Observatoire

« Renouer » avec le monde du travail par la Cueillette Solidaire, une meilleure utilisation des ressources locales et moins de gaspillage alimentaire

La Cueillette Solidaire de fruits et d’olives mise en place en 2012 par l’Association RENOUER dans les Alpes Maritimes permet de créer des activités professionnelles et de réinsérer socialement des personnes en recherche d’emploi, tout en limitant le gaspillage alimentaire des ressources naturelles locales.

Auteurs(s)

Claude
Benassi

Fiche rédigée par Louise Véron

Programme

Démarrage : 2012

Lieu de réalisation : Grasse et ses environs (Alpes Maritimes)

Origine et spécificités du financement : Auto-financement, Subventions de l’Etat (2% du Chiffre d’Affaire) par les aides au poste (1300€ par an et par poste)

Organisme(s)

Renouer Groupe Coopératif

Grasse – 06130

9 Chemin du Lac

150Salariés

200Bénévoles

50Adhérents

Site internet

Média sociaux

ORIGINE ET CONTEXTE

Renouer est une association intermédiaire dont la vocation est la lutte contre le chômage et l’exclusion socioprofessionnelle par la création d’activités à destination de personnes peu qualifiées (insertion par l’activité économique). Elle existe à Grasse depuis 1993. Son directeur, Claude Benassi, avait conscience du nombre important d’arbres aux fruits non récoltés dans les Alpes Maritimes (oliviers et orangers principalement), et du gaspillage alimentaire que cela représente. En 2012, l’action de Cueillette Solidaire a été lancée à la suite de rencontres d’amateurs de cueillette et partenariat avec des propriétaires de domaines non exploités.

Objectifs

-Créer des emplois en luttant contre le gaspillage alimentaire
-Fédérer propriétaires, bénévoles, salariés et clients, autour d’intérêts communs, dans une structure de type coopérative
-Travailler au rapprochement des mouvements similaires de toute la France afin de promouvoir les valeurs de lutte contre la gaspillage alimentaire et d’exploitation des ressources locales

ACTIONS MISES EN OEUVRE

-Près de 300 bénévoles ont participé aux cueillettes de fruits et d’olives sur les terrains de propriétaires privés ou sur le domaine public sur la base de conventions annuelles.
-Un groupe d’une centaine de personnes se mobilise régulièrement (1 à 3 fois par semaine) pour aller cueillir les fruits des propriétaires de domaines demandeurs.
-Des personnes ont été embauchées en contrat aidé pour l’exploitation d’oliveraies au travers de conventions pluriannuelles. Ces personnes sont ensuite intégrées à la structure de transformation des olives et des fruits cueillis par les bénévoles, qui produit par exemple de l’huile d’olive, des confitures d’orange amère, du vin d’orange, etc.
-Un chantier et un atelier d’insertion ont été créés en 2015 pour embaucher des personnes en agriculture périurbaine pour l’entretien des parcelles délaissées par les propriétaires des domaines.
-Les fruits cueillis en petite quantité sont vendus aux adhérents dans les locaux de l’association, sur les marchés, à des grossistes bios, ou en ligne via le site Internet.

Résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs

-La cueillette solidaire a été un succès immédiat : une centaine de propriétaires-donneurs ont fait appel à Renouer pour la récolte de leurs arbres fruitiers.
-La quinzaine de personnes embauchées pour la cueillette retrouvent une stabilité de vie.
-Les bénévoles trouvent un plaisir ludique à la cueillette, qui devient un moment convivial.
-En 2015, 30 tonnes de fruits ont été récoltées, dont 13 tonnes d’olives, ce qui a permis la production de 2000 litres d’une huile de grande qualité.
-Un colloque a été organisé en octobre 2015 pour regrouper une quinzaine de programmes similaires de cueillette et de glanage en France.
-La Cueillette Solidaire est soutenue par la Fondation Carasso et a obtenu en 2013 le Prix de l’Initiative en Économie Sociale attribuée par la fondation du Crédit Coopératif.

Originalité

La Cueillette Solidaire n’est pas un programme caritatif : il permet aux personnes en situation de précarité de se réinsérer socialement par le travail en cueillant et en transformant les fruits sur des terrains à l’abandon et ainsi en limitant le gaspillage de ressources alimentaires locales. Il permet aussi la valorisation de zones agricoles périurbaines délaissées et contribue au développement d’un modèle d’agriculture périurbaine durable.

Partenariat(s)

-Subventions de la Direction Régionale des Entreprises de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi de Provence-Alpes-Côte-D’azur, du Conseil Général des Alpes maritimes et de la ville de Grasse
-Conventions avec les villes voisines qui montrent leur attachement à l’Economie Sociale et Solidaire et au développement durable.
-Échanges de savoir-faire avec des entreprises et coopératives locales pour la transformation des produits : La source parfumée à Gourdon, La ferme de Saint Jean à Grasse, Les senteurs du claut à la Tour sur Tinée, la Coopérative Oleicole à Saint Cézaire, le moulin d’Oppio , le moulin de St Anne, Petiti à Antibes, le NEROLIUM à Vallauris, l’Etablissement et Service d’Aide par le Travail La Bastide, des artisans locaux…

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés pendant la mise en œuvre :

-La récolte d’olives est un travail long et éprouvant : ce n’est ni une activité très productive, ni rentable.
-Les produits locaux récoltés ne permettent pas de nourrir des personnes en situation de précarité alimentaire, car ce ne sont pas des produits alimentaires de consommation courante.
-Les personnes en situation de précarité alimentaire ne s’intéressent pas vraiment à une activité bénévole de cueillette.

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

-L’embauche de personnes peu qualifiées et/ou en situation de précarité permet à celles-ci de s’intéresser à la cueillette.
-Le problème de l’accès de ces personnes à des produits alimentaires haut-de-gamme reste posé.

Améliorations futures possibles :

-Élargir la gamme de produits proposés
-Développer des partenariats pour l’entretien de terrains complantés et créer ainsi de nouveaux emplois
-Étendre les activités de cueillette et de transformation au département voisin du Var

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou un essaimage :

La création d’activités professionnelles paraît être un moyen plus efficace pour soutenir les personnes en situation de précarité et/ou d’exclusion sociale que de « simples » aides alimentaires. Cette approche responsabilise les personnes et leur donner les moyens de se prendre en main. La création d’emplois nécessite une bonne connaissance des problématiques et des besoins locaux.

Idées de sujet(s) de recherche fondamentale ou appliquée, utile(s) pour le présent programme :

Travaux de Pablo Servigné sur les problématiques de l’agriculture post-pétrole :
Nourrir l’Europe en temps de crise : Vers des systèmes alimentaires résilients, Broché, 2014

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Comité de lecture
Date de lecture de la fiche
2016-07-04
Localisation
France
alpes-maritimes
Appréciation(s) du comité
A généraliser !
Domaine
EnvironnementAgricultureAlimentationEmploi et insertionExclusion et isolement
Type de structure
Association, collectif, ONG
Envergure du programme
Locale
Bénéficiaires
Chômeurs
Type d’action
Lutte contre le gaspillage alimentaire
Type d’objectif
Aide et insertion (personnes handicapées/chômeurs…)Création et renforcement du lien socialRéduction/traitement des déchets, économie circulaireMaintien et/ou création direct(e) d’emplois
Localisation
Licence

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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**