Observatoire

« A portée de mains », une autre production alimentaire et sociale en Ardèche

Le projet « A portée de mains » est né du souhait d’Aurélia ETIENNE de donner de la valeur aux aliments de qualité qui se perdent, en particulier les fruits. Elle cueille et transforme les fruits non récoltés, et elle a créé un support de lien social dans le sud de l’Ardèche.

Auteurs(s)

Aurélia
Etienne

Programme

Démarrage : Juillet 2015

Lieu de réalisation : Sud Ardèche

Budget : 21000

Organisme(s)

A portée de mains

VALS LES BAINS – 7600

Les Echandols 07

15Bénévoles

Média sociaux

ORIGINE ET CONTEXTE

Aurélia ETIENNE réside en Sud Ardèche, dans un territoire d’une grande richesse écologique, et elle est interpellée depuis longtemps par la quantité de fruits restés sur les arbres, alors qu’ils ont beaucoup de valeur.
Les systèmes de commercialisation comprenant un ou plusieurs intermédiaires excluent les fruits qui ne sont pas au calibre. De même, le temps de commercialisation ne permet pas systématiquement de récolter ceux qui sont trop mûrs ou fendus par la pluie. Cela peut représenter 10 à 20 % de la récolte d’une exploitation.
Par ailleurs, de nombreux vergers ne sont plus entretenus et les propriétaires particuliers n’ont pas toujours la possibilité de récolter leurs fruits (déprise agricole, résidents secondaires qui ne sont pas présents au moment de la récolte, manque de temps ou de moyens pour conserver une quantité importante de fruits…). Parmi eux, des vergers de variétés anciennes devenant rares, alors que leurs qualités gustatives sont souvent exceptionnelles.

Objectifs

– Re-donner de la valeur à ces fruits restés sur les arbres, en les récoltant et en les transformant en une large gamme de produits de qualité et les réintégrer dans le circuit marchant.
– Sensibiliser au gaspillage alimentaire, à la richesse de nos ressources écologiques, susciter une réflexion sur notre façon de nous alimenter.
– Créer un support de partage et de lien social

ACTIONS MISES EN OEUVRE

– Mise en place de partenariats avec les propriétaires (agriculteurs et particuliers). Les contreparties proposées sont des produits réalisés ou une journée de travail sur leur structure. Le fait de finir de récolter des arbres arrange les propriétaires d’un point de vue sanitaire car cela limite les contaminations de l’année à venir.
– Réalisation d’une quarantaine de produits, la plupart sans sucre ajouté.
– Participation à l’entretien de 2 vergers de pommiers, ainsi qu’à l’organisation de chantiers de « glanage social » et d’ateliers sur la conservation et la transformation des fruits, avec l’association CIVAM et 2 centres sociaux accueillant des jeunes et des adultes en difficultés.
– Accueil des personnes qui souhaitent participer à l’activité et se former. Nous sommes plusieurs femmes qui pratiquons la transformation des fruits sur le secteur, à échanger ensemble et à nous entraider. De même, Aurélia échange régulièrement avec les personnes qu’elle côtoie sur sa démarche et les questions d’agriculture et d’alimentation, du fait de vendre en direct.

Résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs

– Durant cette première année, transformation de 1,5 tonnes de fruits qui seraient restés sur les arbres.
– Liens tissés avec une quarantaine de propriétaires qui, par cette occasion, interrogent leurs pratiques.
– Pour cette première année, récole sept fruits différents, avec une attention particulière pour les variétés anciennes cévenoles. 95 % de ces fruits n’ont pas été traités.
– A une échelle locale, contribution à la préservation des vergers laissés à l’abandon et à valoriser les ressources locales
– 2500 unités vendues (pots, bouteilles, sachets), pour un total de 11300€

Originalité

Aurélia se définit comme une « paysanne sans terre ». Elle produit des aliments, mais aussi du lien social. Cette activité de cueillette et de transformation est un formidable support d’échange et d’accueil, qui permet le « faire ensemble » et suscite des questionnements, notamment sur nos pratiques alimentaires.

Partenariat(s)

Natura Scop, la Cuma, le Groupement d’Intérêt Economique Plantes Aromatiques et Médicinales Ardèche pour le séchage des fruits, le Centre social Villeneuve de Berg, l’Institut Médico-Educatif de Lalevade, un collectif de producteurs avec qui nous vendons ensemble, des agriculteurs-transformateurs avec qui nous travaillons et échangeons régulièrement, des associations travaillant pour des campagnes vivantes et solidaires telles que le CIVAM et Accueil Paysan, les propriétaires des arbres, la mairie de Vais les Bains, l’office de tourisme d’Aubenas Vals, la chambre d’Agriculture.

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés pendant la mise en œuvre :

– La principale difficulté est de parvenir à s’organiser pour gérer la masse de travail importante et très variée, en menant cette activité seule. Si l’on veut vendre soi même, les domaines de compétences sont très variés et impliquent d’être polyvalent: conduire un verger, connaître les techniques de transformation et les aspects réglementaires, les techniques de vente et concevoir des supports de communication adaptés.
– Par ailleurs, l’aspect physique n’est pas négligeable à prendre en compte en tant que femme. L’ergonomie des outils de travail est conçue essentiellement pour des hommes.
– Concernant les récoltes, Aurélia n’a pas les capacités de ramasser tous les fruits sur les arbres seule

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

– Aurélia a dû être inventive et s’adapter, redimensionner son projet par rapport à ses moyens, réduire le nombre de produits réalisés de façon à avoir des gammes plus longues. Elle a revu les charges à soulever en fonction de sa force physique et trouvé des caisses plus petites.
– Pour les journées en atelier de transformation elle adapte la quantité de fruits qu’elle va travailler par rapport à sa propre capacité, de façon à ne pas s’épuiser.
– Tisser un maximum de liens avec des structures partenaires et des producteurs avec qui nous avons un système d’entraide et d’échanges.
– Accueillir des chantiers de glanage social.
– Accompagnement régulier par Natura Scop dans le développement de son activité.

Améliorations futures possibles :

– Création d’une structure associative afin de formaliser la place des bénévoles, et d’ouvrir à d’autres.
– Tisser d’autres partenariats et d’autres liens, comme avec le secours populaire ou l’aide alimentaire d’Aubenas.
– Embaucher ou s’associer avec une autre personne.
– Développer la vente sur commande, notamment aux comités d’entreprises et aux AMAP.

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou un essaimage :

Ne pas rester seule, se faire accompagner, développer des systèmes d’échanges et d’entraides, prendre du temps pour son organisation. Développer des modes de commercialisation adaptés à ses moyens. Savoir déléguer.

Idées de sujet(s) de recherche fondamentale ou appliquée, utile(s) pour le présent programme :

Création d’une filière de produits issus de fruits et/ou de légumes qui n’auraient pas été récoltés. Réfléchir à une structuration des acteurs déjà existant afin de réintégrer ces fruits dans le circuit marchant et de l’aide alimentaire.
Réfléchir à des systèmes d’organisation avec le public et les propriétaires des arbres pour permettre à toute personne qui le souhaite de récolter ces fruits.

Références

Pour les références techniques, ce sont tous les documents de cours du CFPPA de Florac et ceux de la chambre d’agriculture.

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Comité de lecture
Date de lecture de la fiche
15/11/2016
Localisation
France
ardeche
Appréciation(s) du comité
Source d’inspiration !
Domaine
Education et formationEnvironnementRéseaux, coopérationsAlimentation
Type de structure
EntrepriseParticulier(s)
Envergure du programme
Locale
Bénéficiaires
Universel
Type d’action
Lutte contre le gaspillage alimentaire
Type d’objectif
Création et renforcement du lien socialRéduction/traitement des déchets, économie circulaireSynergie entre les acteurs du territoire
Localisation
Licence

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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**