
Le projet, initié en 2011, a pour but de permettre aux paysans du Gorgol, producteurs de patate douce, un produit très nutritif et consommé localement, de répondre aux besoins du marché, tout en assurant leur sécurité alimentaire. Il s’agit donc d’améliorer la production, la transformation, la conservation et la commercialisation de la patate douce.
Démarrage : Novembre 2011
Lieu de réalisation : Mauritanie – Région du Gorgol
Budget : 94006
Origine et spécificités du financement : CFSI – Fondation de France (PAFAO)
Groupe de recherche et de réalisations pour le développement rural (GRDR)
Kaédi
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La région du Gorgol, est une des régions les plus pauvres de Mauritanie. L’aménagement des terres et l’irrigation permettent aux agriculteurs de la région de cultiver la patate douce, et d’en obtenir jusqu’à quatre récoltes par an. Cependant, l’absence de transformation et les difficultés de stockage entrainent la perte de plus 50% des récoltes. De plus, la production locale ne permet de répondre qu’à 25% des besoins des villes de la région. Le GRDR en partenariat avec l’AMD, a donc mis en place un projet d’appui à la transformation de la patate douce et de structuration de la filière, afin de sécuriser les débouchés des producteurs et de contribuer à la sécurité alimentaire.
Le projet doit contribuer à la réduction de l’insécurité alimentaire et au développement économique de la région du Gorgol par :
– Le renforcement et la promotion des initiatives locales en faveur de la production, de la conservation et de la commercialisation de la patate douce, ainsi que de ses produits dérivés, au niveau des communes de Lexeïba et Foumgleïta et du marché de Kaédi et Sélibaby ;
– La diffusion des approches intégrées agroécologiques, et la combinaison des activités d’élevage et d’horticulture.
– En premier lieu, le projet a soutenu la réalisation d’un diagnostic territorial de la filière dans les deux communes ciblées. Il a ensuite appuyé la formation des producteurs aux techniques agroécologiques (et leur vulgarisation) : production et conservation de bouture améliorées, utilisation de la traction asine et de la fumure organique, techniques améliorées de semis et de récolte de la patate douce.
– Des formations ont été dispensées sur l’articulation de la culture de la patate douce avec les besoins liés aux activités pastorales (alimentation bovine)
– Le projet a aussi aidé à la mise en place d’une unité artisanale pilote de transformation des cossettes de patates douces en farine. Un dispositif d’appui aux ventes groupées a également été mis en place : des points de ventes ont été identifiés et des foires semestrielles organisées pour promouvoir les différents produits issus de la patate douce.
– Enfin des journées de sensibilisation à la valeur nutritive de la patate douce et de ses dérivés ont été proposées aux producteurs et aux consommateurs.
– 300 producteurs ont amélioré leur production et leurs revenus par le biais d’itinéraires techniques de productions adaptés. Les pertes post récolte sont passées de 50% à moins de 10%.Le temps de préparation des sols est divisé par deux grâce à la traction asine. L’utilisation de la fumure favorise l’intégration de l’agriculture et de l’élevage.
– La maitrise par les femmes des techniques d’embouche ovine, a permis d’améliorer l’état d’engraissement des ovins, et de mieux les valoriser sur le marché. Les sous-produits de la culture de patates douce sont mieux valorisés. Une unité artisanale pilote est mise en place au profit de 30 femmes qui y produisent du couscous de patate et autres dérivés.
– La filière est mieux structurée, du fait de la mise en place d’un cadre de concertation entre producteurs. De plus, la commercialisation est mieux organisée, grâce àla mise en lien entre zones de productions et pôles de commercialisations.
– La transformation de la patate douce en couscous et farine permet un meilleur étalement sur l’année de la consommation de ce produit, et une réduction considérable des pertes dues à sa faible conservation. De plus, la richesse nutritive de ce produit en fait un bon substitut aux céréales en période de soudure et une importante source d’embouche ovine.
– Le partage d’expériences des femmes participant à ce projet avec des maliennes et des sénégalaises qui produisent et transforment également la patate douce est également un élément innovant, à travers la création de cadres de concertation féminins et internationaux entre actrices d’une même filière.
Le GRDR a établi un partenariat avec l’association mauritanienne pour l’auto développement (AMAD), chargé de la formation et du suivi des producteurs et transformateurs. Un partenariat a été développé avec la société nationale pour le développement rural (SONADER), celui-ci a permis un accompagnement sur le volet embouche du projet. L’Association des maires et parlementaires du Gorgol (AMPG) et les mairies de Lexeiba et Foumgleïta sont partenaires et soutiennent cette démarche de promotion de la filière patate douce.
– Satisfaire l’importante sollicitation des producteurs à être formés aux techniques de production, ainsi que celle des femmes à être formées à l’embouche ovine ;
– Problèmes d’équipement et difficultés liées à la mobilité du bétail ;
– Concurrencer les produits importés, susciter l’intérêt des consommateurs ;
– Traduire certaines notions scientifiques en langues locales, dans le cadre des formations ;
– Les producteurs et transformatrices formés par le projet ont à leur tour formé d’autres producteurs et transformatrices;
– Sensibilisation sur la valeur nutritive de la patate douce, et valorisation de la consommation de produits locaux.
Un meilleur équipement permettrait de réduire la pénibilité du travail de transformation de la patate en farine.
– Les techniques agroécologiques utilisées ont prouvé leur efficacité : moins coûteuses et plus respectueuses des ressources naturelles, donc de la pérennité des activités. Même chose pour l’adoption d’une approche agro-pastorale systémique : utilisation des sous-produits de la culture de patate douce pour l’alimentation du bétail
– la transformation et la diversification des produits dérivés de la patate douce en produits de consommation courante : couscous, farine, granulées, confiture, gomme, et aliments pour animaux
– La mise en place d’un système de commercialisation groupée
– L’élaboration et la diffusion auprès du grand public de fiches synthétiques qui décrivent les différentes étapes de la valorisation des produits locaux et leur valeur nutritive, comme outils de sensibilisation
– Le partage des expériences des producteurs et des transformatrices au niveau local, sous-régional et régional.
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**