Observatoire

Fresh Me Up : une plateforme qui lutte contre le gaspillage alimentaire destinée aux professionnels de l’agroalimentaire

Fresh Me Up est une entreprise économique et écologique crée en 2015 devenue opérationnelle en 2016 visant à réduire le gaspillage alimentaire en permettant aux commerçants de faire des dons ou de générer un profit, aux restaurateurs d’acheter moins cher des produits de qualité et aux associations de récolter de la nourriture gratuitement et de la redistribuer. Le projet de Fresh Me Up a été conçu dans la période de la première loi Garot relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire, ce qui a permis de donner plus d’ampleur à cette initiative.

Auteurs(s)

Thibault
Merendon

Fiche rédigée par Simona Vuletic

Programme

Démarrage : 2015

Lieu de réalisation : Ile-de-France

Budget : 20000

Origine et spécificités du financement : autofinancement

Organisme(s)

Fresh Me Up

Paris – 75016

62 Théophile Gaultier

2Salariés

Site internet

Média sociaux

ORIGINE ET CONTEXTE

Un ancien restaurateur, Thibault, s’associe à Benoit, expert en développement web/ suivi de structures, pour créer la plateforme permettant aux commerçants de revendre leurs stocks ou de faire des dons aux associations. Cette initiative cherche à recréer le lien perdu entre les commerçants et les restaurateurs. En effet auparavant, les restaurateurs se fournissaient auprès des commerçants, ils se connaissaient, alors qu’aujourd’hui cette relation n’existe plus. Fresh Me Up, oblige les restaurateurs à se rendre dans les magasins afin de récupérer les denrées et les payer directement au commerçant.

Trois exemples on pu les motiver à agir contre le gaspillage alimentaire :
– Ils ont appris qu’une association s’occupant d’animaux récupère toutes les semaines gratuitement la viande auprès de Leclerc, sachant que la viande quittant un magasin est encore consommable.
– Les chefs pâtissiers et chocolatiers gardent jusqu’à la fermeture la décoration des vitrines qui est ensuite jetée, alors qu’elle est consommable. Le lendemain une autre décoration est réalisée, mise en place, puis jetée.
– Les difficultés rencontrées au Mozzarella bar à Paris, créé par Thibault, où il a souvent été face à un problème de stockage dans le restaurant et dans les petits commerces.

Objectifs

– Rapprocher les commerçants, les restaurateurs et les associations. Les commerçants mettent leur surstock et les invendus sur la plateforme afin d’informer les restaurateurs et les associations du quartier. Les associations sont intéressées soit par la taille du stock (chaque association a ses capacités de stockage) soit par le type de denrées disponibles et elles doivent toujours être de la zone géographique du commerçant, car la plateforme FreshMeUp incite ses utilisateurs à agir à proximité et se déplacer à pied. Les restaurateurs qui viennent acheter les produits chez les commerçants sont obligés de se déplacer, rencontrer le commerçant, récupérer les denrées et payer. Cela renforce le lien social entre ces acteurs.
– Limiter le gaspillage alimentaire, éviter de mettre à la poubelle ce qui a été produit, c’est un principe économique aussi. Par exemple, les producteurs de foie gras sont souvent amenés à bouillir le foie produit car il ne correspond pas aux normes de l’UE, donc il est transformé en bloc et proposé dans cette forme aux restaurateurs alors que le produit a perdu au niveau de la qualité à cause de sa transformation.
– Changer les habitudes et le comportement des professionnels de l’agroalimentaire.
– Renforcer la communication entre les commerçants et les restaurateurs car au-delà des dates de consommation, il existe de mauvaises pratiques de la part des acheteurs. Par exemple, les bouchers vendent très bien les cuisses arrières du lapin, en revanche le reste du lapin n’est pas très recherché. Les bouchers n’achètent donc plus les lapins entiers. La plateforme FreshMeUp réalise des contrats avec les bouchers pour qu’ils achètent et revendent le reste du lapin aux restaurateurs spécialisés dans la transformation de différentes denrées.
– La plateforme évolue au niveau technique : mise en place du paiement en ligne pour les plus grands acteurs comme Rungis ou Carrefour qui ne fonctionnent pas avec le paiement en main propre comme les magasins et restaurateurs de proximité.

ACTIONS MISES EN OEUVRE

– Modélisation de la structure, présentation du concept au marché et aux institutionnels (Mairie de Paris notamment) afin de communiquer sur le gaspillage alimentaire, propositions aux associations de récupérer les invendus.
– Première version test en 2016, puis au bout de six mois, la plateforme est devenue opérationnelle.
– Contrats avec les pâtissiers pour fournir les pâtisseries utilisées pour la décoration aux restaurateurs. Cela permet aux pâtissiers de se faire connaitre et aux restaurants de proposer des pâtisseries de qualité.
– Appel des grands groupes (Rungis, Carrefour) pour régler le problème à grande échelle auquel FreshMeUp répond en mettant en place le paiement en ligne. La plateforme s’ouvre aux grands groupes en 2017.
– Appel du Gouvernement pour la ratification du pacte anti-gaspillage au niveau national. Le groupe Carrefour a communiqué auprès du Gouvernement concernant FreshMeUp ce qui a permis à cette start up de travailler avec l’État.
– Participation au pacte contre le gaspillage alimentaire grâce à l’appel du Gouvernement. Le pacte est composé de 6 axes, et FreshMeUp travaille sur celui qui porte sur l’évolution des nouvelles technologies pour lutter contre le gaspillage alimentaire avec d’autres acteurs qui ratifient. De plus, ils travaillent aussi sur l’aspect éducatif et développent des actions d’éducation et sensibilisation au gaspillage alimentaire auprès des jeunes.
> Organisation de la « journée lutte contre le gaspillage alimentaire » au sein de l’école Paul Bocuse, ce qui permet de toucher la jeune génération des futures professionnels de l’alimentation.
> Travail avec CNRS et Institut de Géographie pour un colloque.
> Participation à la semaine du goût dans un lycée à Levallois.

Résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs

– Partenariat avec SEAWEB EUROPE pour valoriser la pêche durable et avec BON POUR LE CLIMAT pour valoriser l’utilisation de fruits et de légumes locaux et de saison dans le but de limiter l’empreinte carbone.
Ces deux associations travaillent alors avec les commerçants dans une démarche de développement durable. Leur réseau est partagé avec la plateforme FreshMeUp qui va ensuite valoriser ces commerces en leur donnant une plus grande visibilité dans l’application grâce à un algorithme. Ces commerces sont donc davantage proposés aux restaurateurs ce qui met en valeur leurs efforts pour commercialiser des produits issus de la pêche durable et les fruits et légumes locaux de saison.
– Partenariat avec une start up du groupe Neotransport, spécialisée dans la logistique de produits frais. Les grands entrepôts vendent des contrats pour les heures de livraison, mais pas pour le retour. Les restaurants reçoivent des quantités de produits trop importantes par rapport à leurs capacités, une grande partie des livraisons est alors retournée au fournisseur qui doit trouver où les redistribuer, ces produits sont donc déclassés et la plupart se retrouve à la benne. Les sociétés de livraison passent un contrat avec FreshMeUp pour éviter le gaspillage des produits et bénéficient de l’option de paiement en ligne.

Originalité

– Un outil pour limiter le gaspillage alimentaire destiné aux professionnels.
– La complémentarité des porteurs du projet: le développement est fait en interne grâce à Benoit qui est professionnel de gestion internet, du développement web et de suivi des structures sur internet. Thibault quant à lui, connait le secteur alimentaire et les difficultés des professionnels.
– Le seul budget investi dans une structure extérieure était pour l’agence de communication.

Partenariat(s)

Costo; AntiGaspi programme de l’Etat; SeaWebEurope; Bon pour le Climat; ….

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés pendant la mise en œuvre :

– Grâce au développement des start ups comme « La Fourchette » ou « Deliveroo », les restaurateurs ont appris à utiliser les plateformes web pour se développer et pour augmenter leurs profits. A l’inverse, les commerçants de petite taille, sont moins sensibilisés à ce que pourrait leur apporter la plateforme web de FreshMeUp. Le commerçant est l’acteur qui a le plus à gagner dans ce concept et pourtant il est le plus difficile à toucher.
– Des soucis techniques ont eu lieu pour pouvoir répondre aux besoins de marché globalisé, dit « de masse ».
– Difficultés à se faire connaitre, notamment auprès des commerçants.

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

– Développement et mise en place du paiement en ligne pour pouvoir répondre à l’appel de Rungis et Carrefour et d’autres grandes enseignes.
– Pour se faire connaitre dans le réseau de manière plus efficace, il faut l’alimenter en permanence.

Améliorations futures possibles :

– Développement dans les zones de Lille et Lyon.
– Pour garder l’aspect éducatif du projet, le développement se fera à travers les « junior entreprises » dans les écoles hôtelières par zone géographique.
– Trouver une association partenaire qui travaille sur la viande, comme ce qui a été fait pour la pêche durable avec SEAWEB EUROPE et pour les fruits et légumes avec BON POUR LE CLIMAT.

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou un essaimage :

– La plateforme est constamment remplie de denrées.
– La plateforme fonctionne via des algorithmes qui peuvent également aider les commerçants dans leur gestion. Par exemple, pour modifier leurs commandes, si plusieurs magasins ont des stocks de clémentines, l’application prévient les commerçants et suggère de diminuer les commandes, ainsi les clémentines sont réduites. L’application réagit vite pour aider les commerçants à améliorer leur offre ce qui leur évite de jeter des grandes quantités de denrées.

Idées de sujet(s) de recherche fondamentale ou appliquée, utile(s) pour le présent programme :

Comment sensibiliser les commerçants à l’utilisation de nouvelles technologies pour améliorer l’impact de leur activité (obtenir plus de revenus, mieux gérer leurs stocks et leurs commandes, éviter le gaspillage alimentaire et donc améliorer leur impact carbone).

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Comité de lecture
Date de lecture de la fiche
17/01/2017
Localisation
France
paris
Appréciation(s) du comité
A généraliser !
Domaine
EnvironnementAlimentationRéseaux, coopérations
Type de structure
Entreprise
Envergure du programme
Locale
Bénéficiaires
Professionnels
Type d’action
Mise en relation des acteurs
Type d’objectif
Création et renforcement du lien socialDécarbonation, performance énergétiqueRéduction/traitement des déchets, économie circulaireCommunication auprès des enfantsTransmission de pratiques responsables aux professionnels
Localisation
Licence

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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**