
Au Burkina Faso, les femmes occupent 80% du marché du karité. Un million et demi d’entre elles sont concernées par la collecte de noix et seulement 35000 font partie de groupements de transformatrices. Les femmes ne sont donc pas les principales bénéficiaires économiques de la transformation et de la commercialisation des produits du karité. Ce projet initié en 2010, consiste à apporter un appui aux unions et groupements de femmes de la filière, en vue de l’amélioration de leurs revenus, avec l’amélioration de la qualité des produits et des circuits de commercialisation.
Démarrage : Mars 2010
Lieu de réalisation : Burkina Faso
Budget : 222301
Origine et spécificités du financement : Fondation de France 15000euros
La filière karité a une importance socio-économique non négligeable au Burkina. Le karité est le troisième produit d’exportation et constitue une source de revenus pour les femmes, qui sont fortement représentées dans la chaîne de valeur de la filière. Toutefois, les inégalités de genre au sein de la filière impactent négativement les activités productives. De surcroît, la production locale est marginalisée sur les marchés car les producteurs font face à des produits importés plus adaptés aux exigences des consommateurs.
– Promouvoir le développement durable et équitable de la filière karité ;
– Améliorer la qualité et la présentation des produits, augmenter leur part de marché au niveau national et sous- régional ;
– Renforcer les capacités économiques des groupements sur les activités de production, transformation, commercialisation et diversification des produits ;
– Développer et renforcer l’esprit entrepreneurial des femmes afin de promouvoir leur autonomisation financière en vue d’une meilleure perspective de développement économique et social.
– Appui technique pour l’amélioration de la qualité et la diversification des produits (notamment le savon à base de beurre de karité);
– Appui en gestion commerciale, pour la définition d’une stratégie de promotion et de commercialisation des produits. Promotion de la filière à travers la participation à différentes foires, au niveau national (FIARA, FIDAK) et sous-régional (SIAO);
– Formation des membres des groupements en gestion et fonctionnement des organisations, accompagnement vers l’acquisition d’agréments, diffusion d’équipements ;
– Réalisation d’ateliers sur le genre et plaidoyer en faveur d’un renforcement de capacité des femmes.
– 6 petites unités de fabrication de savon ont été mises en place. Les femmes produisent des produits dérivés en plus grande quantité. Les unions sont maintenant dans une logique d’adaptation de leurs produits aux attentes des consommateurs : la qualité des produits, surtout l’emballage et l’étiquetage, s’est nettement améliorée avec le projet.
– 65 distributeurs ont été mis en place. Les groupements sont plus performants dans le commerce de leurs produits sur les marchés locaux et d’exportation. Ils ont une meilleure maîtrise économique de leur activité.
– Les chiffres d’affaires réalisés par les unions urbaines lors des foires sont en constante augmentation avec 17 millions FCFA en 2011 pour la FIDAK.
– Les conditions de vie des femmes des groupements ruraux se sont améliorées, les bénéfices nets pour ces groupements se situent entre 300 000 et 500 000 FCFA.
– Les actions menées au sein des groupements sont mieux coordonnées, l’autonomisation des femmes est favorisée et leur positionnement au sein de la filière est renforcé.
– Les femmes ont été placées au centre de l’action, afin qu’elles puissent s’exprimer et faire valoir leurs expériences, leurs attentes. Cela a participé à l’empowerment et au leadership des femmes rurales de la filière. Il en a résulté une plus grande capacité de négociation avec les hommes (maris et commerçants) autour de leurs intérêts économiques, ce qui n’était pas du tout le cas en début de projet.
A l’origine, les associations de femmes produisaient du karité surtout pour l’export. Le projet souhaite appuyer la relance au niveau local des produits à base de karité. Du point de vue de l’intégration de la thématique du genre, le projet a mis en place une structure innovante de plaidoyer communautaire, avec un théâtre-forum, conçu comme lieu d’expression des préoccupations. Enfin, la mise en place de fonds de crédit propres aux groupements, pour faciliter l’accès des femmes au financement, constitue également un marqueur d’originalité du projet.
Réseau Femmes en Action, Association Burkinabè pour la Promotion de la Jeune Fille (ABPJF), Association Féminine pour le Développement, Association RAGUSSI, RTS (RIM TERB SOM)
– Manque de coordination, d’organisation collective liée à une concurrence accrue sur les marchés extérieurs et le calendrier journalier des femmes productrices est très chargé (surtout en hivernage) ne permettant pas de poursuivre la production et la commercialisation de savon pendant cette période ;
– Manque de moyens de locomotion et de fonds disponibles qui compliquent l’approvisionnement en matières premières;
– Accès aux amandes de karité, mais absence de contrôle plus large sur les ressources naturelles (et notamment les arbres à karité);
– Persistance de préjugés négatifs sur les produits locaux et dévalorisation conséquente de leur prix d’achat par les commerçants.
Sensibilisation, conscientisation, responsabilisation des différents acteurs de la filière, ruraux et urbains. La concertation (à travers le théâtre forum ou les différents ateliers) a également été un outil crucial.
Pour les groupements ruraux, des formations sur l’organisation et le fonctionnement de ces structures donneraient aux productrices les moyens de se prendre en charge et de conduire leur organisation vers des objectifs identifiés et acceptés par l’ensemble des membres. Ces capacités pourraient ensuite rejaillir sur la production et la commercialisation du savon. Pour les groupements urbains, le défi est de réhabiliter l’image du beurre de karité en travaillant davantage sur la qualité du beurre alimentaire et cosmétique (désodorisation, adaptation aux goûts des consommateurs, etc.), et sur le professionnalisme des unions, pour répondre aux exigences des marchés urbains. Mettre en avant la plus-value du karité par rapport à d’autres produits alimentaires et offrir un prix compétitif permettra une prise de conscience des consommateurs autour des enjeux liés à la consommation locale.
Ce projet a été une réussite d’abord grâce à l’implication des femmes dans les activités. L’appui des hommes et le travail de concertation et de dialogue qui a été établi entre les acteurs communautaires est aussi essentiel. La réalisation d’enquêtes auprès de 200 consommateurs a permis une meilleure adaptation des produits aux attentes des urbains et a facilité leur commercialisation. La création d’un réseau de distribution structuré a permis de garantir l’accès des produits aux marchés urbains.
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**