Observatoire

Oasis des sciences : Valoriser les sous-produits d’une variété locale de palmier de Métouia en Tunisie

L’association « Oasis des Sciences » fondée en 2012 a développé un projet biologique de valorisation des sous-produits du palmier Bouhattem, variété locale de Métouia, afin d’en démontrer le potentiel économique, et répondre à l’abandon de l’agriculture dans l’oasis.

Auteurs(s)

Khaoula
Ayed

Fiche rédigée par Irène Carpentier

Programme

Démarrage : Septembre 2012

Lieu de réalisation : Métouia, Gabès

Origine et spécificités du financement : Autofinancement

Organisme(s)

Oasis des sciences

Métouia – 6010

Cité Sawani

6Salariés

11Bénévoles

50Adhérents

Média sociaux

ORIGINE ET CONTEXTE

Face au constat de l’abandon de l’agriculture dans l’oasis de Métouia, l’idée est lancée de créer l’association « Oasis des Sciences », pour lutter contre la pollution, l’urbanisation, et l’abandon des oasis de Métouia. La variété de datte « Bouhattem », très répandue à Métouia, est dans une situation d’abandon et n’est pas valorisée sur le marché, ni même consommée. Seule la Deglet Nour est valorisée, au détriment de la variété locale Bouhattem. C’est à ce manque que cherche à répondre l’initiative de l’association « Oasis des Sciences » pour la valorisation des sous-produits de la datte Bouhattem.

Objectifs

L’objectif général est de protéger l’oasis de la dégradation et de l’abandon par la création de produits valorisés économiquement, et de s’adresser aux jeunes chômeurs de la région par la création d’une source de revenus autour de la filière des sous-produits issus des dattes Bouhattem, jusqu’à maintenant oubliées par le marché. L’idée est de sensibiliser les jeunes, les agriculteurs, et la population locale au potentiel économique de la datte Bouhattem.

ACTIONS MISES EN OEUVRE

– L’association réalise dans un premier temps une série d’analyse bactério-chimiques et démontre les vertus de la variété « Bouhattem », qui est plus riche que la Deglet Nour, et seule variété conseillée par les médecins pour les diabétiques.
– L’association réalise ensuite une série de sous-produits innovants qui se sont diversifiés de 2012 à 2016, pour la commercialisation : le café issu de noyaux de dattes, puis le « rub », puis la confiture, puis les pâtes, puis les jus.
– Elle les commercialise à l’occasion de foires ou autres événements. 6 personnes s’occupent de la transformation, et 7 de la commercialisation. Les revenus des ventes permettent de fonctionner en auto-financement.

Résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs

– La production s’est diversifiée avec les jus et pâtes, et la commercialisation se fait désormais dans toute la Tunisie, pour les foires agricoles ou les événements de promotion des produits locaux. (Bizerte, Djerba, Mateur).
– Les gains permettent de développer de nouveaux produits et de mener de nouvelles analyses, qui permettra par la suite d’obtenir un label et certificat officiel.
– Localement, le projet a connu la réussite avec une plus grande sensibilisation des gens à la qualité des dattes Bouhattem et des produits.
– En 2012, 50kg de dattes ont été transformées, et en 2016, c’est 130kg. La production annuelle est un peu instable car cela dépend des saisons.

Originalité

La création de nouveaux produits, tels que le café issu de dattes, ou les sirops permettent la diversification des produits et la valorisation d’une variété presque abandonnée. La transformation des produits par une petite structure associative a permis la diffusion rapide de produits innovants.

Partenariat(s)

Il n’y a pas eu de partenariat particulier mis en place à l’occasion de ce programme. En revanche, une étudiante a eu l’occasion de faire son Projet de Fin d’Etude sur les analyses en vue d’une labellisation des produits.

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés pendant la mise en œuvre :

Les jeunes chômeurs n’ont pas été intéressés par le projet au départ, car ils se sont détournés de l’oasis. Par ailleurs, l’absence de label « Oasis des Sciences » est un frein actuel pour le développement du projet. La réticence de la population locale au départ, qui n’a pas imaginé le goût et l’utilité d’un tel projet. Au départ, il y a eu des difficultés à réaliser le « Rubb » (sirop de dattes), et de trouver la bonne formule.

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

Les solutions sont la multiplication des événements de sensibilisation pour vaincre le scepticisme de la population par l’organisation de séances de dégustation. La participation dans les foires, dans toute la Tunisie, pour valoriser la « Bouhattem » permet une meilleure diffusion des produits, et une plus grande viabilité économique.

Améliorations futures possibles :

A l’avenir, le projet est de déposer la marque « oasis des sciences » pour mieux valoriser le produit, améliorer les emballages, et créer des partenariats.

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou un essaimage :

Les consommateurs ont aimé le concept de la valorisation des sous-produits du palmier dattier et il y a une forte demande pour acheter les produits. La réalisation de produits innovants, créateur de richesses économiques, et qui permet de redonner une valeur aux palmiers de l’oasis, est un concept qui semble efficace.

Partager sur

Comité de lecture
Date de lecture de la fiche
14/10/2016
Localisation
Tunisie
oise
Appréciation(s) du comité
Source d’inspiration !A généraliser !
Domaine
EnvironnementEconomie, finance solidaireAgricultureAlimentationEmploi et insertionAménagement, développement local
Type de structure
Association, collectif, ONG
Envergure du programme
LocaleNationale
Bénéficiaires
ChômeursPopulation rurale
Type d’action
Transformation produits de niche / terroir
Type d’objectif
Décarbonation, performance énergétiqueMaintien et amélioration de la biodiversitéValorisation du patrimoine technique (savoir-faire)Communication auprès des enfantsSensibilisation des consommateursMaintien et/ou création direct(e) d’emplois
Localisation
Licence

Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0
Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**