Des éleveurs qui se regroupent et qui mobilisent leur milieu pour racheter le seul abattoir de la région afin d’offrir une viande locale de qualité aux consommateurs de la MRC Antoine-Labelle (Laurentides) avec la Coopérative de solidarité des éleveurs des Hautes-Laurentides.
Démarrage : Janvier 2014
Lieu de réalisation : Ferme-Neuve (Laurentides)
Budget : 40000
Origine et spécificités du financement : Par les membres de la coop (1000 $ chacun) et le CLD / MRC (pacte rural et fonds propres).
Coopérative de solidarité des éleveurs des Hautes-Laurentides
Ferme-Neuve – JOW 1C032, route 309 Sud
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La Coopérative de solidarité des éleveurs des Hautes-Laurentides a été formée dans le but de sauver l’abattoir de Ferme-Neuve, un village situé dans la région des Laurentides. L’élevage occupe une place de choix dans cette région et la demande pour la viande locale est forte. Une trentaine de producteurs de la région se sont donc mobilisés et ont sensibilisé des partenaires régionaux pour compléter un montage financier permettant l’achat de l’abattoir en 2014. Cette coopérative de solidarité permet aux éleveurs d’abattre leur viande localement et aux consommateurs de profiter d’une viande locale de qualité.
Les objectifs de la Coopérative de solidarité des éleveurs des Hautes-Laurentides sont :
– Offrir un service d’abattage local.
– Répondre aux besoins des éleveurs de la région des Laurentides.
– Fournir de la viande de qualité produite localement aux consommateurs.
Pour détenir l’abattoir, les instigateurs du projet ont :
– Sensibiliser le centre local d’emploi et les acteurs économiques locaux ;
– Mobiliser 30 producteurs agricoles ;
– Créer une coopérative ;
– Acheter l’abattoir de Ferme-Neuve en 2014 ;
– Rénover l’abattoir.
L’abattoir a été dans une phase d’essai à partir de l’automne 2014 et a été inauguré officiellement le 20 août 2015. Les impacts de la coopérative sont davantage d’ordre qualitatif. La coopérative a permis de mobiliser le milieu, de mettre en opération un abattoir et de créer un sentiment de fierté régional au sein des producteurs.
La création d’un abattoir coopératif dans les Laurentides relève de l’exploit, car personne ne souhaitait acheter cet abattoir. Plutôt que de se laisser abattre, les producteurs ont décidé de se prendre en main et de préserver leur économie locale.
Plusieurs partenaires publics et privés ont contribué au projet :
– Centre local de développement Antoine-Labelle (CLD)
– Municipalité régionale de comté (MRC)
– Ministère de l’agriculture, des pêcheries et de l’alimentation (MAPAQ)
– Marché Grandeur Nature pour la mise en marché
– Des parts sociales solidaires ont été achetées pour les salles de découpe
– Des membres solidaires (vendeurs d’équipement, Desjardins, Meunerie du Moulin, Union des producteurs agricoles (UPA)
Le contexte économique de la mise en marché du bœuf a complexifié le rachat de l’abattoir, car le prix du bœuf a doublé, mais le prix à l’épicerie est resté stable. Cette situation a fait en sorte que la vente du bœuf à l’encan était plus lucrative que l’abattage local. De plus, plusieurs producteurs en fin de carrière ont vécu difficilement les changements effectués à l’assurance stabilisation, ce qui a ralenti leurs ardeurs quant au rachat de l’abattoir.
La tenue de livres était difficile, ce qui nuisait à la pérennité du projet. Le CLD a repris en main la tenue de livres et prête même certains de ses effectifs. La gestion de la coopérative était déficiente. Le plan de développement de la zone agricole (PDZA) a permis d’engager un directeur général à temps partiel. Le statut d’abattoir de proximité ne permet pas aux éleveurs de vendre eux-mêmes leur viande. La coopérative s’est associée à des salles de découpe de viande sauvage et elle s’est servie d’une interface web (fournie par le marché Grandeur Nature) pour faire la mise en marché de la viande.
N/C
Les facteurs de succès sont la forte implication des membres, l’identification claire des besoins de la communauté pour la viande locale et la viande sauvage, l’implication de partenaires clés comme le MAPAQ, le CLD, la Coopérative de développement régional (CDR) ainsi que la réponse positive de la clientèle.
La réglementation sur les abattoirs de proximité complique la mise en marché de la viande.
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**