Le café cantoche à Saint-Geniès-de-Malgoirès (30) est un lieu créateur de lien social qui favorise l’accès à une consommation locale et raisonnée. On y réhabilite un café proposant de la petite restauration, ainsi que des événements ponctuels, couplé à un service de restauration collective.
Démarrage : Novembre 2015
Lieu de réalisation : Saint-Geniès-de-Malgoirès
Origine et spécificités du financement : Europe : Leader, Région : Essor, département, fondations et fonds propres
Il n’y a plus de lieu de rencontre dans le village de Saint-Geniès-de-Malgoirès (30). Le café, vieux de 200 ans est fermé, la population est issue de milieux culturels et sociaux très variés et ne se rencontre pas actuellement. Trois habitantes du village souhaitent participer à l’ouverture d’un café solidaire tout en ayant pour volonté d’apporter de la qualité alimentaire aux enfants scolarisés. Le café étant vaste, mais à réhabiliter, il peut héberger ces deux activités, permettant une mutualisation des ressources. Ainsi, les enfants, mais aussi tout particulier, pourront accéder à un repas équilibré et cuisiné sur place, avec des produits issus des circuits-courts, rompant ainsi avec le traditionnel paradigme des cantines scolaires approvisionnées par un géant de la cuisine industrielle.
– Proposer un lieu de vie et de rencontre aux habitants du village, composé d’une population multiculturelle et intergénérationnelle.
– Objectif social et écologique. « Les cantines sont un lieu d’égalité sociale et une formidable opportunité d’affirmation du service public. Elles sont aussi un levier fondamental du changement de nos pratiques économiques, sociales et environnementales ».
– Soutenir le développement économique local en travaillant en circuits-courts mais aussi en proposant une salle de co-working.
– Création d’une société coopérative d’intérêt collectif avec 11 sociétaires, dont une association locale œuvrant dans des domaines variés mais tournée vers l’animation et le développement rural en tentant de maintenir et renforcer le lien social, de plus en plus fragilisé.
– Animation participative d’une réunion publique (80 participants) de présentation du projet et de ses problématiques, suivi d’une dégustation.
– Diverses rencontres auprès des élus locaux (commune, communauté de communes, département) pour aborder les questions liées à l’alimentation, aux projets citoyens coopératifs mais aussi pour aborder la question du rôle des marchés publics dans l’approvisionnement des restaurant scolaires.
– Plans de café intégrant une cuisine centrale par une architecte expérimentée, en collaboration avec les porteuses de projet. Conception d’un triporteur électrique réfrigéré pour la livraison en restaurant scolaire, en collaboration avec une entreprise locale.
– Rencontre de producteurs locaux.
– Des activités socioculturelles seront proposées au café, de tout type et en suivant les propositions des gens, de façon à activer la mixité sociale. Concernant le service de restauration scolaire, l’idée est de proposer un meilleur rapport qualité/prix des repas aux familles, en assurant une livraison de 220 couverts pour les deux écoles du village.
– Suite à la réunion publique (80 participants), de nombreux contacts ont été établis : futurs sociétaires, médias, élus, producteurs…
– Accueil positif et demande pour une livraison à domicile des personnes âgées, les personnes vivant ou travaillant au village autour du futur du café étaient intéressées par le projet; élus municipaux interpellés par la question des repas servis aux enfants.
– 11 sociétaires pour la SCIC et 16200€ de capital libérés.
– Forme juridique innovante (SCIC) qui permet l’implication de toutes les parties prenantes (salariés, clients, bénévoles, parents d’élèves, acteurs socio-culturels, fournisseurs, élus).
– Livraison des repas en triporteur réfrigéré et en liaison chaude pour préserver la qualité gustative.
– 1 repas végétarien pour tous, par semaine.
– Boissons servies au café uniquement locales ou bio/équitables.
– Intégration dans le café d’une salle de coworking, en milieu rural.
– Ateliers culinaires du goût autour de différentes thématiques et dans une optique globale d’éducation au respect des saisons, à l’anti-gaspillage.
– Proposer dans un café-restaurant le même menu que celui livré aux enfants à l’école dans un objectif d’optimisation mais aussi de sensibilisation et pour casser de nombreuses idées reçues.
– Union régionale des SCOP : accompagnement à la création de la SCIC
– Airdie : outils de financement solidaire
– Chef étoilé : mécène du projet
– Les réseaux des colibris locaux
– Le pays de Garrigues et costières de Nîmes : en charge des financement LEADER
– Associations travaillant avec des producteurs : Solidarité paysan, ADEARG, Confédération paysanne
– Association Un+bio
– Difficulté à intégrer un marché public.
– Difficultés et lourdeurs administratives nécessitant un important investissement en temps.
– Être dans une démarche de pédagogie auprès des élus mais aussi des citoyens, pour démontrer l’importance que tous s’emparent à leur niveau des sujets qui peuvent paraître hors de portée : tenue d’une réunion publique participative et disponibilité pour de très nombreuses rencontres avec élus, associations, producteurs, commerçants, parents d’élèves, équipe pédagogique des écoles.
Mieux développer le tissu des producteurs locaux et intégrer ceux qui le souhaitent parmi les sociétaires de la SCIC : une catégorie de sociétaires est prévue à cet effet dans les statuts.
– Equipe complémentaire : soutien et multi-compétences permettant d’avancer et de rester crédibles suivant les questions abordées.
– Motivation primordiale et nécessité de s’entourer d’experts lorsque c’est nécessaire.
– A quel point un collectif de citoyens peut-il s’emparer d’une question de santé générale, via l’alimentation des enfants; le système d’appel d’offres publiques est-il adapté au déploiement d’un tel projet?
– Quels liens et quels retours d’expérience entre coopératives et marchés publiques?
– Les actions bottom-up portées par des femmes.
Claudel, J. et Veyrat, S.« Quand les cantines se rebellent » (2015)
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**