L’association « Oasis des Sciences » fondée en 2012 a développé un projet biologique de valorisation des sous-produits du palmier Bouhattem, variété locale de Métouia, afin d’en démontrer le potentiel économique, et répondre à l’abandon de l’agriculture dans l’oasis.
Démarrage : Septembre 2012
Lieu de réalisation : Métouia, Gabès
Origine et spécificités du financement : Autofinancement
Face au constat de l’abandon de l’agriculture dans l’oasis de Métouia, l’idée est lancée de créer l’association « Oasis des Sciences », pour lutter contre la pollution, l’urbanisation, et l’abandon des oasis de Métouia. La variété de datte « Bouhattem », très répandue à Métouia, est dans une situation d’abandon et n’est pas valorisée sur le marché, ni même consommée. Seule la Deglet Nour est valorisée, au détriment de la variété locale Bouhattem. C’est à ce manque que cherche à répondre l’initiative de l’association « Oasis des Sciences » pour la valorisation des sous-produits de la datte Bouhattem.
L’objectif général est de protéger l’oasis de la dégradation et de l’abandon par la création de produits valorisés économiquement, et de s’adresser aux jeunes chômeurs de la région par la création d’une source de revenus autour de la filière des sous-produits issus des dattes Bouhattem, jusqu’à maintenant oubliées par le marché. L’idée est de sensibiliser les jeunes, les agriculteurs, et la population locale au potentiel économique de la datte Bouhattem.
– L’association réalise dans un premier temps une série d’analyse bactério-chimiques et démontre les vertus de la variété « Bouhattem », qui est plus riche que la Deglet Nour, et seule variété conseillée par les médecins pour les diabétiques.
– L’association réalise ensuite une série de sous-produits innovants qui se sont diversifiés de 2012 à 2016, pour la commercialisation : le café issu de noyaux de dattes, puis le « rub », puis la confiture, puis les pâtes, puis les jus.
– Elle les commercialise à l’occasion de foires ou autres événements. 6 personnes s’occupent de la transformation, et 7 de la commercialisation. Les revenus des ventes permettent de fonctionner en auto-financement.
– La production s’est diversifiée avec les jus et pâtes, et la commercialisation se fait désormais dans toute la Tunisie, pour les foires agricoles ou les événements de promotion des produits locaux. (Bizerte, Djerba, Mateur).
– Les gains permettent de développer de nouveaux produits et de mener de nouvelles analyses, qui permettra par la suite d’obtenir un label et certificat officiel.
– Localement, le projet a connu la réussite avec une plus grande sensibilisation des gens à la qualité des dattes Bouhattem et des produits.
– En 2012, 50kg de dattes ont été transformées, et en 2016, c’est 130kg. La production annuelle est un peu instable car cela dépend des saisons.
La création de nouveaux produits, tels que le café issu de dattes, ou les sirops permettent la diversification des produits et la valorisation d’une variété presque abandonnée. La transformation des produits par une petite structure associative a permis la diffusion rapide de produits innovants.
Il n’y a pas eu de partenariat particulier mis en place à l’occasion de ce programme. En revanche, une étudiante a eu l’occasion de faire son Projet de Fin d’Etude sur les analyses en vue d’une labellisation des produits.
Les jeunes chômeurs n’ont pas été intéressés par le projet au départ, car ils se sont détournés de l’oasis. Par ailleurs, l’absence de label « Oasis des Sciences » est un frein actuel pour le développement du projet. La réticence de la population locale au départ, qui n’a pas imaginé le goût et l’utilité d’un tel projet. Au départ, il y a eu des difficultés à réaliser le « Rubb » (sirop de dattes), et de trouver la bonne formule.
Les solutions sont la multiplication des événements de sensibilisation pour vaincre le scepticisme de la population par l’organisation de séances de dégustation. La participation dans les foires, dans toute la Tunisie, pour valoriser la « Bouhattem » permet une meilleure diffusion des produits, et une plus grande viabilité économique.
A l’avenir, le projet est de déposer la marque « oasis des sciences » pour mieux valoriser le produit, améliorer les emballages, et créer des partenariats.
Les consommateurs ont aimé le concept de la valorisation des sous-produits du palmier dattier et il y a une forte demande pour acheter les produits. La réalisation de produits innovants, créateur de richesses économiques, et qui permet de redonner une valeur aux palmiers de l’oasis, est un concept qui semble efficace.
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**