
L’initiative «Fermiers de famille», lancée il y a 20 ans par l’organisme Équiterre, permet de mettre en relation les producteurs biologiques locaux avec les consommateurs. En plus de favoriser l’agriculture biologique de proximité, ce projet permet aux agriculteurs d’obtenir un revenu équitable et prévisible. En 2015, 86 fermes nourrissaient 13 000 ménages québécois.
Démarrage : Janvier 1996
Lieu de réalisation : Région de Québec
Budget : 250000
Origine et spécificités du financement : Autofinancement, cotisation des fermes, abonnements à Équiterre (10$), paiement des paniers, services-conseil, visites de fermes, Métro (commandites), MAPAQ – programme proximité
Équiterre
Montréal (Québec) – H2X 3V4Maison du développement durable 50, rue Sainte-Catherine Ouest Bureau 340
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Un projet pilote nommé «Fermiers de famille» a été lancé en 1995. Il a démarré avec la ferme Cadet-Roussel qui distribuait des paniers à des citoyens qui les payaient à l’avance. Les citoyens achetaient une part de récolte pour l’année. Ce projet-pilote s’inspirait de l’agriculture soutenue par la communauté. Ce fut un succès immédiat. Dès la deuxième année, 7 fermes se sont jointes au réseau des fermiers de famille. Le réseau des fermiers de famille fut officiellement créé en 1996. On constate une augmentation en continu des fermes depuis 20 ans. Le réseau semble avoir atteint sa maturité, car on voit une stabilisation du nombre de fermes depuis quelques années. Toutes les fermes membres du réseau fermiers de famille sont certifiées biologiques ou en voie de l’être.
L’objectif du réseau des fermiers de famille est de favoriser l’agriculture biologique de proximité ainsi que l’agriculture familiale. Ce réseau permet de mettre en lien des producteurs biologiques locaux avec des consommateurs.
Le réseau des fermiers de famille rassemble 86 fermes qui approvisionnent 13 000 ménages québécois en produits biologiques locaux. Les ménages participants doivent payer à l’avance un certain montant d’argent afin d’offrir un certain fond de roulement aux producteurs. En saison, soit de juin à octobre, les producteurs distribuent leur production sous forme de paniers alimentaires que les ménages participants viennent chercher dans un commerce de proximité. Le commerce doit être ouvert à la clientèle des Fermiers de famille au minimum 1 heure et trente minutes. Sur place, des bénévoles, parfois accompagnés des fermiers, accueillent la clientèle. Les paniers sont distribués sur une base hebdomadaire ou bimensuelle. Certaines fermes offrent également des paniers d’hiver. Ces paniers d’hiver sont composés de légumes qui peuvent être conservés comme des courges, des oignons ou des patates. Les paniers coûtent environ 25$. Une saison comprend habituellement de 16 à 20 semaines de livraisons.
Le réseau des fermiers de famille regroupe 86 fermes participantes. Les fermes participantes sont soutenues par 21 fermes «associées». Ces fermes associées complètent les paniers avec des produits plus pointus (œufs, fromage, miel). Ces fermes desservent ensemble près de 13 000 ménages. Ces 13 000 ménages regroupent au total 40 000 individus. Tout le Québec est couvert par le réseau des fermiers de famille à l’exception de la Gaspésie et les îles de la Madeline, le Nord-du-Québec et la Côte-Nord. Des projets sont en démarrage au Saguenay-Lac-Saint-Jean et en Abitibi-Témiscamingue. Le réseau comprend 500 points de livraison. Le modèle d’agriculture soutenue par la communauté permet aux fermiers d’avoir une sécurité financière et de se concentrer sur la production de légumes.
Le réseau des Fermiers de famille est une réponse efficace au désir d’approvisionnement en produits biologiques exprimé par un nombre croissant de citoyens et aux difficultés de mise en marché vécues par les agriculteurs.
Des partenariats ont été développés avec une trentaine d’épiceries Métro. Les fermiers participants peuvent s’installer dans le stationnement du supermarché pour distribuer leurs produits. Il n’y a pas de vente sur place, car les paniers sont déjà vendus. Ce partenariat est avantageux pour l’épicier, car les citoyens peuvent compléter leur panier en se rendant à l’épicerie, mais également avantageux pour les fermiers, car ils peuvent faire découvrir leur service et être présents là où les gens consomment des produits alimentaires. Ce partenariat évite ainsi les multiples déplacements pour faire son épicerie. Des points de livraison ont aussi été installés dans les stations de métro et les gares de l’AMT. Ainsi, le travailleur n’a pas à changer son itinéraire et peut obtenir son panier en revenant du travail.
Quelques mauvaises expériences avec des événements climatiques ont parfois empêché certains producteurs de livrer les paniers promis (ex. : tornades, incendie). Cependant, grâce au réseau, les fermiers ont pu offrir des produits alimentaires gratuitement pour boucler la saison. Aussi, certains fermiers ont fait faillite en cours de route. Ces événements provoque une certaine frustration de la clientèle et peut complexifier le développement du projet.
Le réseau permet d’assurer l’approvisionnement aux citoyens et les critères de sélection ont été resserrés pour s’assurer que les fermiers participants ont les « épaules suffisamment solides » pour honorer leurs engagements.
Equiterre souhaite développer le milieu des entreprises en offrant aux employés d’une entreprise donnée des paniers. Cette formule permet aux employés d’aller chercher les paniers en sortant directement du travail.
Il y a un réel engouement des citoyens pour se réapproprier leur alimentation et se reconnecter à l’agriculture. Les citoyens souhaitent recréer un lien direct avec un fermier et redécouvrir le goût des légumes frais et biologiques. Il y a aussi une bonne relève dans l’agriculture biologique. La relève agricole est sensible à cette filière. Pour augmenter sa clientèle, Equiterre a simplifié le vocabulaire utilisé pour cesser de prêcher aux convertis. Par exemple, on ne parle plus de point de chute ni d’agriculture soutenue par la communauté, mais de partenariats et de points de livraison et d’abonnements. De plus, l’abonnement en ligne a été centralisé sur un logiciel. Autrefois, chaque fermier de famille avait sa propre méthode d’abonnement. Or, le système n’est cependant pas entièrement centralisé, car même si le point de rencontre est sur www.paniersbio.org, chaque ferme à son formulaire d’inscription. Certains formulaires sont en format papier, alors que d’autres sont en ligne, tout dépend du choix du producteur. Un projet-pilote est en cours pour avoir un logiciel facile et accessible pour tous.
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**