
Cette expérience de restauration des sols débutée en 2007 est une initiative paysanne d’application des connaissances endogènes d’atténuation des effets des changements climatiques et d’adaptation à ce phénomène. Elle est portée par un groupe de femmes Wend Panga de Ziou au Burkina Faso.
Démarrage : Septembre 2007
Lieu de réalisation : Commune de Ziou, Province du Nahouri, Région du Centre–sud au Burkina Faso
Budget : 12000
Origine et spécificités du financement : Financement national par PANA et APAF
L’APAF appuie le Groupement féminin Wend Panga dans la mise en de l’agroforesterie pour la récupération de terres dégradées dans la Commune Rurale de Ziou au Burkina Faso depuis 2009. Les membres de ce groupement, créé en 2001, disposaient de terres agricoles fertiles dans le Parc Faunique Tambi KABORE (155 500 ha) le long du fleuve Nazinon. En 2006, en application des lois sur la protection des rives du fleuve sur 7 km de large de part et d’autre, les femmes de Wend Panga ont été déguerpies. Des démarches ont été entreprises pour les relocaliser, mais sur des terres très pauvres, d’où leur initiative de récupération des terres.
Le programme a pour but d’entreprendre toutes initiatives utiles en vue d’améliorer la sécurité alimentaire ainsi que les conditions de travail et d’existence des membres du groupement Wend Panga:
– renforcer les capacités techniques et de gestion de femmes agricultrices,
– faciliter l’accès des femmes membres aux facteurs de production agricole (la terre, les intrants, les équipements, le crédit),
– faciliter la récupération des terres dégradée,
– accroître le niveau de représentativité des femmes partout où besoin est et défendre leurs intérêts
Les activités engagées avec l’appui d’APAF et d’autres partenaires à partir de 2008 sont : (1) la création de fosses de compostage, (2) l’agroforesterie, avec la création de pépinières et la plantation d’arbres fertilitaires dans les champs en association aux cultures, (3) la pratique des semis sous couvert, (4) le paillage des sols cultivés avec les résidus des récoltes et des herbes fauchées, (5) la création de cordons pierreux pour réduire le ruissellement des eaux de pluie, (6) la formation des femmes aux techniques culturales et technologies appliquées, (7) l’utilisation de semences améliorées sélectionnées, (8) l’information et sensibilisation des populations sur les problèmes environnementaux y compris par la radio rurale Pagalayiri des femmes de Zabré.
(1) Renforcement des capacités techniques des 65 femmes du groupement Wend Panga sur les productions (maïs, sorgho, niébé et sésame) et sur les méthodes et moyens de restauration et de régénération des sols, (2) Construction de 65 fosses compostières, (3) Pratique de l’agroforesterie sur 52 ha, (4) Construction de 16 000m de cordons pierreux, (5) Utilisation de semences améliorées, (6) Restauration de la fertilité des sols et abandon des intrants chimiques depuis 2012, (7) Augmentation des rendements (maïs et sorgho : 200kg/ha en 2007-2008 à 4T/ha en 2013-2014, niébé : 25kg/ha en 2007-2009 à 1T/ha en 2013-2014, sésame : 600kg/ha à 1,3T/ha), sensibilisation sur les effets des changements climatiques sur 100 km avec la radio Pagalayiri des femmes de Zabré.
Cette expérience a été initiée par une femme engagée et est portée par un groupe de femmes organisées, volontaires et motivées. L’initiative porte sur l’atténuation des effets des changements climatiques et la récupération des terres fortement dégradées. Elle met en lumière des solutions afin d’augmenter, de diversifier les productions et de protéger la biodiversité. Wend Panga relève les défis des paysans sahéliens avec un système agro-écologique innovant grâce à la médiatisation et le partage d’expériences.
Les partenaires sont : la Fédération des Professionnels Agricoles du Burkina (FEPAB), la Confédération Paysanne du Faso (CPF), les services techniques agricoles de la province du Nahouri pour des appuis conseils et des formations, le Plan National d’Adaptation aux Changements Climatiques du Burkina Faso (PANA) qui a subventionné le groupement en 2009, l’Association pour la Promotion des arbres fertilitaires et l’agroforesterie (APAF) pour la formation et le suivi de l’agroforesterie.
– Difficultés de retrouver des terres pour relocaliser les femmes après avoir été chassées des rives du fleuve Nazinon par l’Etat en 2006 ; Insécurité foncière persistante car les femmes ne disposent d’aucun titre officiel de possession des terres mises en valeur. Or, à cause du retour de la fertilité des terres les propriétaires qui les avaient abandonné tentent de les reprendre ;
– Pauvreté des terres obtenues au départ ;
– Pauvreté extrême des femmes (et de leur famille) au départ pour faire face aux dépenses de mise en valeur des terres ;
– Analphabétisme d’une proportion importante parmi les femmes qui a constitué un facteur limitant la maîtrise des technologies à adopter ;
– Insuffisance de financement extérieur pour soutenir les femmes dans leurs efforts d’adaptation aux changements climatiques.
– Difficultés d’acquisition des terres et Insécurité foncière : Mme SIA la Présidente de Wend Panga a pu entreprendre des démarches auprès des autorités locales. Les terres obtenues étaient très pauvres, ce qui a contribué à faciliter leur acquisition ; De plus, étant donné la Loi n° 034/2009/AN relative à la sécurisation foncière en milieu rural au Burkina Faso non-appliquée, le problème de menace des propriétaires terriens demeure ;
– Pauvreté des sols : mise en place des technologies (paillage, compostage, cordons pierreux, agroforesterie, culture sous couvert). Les augmentations de rendements indiquent le retour de la fertilité ;
– Insuffisances de financement extérieur et pauvreté des femmes : Mme SIA a obtenu le soutien du PANA et d’APAF. : un crédit a été contracté par le groupement entre 2008 et 2010, afin d’aider les femmes dans l’acquisition des intrants et la réalisation des travaux agricoles. Aujourd’hui, elles autofinancent leurs travaux ;
– Renforcement des capacités des femmes responsables du groupement sur la gestion des stocks et la vente groupée ;
– Équipement des femmes en matériel post – récolte (batteuse, égreneuse, nettoyeuse) pour améliorer la qualité des récoltes ;
– Mise en place d’une certification bio par l’introduction d’un cahier de charges et la formation des femmes sur le Système participatif de Garantie (SPG) qui constitue la méthode de certification bio du Burkina Faso ;
– Introduction de l’agroforesterie dans les exploitations familiales des femmes par embocagement et plantation d’arbres fertilitaires à même les champs.
– Engagement de la Présidente ainsi que ceux des autres femmes membres du Groupement ;
– Soutien des propriétaires terriens et des autorités administratives et politiques locales ;
– Appui financier du PANA et d’APAF ;
– Accompagnement et suivi technique des partenaires (FEPAB, CPF, APAF, services techniques étatiques)
Plus de 80 autres groupements de la Province du Nahouri imitent Wend Panga en mettant en œuvre les mêmes technologies dans leurs exploitations agricoles.
Il reste à travailler sur le savoir-faire et la motivation de ces femmes pour faire de la recherche-action avec elles, afin de renforcer l’efficacité et la diffusion des techniques agro-écologiques qui ont fait leurs preuves.
Il faudrait réaliser une évaluation socio-économique pour une véritable capitalisation. Il faut étudier les effets induits sur le reste de la population et instaurer des processus de suivi. La vulgarisation des résultats de cette capitalisation permettra d’étendre largement les actions d’adaptation des populations rurales du Burkina aux changements climatiques et contribuera à la sécurité et la souveraineté alimentaires, tout en préservant la biodiversité et les ressources naturelles.
Voir annexe: Étude d’un cas d’adaptation aux changements climatiques dans la Commune Rurale de Ziou au Burkina Faso : « Récit d’une Expérience de Récupération de Terres Dégradées par le Groupement Wend Panga des Productrices Agricoles de Ziou sous l’Impul
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**