
Depuis 2013, l’association Fruits d’Avenir se charge de la valorisation de variétés d’arbres fruitiers anciens dans le pays Dignois avec la commercialisation de produits obtenus par leur transformation (confitures, jus, cidres etc. ) tout en sensibilisant au gaspillage alimentaire des fruits délaissés au fond des jardins ou des arbres abandonnés. L’association veut prouver que l’économie et l’écologie peuvent aller de pair.
Démarrage : 2013
Lieu de réalisation : Pays Dignois (04)
Budget : 128000
Origine et spécificités du financement : Atelier mobile : été 2013 (34 000 euros). Europe FEADER (70%) ; Région (20 %) ; Département (10%) Financements Région « CONTRAT DE PLAN Etat-Région ». Carmejane fait partie de « BIOVAL + »
Henry Poulain arrive en 1991 dans les Alpes-de-Hautes-Provence et travaille dans un centre de vacances associatif, où un ancien verger de poiriers avec 35 arbres donnaient une grande quantité de poires. Afin de ne pas gaspiller ces fruits, il les transformait en confiture et les distribuait aux intéressés. En 2003 il souhaite en créer sa propre activité et il réalise un bilan de compétences avec Pôle emploi et rencontre le Maire de la commune de Thoard qui confirme les potentialités liées aux fruits délaissés dans la région. De plus, il réalise une étude de marché dans le cadre de son suivi par Pôle emploi qui montrera les débouchés économiques autour des fruits anciens. Le patrimoine fruitier traditionnel, structuré en « prés-vergers » (associant arbres fruitiers de haute tige à la prairie) est délaissé, gaspillé et n’est en général pas mécanisable (terrains isolés, petites parcelles, etc.). Ce patrimoine paysager à haut intérêt écologique, non renouvelé depuis plus de 40 ans, tout comme les savoir-faire techniques liés à ces vergers, sont donc menacés de disparition. La valorisation de ces fruits anciens démarre en 2003 et le porteur de projet établit les conventions orales avec les propriétaires de vergers ou d’arbres anciens. Le porteur suit également une formation dans le CFPPA de Digne-Carmejane, puis l’association Fruits d’Avenir, destinée à évoluer en SCIC, est créée en 2013 par 3 agriculteurs-producteurs disposant d’un atelier mobile mis à disposition par le CFPPA de Digne-Carmejane. Cet atelier permet de transformer des quantités inférieures aux 2T requises par les machines sophistiquées de l’ESAT.
– Créer une activité économique locale autour des fruits anciens dans le pays Dignois : développer l’économie locale, créer des emplois locaux et contribuer au maintien des savoir-faire anciens.
– Valoriser des ressources agricoles et naturelles du territoire, préserver la biodiversité, l’attractivité du paysage (2500 arbres en production) et relancer la filière de fruits anciens.
– Sensibiliser au gaspillage alimentaire des fruits délaissés au fond des jardins ou des arbres abandonnés
Sur le plan opérationnel :
– Diversifier les modes de transformation et se doter de matériels fixes et mobiles
– Identifier et sécuriser la ressource et créer une charte de production et de vente
– Développer des prestations et diversifier les produits / élargir la gamme (nouvelles variétés, etc.)
– Diversifier les circuits, mutualiser les moyens et développer un réseau de partenaires
– Créer du lien avec l’équipe et les adhérents (chantiers collectifs, « festi taille », etc.)
– Impliquer et mobiliser les acteurs dans la démarche Fruits d’Avenir (animations thématiques sur le gaspillage, la biodiversité, etc.).
– Les résultats de l’étude confirment le potentiel des 2500 arbres qui étaient inutilisés et une réunion publique est donc organisée pour lancer l’association
– Les actions déclinées en trois axes : animation, programmation d’activités autour d’un atelier de transformation fixe et mobile (« festi taille », etc.) et sécurisation et pérennisation de la ressource fruitière (diagnostics sanitaires des arbres, remises en état, remplacements des arbres vieillissants, etc.).
– Mise en place d’un comité technique de suivi et d’un comité de pilotage, organisation en SCIC en préfiguration
– Les accords verbaux ont été formalisés par une charte de qualité et les conventionnements d’arbres avec les propriétaires
– Les contreparties peuvent impliquer l’achat des fruits sur pied, la rétrocession d’une partie du jus produit, l’entretien des arbres. En général, lorsque le terrain est accessible, les propriétaires se voient reverser 5% de la production de jus (ce qui monte parfois jusqu’à 200 bouteilles), leurs arbres sont entretenus et taillés, etc.
– Sensibilisation à la valorisation des variétés anciennes : public invité à participer aux transformations des fruits
– Un benchmarking a été effectué pendant plusieurs années et 10 personnes ont visité 2 ateliers de transformation en Aude et Ariège en juin 2014.
– Une coopération entre les associations GESPER et FRUITS D’AVENIR a permis en 2015 la réalisation d’un film : « Une nouvelle vie pour les fruits abandonnés », dans le cadre de la campagne « Stop au gaspillage alimentaire en pays Dignois ». Cette collaboration continue afin de valoriser des pulpes de fruits pour la nourriture animale (dossier à l’ADEME en cours).
– Formation de technicien sur l’atelier mobile en partenariat avec le CFPPA de Digne-Carmejane : une partie théorique sur la législation relative aux jus de fruits, les règles de la pasteurisation, la sécurité alimentaire, l’analyse des points critiques dans un processus de transformation (HACCP) et une partie pratique d’utilisation de la machine et de ses différents matériels.
– La réunion publique de lancement a rassemblé 70 personnes.
– Fin décembre 2014 : 42 adhérents, dont le PNR du Verdon; L’ensemble des salariés et techniciens-agriculteurs s’élève à 14 personnes.
– La certification Agriculture Biologique a été obtenue comme façonneur en août 2014 (Veritas).
– Le porteur de projet vendait essentiellement à son réseau de connaissances, il a diversifié la distribution via les marchés locaux et des foires régionales.
– L’équipe comptait sur 2 à 3 saisonniers au départ puis 14 en 2015 (2,5 ETP).
– Environ 12 000 litres en 2013 ; plus de 75 000 en 2015 ; de 30 usagers à plus de 200 en 2015.
– L’atelier mobile a été présent sur plus de 30 manifestations publiques (foires, marchés, maison de pays) depuis 2013.
– 8 propriétaires ont signé la convention avec FRUITS D’AVENIR, pour 260 arbres.
– Les 260 arbres conventionnés ont été remis en état et seront désormais suivis par Fruit d’Avenir, qui en devient l’exploitant.
– La publicité de ces actions a généré parallèlement d’autres accords verbaux, entre des usagers de l’atelier mobile, adhérents de FRUITS D’AVENIR et des propriétaires.
– Élaboration d’une fiche technique de « bonnes pratiques » pour l’intervention sur ces arbres anciens
– Trois formations réalisées pour essaimer le projet avec entre 12 et 15 personnes à chaque fois.
– Interventions menées depuis 2015 dans le Luberon (84), le Pays Gapençais (05), le Laragnais (05) : des porteurs de projets émergent, deviennes les relais locaux et Fruits d’Avenir se propose de les accompagner.
– L’outil juridique (conventionnement d’arbres) permet à Fruits d’Avenir de devenir exploitant sans avoir de foncier : bénéfices sont partagés tout en augmentant les gains de chaque partie.
– L’outil qu’est l’atelier mobile, fabriqué en Haute Savoie, est le premier de ce type en région PACA : transformation de petites quantités (100 kg minimum) contrairement à l’atelier fixe qui demande des quantités requises de 2 Tonnes minimum. Cela permet aux propriétaires de récolter leur propre jus de fruit. Il permet d’avoir un produit professionnel qui répond aux normes de pasteurisation et permet de se conserver pendant 3 ans.
CFPPA Digne-Carmejane, Plateforme Bioval +, Foire de la Poire Sarteau (La Javie 04), PNR du Verdon, PNR du Luberon, Centre Astro de St Michel L’Observatoire (Fête des Sciences), CIGALES (Clubs d’investisseurs), association Marché des Aigles, association GESPER, association A Fleur de Pierres, Centre aéré La Sympathie (Digne-Les-Bains 04), association Châtaignes des Grès, association Maison du Mulet, association Un Chemin Pour Chacun…
(1) Il faut avancer la trésorerie puisqu’il s’agit d’une activité de récolte saisonnière alors qu’il faut environ 1 an pour écouler la production
(2) L’atelier mobile étant un atelier partagé, FRUITS D’AVENIR a parfois rencontré des difficultés pour produire du jus pour sa propre gamme
(3) Certains propriétaires souhaitent produire eux-mêmes leur propre jus plutôt que de maintenir les accords verbaux
(4) Rigidité administrative pour la certification bio, Fruits d’Avenir est certifiée bio façonneur puis obtiendra la certification bio prochainement.
(1) Rédaction d’un mail contenant : explication du projet, les conseils pour comment consommer 5 cartons de jus en 6 mois. Un storytelling pour faire comprendre au public que ce n’est pas une démarche purement économique
(2) Un atelier fixe est nécessaire afin d’élargir la gamme de produits. Les divers participants, dont les associés de Fruits d’Avenir, en ont été convaincus grâce à la visite d’ateliers.
– Conversion en AB grâce aux bonnes relations entretenues avec les propriétaires conventionnés.
– Création d’un atelier collectif fixe, avec transformation de fruits à pépins et à noyau, de légumes, en jus, nectars, confitures, compotes, fruits séchés, coulis, soupes, cidre, etc. permettant d’augmenter les possibilités de transformations et d’élargir la gamme de produits proposés aux clients
– Mise en place d’une stratégie collective de commercialisation : gamme de produits labellisés « Pays Dignois »
– Mutualisation des outils logistiques avec d’autres partenaires
– Évolution vers un statut de SCIC prévue pour 2017
– Un projet de consignation des bouteilles en verre est à l’étude.
– Atelier mobile : travail d’équipe dans les conditions parfois difficiles > développe l’esprit d’équipe
– Faire participer le public dans le processus de production : transparence et lien social – Les personnes ne gaspillent plus leurs fruits, ils deviennent des promoteurs de l’activité et deviennent les « veilleurs de fruits », signalant tout arbre dont les fruits sont gaspillés
– Accords tacites et financement personnel au démarrage du projet
– Potentiel éco-touristique de la région
– Faire le lien avec l’enseignement agricole (formation des Agent de Développement des Territoires Ruraux)
– Couverture médiatique locale assez conséquente grâce au travail du chargé de communication du lycée en septembre 2013 : passage à France 3, etc. : les gens se sont donc mis à téléphoner.
– Le PILES (Pôles d’Initiative Locale d’Économie Solidaire), anciennement soutenu par la région PACA, était une structure locale très active qui a grandement aidé les porteurs de projet (aujourd’hui la structure a disparu).
Travaux de Marie Tarbouriech, ingénieur agronome.
vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=0vfBWvpvoZs
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**