et en dehors des banques. Le volet « alimentation » est largement représenté dans le réseau des utilisateurs professionnels de la Roue puisqu’il rassemble des producteurs, transformateurs, distributeurs, restaurants, diététiciens, etc.
– Développer la résilience du territoire et les circuits-courts
– Créer un système économique local au travers de la création de liens entre les particuliers et les professionnels ; mais aussi entre les professionnels eux-mêmes.
– Mener des actions pédagogiques auprès de la population et utiliser la monnaie comme un outil d’éducation populaire (qu’est-ce que je fais de mon argent, en quoi mon argent impacte auprès de la planète, en quoi impacte-t-il les vies des générations futures?)
Le public visé est la fois particulier et professionnel.
– Charte principale imaginé par les membres du SEL d’Apt (néanmoins, chaque association adhérente de La Roue a la possibilité d’élaborer sa propre charte).
– Création d’une fédération des utilisateurs de La Roue afin de mutualiser les outils et mettre en commun les informations lors de réunions régulières (fabrication des coupons, des règles de fonctionnement, gestion du fond de garantie et des liens avec la Banque NEF, etc.)
– Les particuliers viennent échanger des Roues dans les bureaux de change identifiés. Les euros récoltés sont déposés dans « un fond de garantie » équivalent à la masse monétaire en circulation afin de pouvoir être en mesure de re-échanger toutes les Roues en circulation contre des Euros si nécessaire ce qui est obligatoire pour des raisons législatives.
– Les professionnels adhèrent à une charte et font de leur mieux pour l’appliquer.
– Kit de bonnes pratiques de la Roue : autoévaluation des professionnels et leur évolution d’année en année. L’objectif est que les actions soient incitatives, que cela se fasse étape par étape. Personne n’est vraiment à 100% mais il s’agit justement d’être dans une démarche de transition.
Deux nouvelles opérations doivent démarrer en 2016 :
(1) Le « passeport d’incitation aux éco gestes » : récompense les bons gestes par un système de points. À chaque fois que le détenteur du passeport fait un geste pour l’environnement (achète des produits locaux, utilise les transports en commun, tri ses déchets, etc.), celle-ci sera intégrée dans son carnet et il sera récompensé par des Roues une fois le carnet rempli. Ce passeport pourra être financé à 50% par la Région dans le cadre du dispositif SRECA (Schéma régional Energie Climat Air).
(2) Mettre en place un « système d’abondement » de 5 % : lorsqu’une une personne vient chercher 20 Roues, celle-ci repartira avec 21 Roues : dans le but de se rapprocher des centres sociaux et des différents publics n’allant pas naturellement vers des commerçants locaux et des produits bio pour des raisons financières.
– Plusieurs associations locales utilisent La Roue ce qui étend la possibilité à la fois pour les particuliers et les professionnels de trouver des produits sur 3 départements autour des villes : Apt, Avignon et Carpentras (84), Salon-de-Provence et Marseille (13), Forcalquier et Dignes-les-Bains (04).
– Entre 30 et 40 bénévoles sont actifs.
– La masse en circulation sur l’ensemble du territoire est estimée à 40 000 Roues.
– Les associations exercent un rôle d’accompagnement des professionnels (mise en contact des professionnels membres du réseau afin qu’ils puissent au maximum s’approvisionner localement).
– Les adhérents ne pouvant pas produire localement (exemple du libraire), se versent un salaire en partie en Roue afin de le dépenser au niveau local.
– Un des adhérents professionnels a par exemple offert l’adhésion à La Roue à ses employés.
– Pour l’adhésion, le prix conseillé est de 15 euros par an mais c’est variable en fonction des différents publics (étudiants, chômeurs, etc.).
– Sur Salon-de-Provence, il y a 104 professionnels (ceux en lien avec l’alimentation sont les plus importants) et compte 130 particuliers.
– Sur l’ensemble des départements, on estime à 450 utilisateurs particuliers et 250 professionnels.
– Plusieurs associations de la région PACA utilisent la MLC La Roue présente dans 3 départements : possibilité de s’approvisionner entre les départements et d’avoir une offre variée.
– Le réseau des professionnels adhérents n’est pas simplement un annuaire, les bénévoles rencontrent les personnes de façon informelle et font un travail de sensibilisation et de mise en lien entre les professionnels, ce qui peut créer de nouveaux flux locaux.
– Pour les particuliers, c’est un outil de communication et d’éducation populaire ; chaque adhérent est également ambassadeur d’une démarche locale et respectueuse de l’environnement.
– Les professionnels et les particuliers membres du réseau.
– La NEF – une coopérative financière qui ne fait pas de spéculation et prête de l’argent (uniquement sur les fonds dont elle est détentrice) aux porteurs de projet à vocation écologique, sociale ou culturelle en France.
(1) La mobilisation de ressources humaines puisque le travail administratif prend beaucoup de temps.
(2) La communication est essentielle, mais le temps manque pour les ressources humaines bénévoles.
(3) Manque de soutien et de reconnaissance de certaines communes qui pourraient renforcer la confiance, notamment en termes de communication, pour cette action qui peut dynamiser l’économie locale.
(4) Certaines personnes consomment déjà localement et ne voient pas l’intérêt d’adhérer à la Roue.
(1) Embauche d’une personne à Salon et une dans le Vaucluse : subvention régionale mais c’est insuffisant.
(2) Mécénat de compétence – une personne de la Poste : disposant de compétences relationnelles, de communication, de mise en réseau et en termes de logique d’entreprise.
(3) La stratégie de La Roue est de poursuivre les actions quoi qu’il arrive, quitte à ce que des partenariats avec les collectivités se créent par la suite.
(4) Il faudrait renforcer les actions pédagogiques pour expliquer qu’il y a deux niveaux d’impact dans le fait d’utiliser la Roue :
1er niveau : consommer localement favorise l’économie locale, raccourcit les distances entre producteur et consommateur, et impacte sur l’emploi et l’environnement
2eme niveau : choisir de faire travailler, avec les euros échangés en banque, une coopérative financière qui ne fait pas de spéculation et finance des projets ayant une utilité sociale, écologique et/ou culturelle.
– Mise en place d’une « territorialisation » : si un porteur de projet du territoire à vocation sociale, écologique et/ou culturelle, souhaite trouver des financements, La Roue désirerait pouvoir lui proposer des solutions de financement et d’accompagnement.
– Aller vers une dématérialisation de la Roue (via les téléphones portables) pour lever les freins de certains professionnels qui traitent des montants importants.
– Créer une plateforme internet plus interactive.
– Plusieurs associations de la région utilisent la Roue ce qui permet de mutualiser les outils.
– La Roue n’a pas été mise en place pour organiser de simples opérations promotionnelles. C’est une monnaie éthique.
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**