La déforestation et pollution d’air sont des menaces notables au Parc National de Kakum (Ghana). Une cause principale est la demande de bois de feu pour la cuisson domestique. En concertation avec les villageois, l’ONG Microsfere a introduit des réchauds à gaz et a sensibilisé 70 femmes à leur utilisation et avantages.
Démarrage : Octobre 2015
Lieu de réalisation : Parc National de Kakum, Ghana
Budget : 8560
Origine et spécificités du financement : Agence de microprojets, Fonds propres
Notre présence dans les communes rurales du Parc National de Kakum (Ghana) depuis 2008 nous a permis de constater l’importante pression sur les ressources forestières ainsi que les impacts néfastes sur la santé des femmes provenant de la consommation de ces ressources pour la cuisson domestique. Une enquête menée dans ces communes montre que 95% des familles utilisent le système classique de cuisson dit « des trois pierres » (une casserole simplement posée sur des pierres entre lesquelles brule le bois). Ce système est hautement inefficace et génère des fumées toxiques.
Le projet de réchauds améliorés a deux objectifs, les deux étant liés à la problématique de changement climatique :
1. Ralentir le déboisement et préserver les ressources forestières en limitant la découpe de bois, les réchauds améliorés utilisant du GPL (Gaz du Pétrole Liquéfié) permettant l’arrêt complet de consommation de charbon ou du bois de feu ;
2. Diminuer l’émission de fumées toxiques et la pollution de l’air et ainsi améliorer la santé des femmes (problèmes respiratoires et oculaires).
– Création de comité de pilotage villageois pour le projet (représentants de Microsfere, Wildlife Division, trois villages).
– Enregistrement des femmes intéressées par l’acquisition d’un réchaud amélioré, suite à des réunions villageoises.
– Recherche des modèles de réchauds les plus appropriés pour le contexte local.
– Recherche de marché et obtention des devis.
– Distribution de 70 réchauds GPL dans 3 villages, faisant ainsi profiter 70 familles.
– Formation technique sur l’utilisation des réchauds et sensibilisation sur leurs avantages environnementaux et sanitaires.
– Suivi régulier de l’utilisation des réchauds et de la satisfaction des bénéficiaires.
Un total de 70 femmes et leurs familles a maintenant accès à une source de cuisson propre, efficace et rapide avec des résultats nets sur l’environnement, la santé et le bien-être des femmes. Plus précisément, les réchauds GPL fournis offrent les avantages suivants : a) zéro consommation de bois de feu et réduction de la déforestation, b) zéro émission de particules toxiques et de gaz à effet de serre, menant ainsi à une réduction de la pollution de l’air et une nette amélioration de la santé des femmes et des enfants en bas âge, c) rapidité et facilité d’utilisation, améliorant ainsi la qualité de vie des femmes et d) économies pour les familles car le coût de GPL est bien inférieur au coût d’achat de bois de feu.
L’originalité du programme est locale. Rares étaient les personnes (mois de 5% de la population) qui utilisaient à Kakum des systèmes de cuisson autre que le système classique des trois pierres. Nous avons pu démontrer aux populations locales que des systèmes abordables, efficaces et avec des avantages nets existent et peuvent être facilement mis en place. Notre projet a créé un effet « boule de neige » : des dizaines de femmes dans chaque commune d’intervention souhaiteraient maintenant avoir accès à un réchaud amélioré.
A Kakum nous travaillons en étroit partenariat avec la Wildlife Division, qui est l’administration locale compétente pour la gestion du parc national, ainsi qu’en partenariat avec le Comité de Pilotage, constitué des représentants de toutes les parties intéressées (Microsfere, Wildlife Division, villageois). Le projet a été financé à 50% par l’Agence de Microprojets.
La mise en place du projet en soit est relativement facile, car elle est le résultat d’une réflexion commune avec les bénéficiaires que nous connaissons depuis longtemps, et répond à des problématiques très concrètes. Du point de vue technique nous n’avons pas non plus rencontré des difficultés. Il y a cependant des éléments qui ont ralenti le projet, notamment la recherche et l’obtention de co-financement.
La seule solution concernant le problème de recherche de fonds est la patience et la persévérance. Par ailleurs, nous nous retournons vers des modèles de financement innovants, comme le crowdfunding.
Une amélioration à apporter est que la mise en place du programme de formation devrait presque coïncider avec la distribution des réchauds aux bénéficiaires. Nous devons aussi rester vigilants avec l’utilisation des réchauds, afin de garantir qu’ils sont effectivement utilisés au long terme et qu’ils ne sont pas abandonnés à cause de problèmes d’entretien.
La réussite de l’initiative tient d’abord au fait qu’elle répond premièrement à une problématique constatée sur le terrain, et deuxièmement à une demande provenant directement des femmes des villages où Microsfere opère déjà depuis 8 ans. Notre travail et présence réguliers ont permis de créer une étroite relation avec les bénéficiaires des villages ; cette relation est une clé pour le bon déroulement de l’initiative. La simplicité technique de l’initiative ainsi que la possibilité de la mettre en œuvre en plusieurs étapes en fonction du budget disponible sont d’autres facteurs de réussite. La sensibilisation continue des futurs bénéficiaires est indispensable pour une éventuelle généralisation du projet dans les communes ciblées par Microsfere.
Evaluation précise et quantitative des impacts environnementaux (taux de réduction de déforestation, des émissions de particules toxiques et de gaz à effet de serre), sanitaires (taux de réduction de maladies respiratoires, oculaires et autres, ainsi que du taux de réduction de mortalité infantile) et sociaux (amélioration de la qualité de vie des femmes) au niveau du parc National de Kakum.
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**