
Pour répondre à la vulnérabilité alimentaire des enfants d’Ouagadougou, due notamment aux bouillies infantiles vendues dans les rues ayant de mauvaises qualités nutritionnelles (importations et fabrication traditionnelle), ce projet propose un programme innovant de fabrication de bouillies avec des produits locaux, renforcées en éléments nutritionnels adaptés à la santé des enfants.
Démarrage : Septembre 2013
Lieu de réalisation : Quartiers d’Ouagadougou, Burkina Faso
Budget : 21407
Origine et spécificités du financement : Programme Pafao CFSI – Fondation de France
Face à un taux élevé de malnutrition infantile dans certains quartiers d’Ouagadougou, l’idée est de commercialiser dans les zones urbaines pauvres des bouillies infantiles produites localement, en tant que complément alimentaire. Alternative aux préparations traditionnelles peu nutritives et aux produits d’importation onéreux, le projet soutient la production et la commercialisation de bouillies Laafi benre (“bonne santé”), fortifiées en vitamines et minéraux.
Le projet a pour vocation de développer l’accès des enfants à des aliments de complément adaptés à leurs besoins et leur santé par la vente en circuit courts, avec un intermédiaire. Les bouillies proposées sont prêtes à consommer, valorisent les produits issus de l’agriculture locale et permettent la création d’emplois. Enfin, le projet vise à sensibiliser et informer les populations sur l’alimentation infantile adéquate.
– Renforcement du réseau de vente des bouillies : accompagner la transformation et le contrôle qualité des farines selon les normes en vigueur, développement de kiosques et de la vente ambulante, faire le lien entre unités de production et point de vente, former au suivi des ventes, s’assurer de la qualité des produits (prélèvements).
– Développer l’accès aux bouillies : promotion des qualités nutritionnelles (animations), sensibilisation aux bonnes pratiques alimentaires chez l’enfant.
– Ventes et accès au marché : augmentation de la production et des ventes dans 2 quartiers (+209 % et +53 %), accès au marché facilité par les vendeuses ambulantes (90 % d’achat à domicile), la fréquence de consommation infantile quotidienne s’élève à plus de 50 %, la notoriété est satisfaisante puisque 80 % des ménages interrogés connaissent le produit (soit 1120 ménages).
– Emploi et nutrition : près de 30 000 repas assurés et 1 400 enfants concernés, amélioration du revenu des préparatrices et des vendeuses (16k F CFA et 12k F CFA dans une région contre 8k F CFA et 7k F CFA dans l’autre). Source de revenus stable pour les producteurs, les préparatrices et les vendeuses.
Le modèle économique du mode de production et de commercialisation à proximité a permis le développement de filières courtes dans les quartiers défavorisés, et l’utilisation à 95 % de matières premières locales. Ceci a eu un impact sur la diversification des revenus des unités de production mais aussi sur la notoriété du produit, qui devrait être capable de faire face aux produits importés.
– ASEFF : Association Sagltalba pour l’épanouissement de la femme et de la jeune fille
– Ministère de la Santé (burkinabè)
– ANJE : Alimentation et nutrition des jeunes enfants
La mauvaise gestion des stocks a entraîné une rupture de l’approvisionnement en farine et a donc eu un impact sur les ventes. De plus, l’absentéisme et le turnover des travailleuses (préparatrices et vendeuses ambulantes) diminuent la rentabilité des kiosques et le revenu des vendeuses. Le Gret se voit dans l’obligation de continuer à financer le fonds de roulement pour l’approvisionnement en farine à hauteur de 50 %.
Constitution de stocks de céréales lorsque les prix sont faibles permettant de pallier aux problèmes d’approvisionnement rencontrés.
Pérenniser l’activité des kiosques en y affectant un intermédiaire gérant l’approvisionnement de l’ensemble des kiosques (gestion de stocks, suivi qualité, promotion de produits) avec pour condition l’extension d’activité des kiosques pour que l’intermédiaire puisse se rémunérer sans que cela ait un impact sur le prix de vente des bouillies.
La réussite du programme a pu se faire par l’articulation de 4 facteurs déterminants, complémentaires les uns des autres : filières courtes permettant des prix bas, valorisation des produits locaux assurant un nouveau marché et une source de revenus aux producteurs locaux, soutien à l’activité économique de la zone par la création d’emplois, et accès au marché constitué par les populations urbaines pauvres permis par la couverture de la zone (emplacement des kiosques et vendeuses ambulantes dans des zones difficiles d’accès).
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Interview d’Estelle Juré, responsable des opérations nutrition pour le Gret au Burkina Faso http://www.alimenterre.org/ressource/reseaux-distribution-bouillies-fortifiees
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**