Observatoire

Apiculture et viticulture traditionnelle en Occitanie

Apicultrice et viticultrice en conversion biologique de ses vignes à St Cyprien dans les Pyrénées-Orientales, Roselle Héricourt commercialise sa production de miel de crus, obtenus par transhumances de ses ruches, en vente directe et circuits-courts sur les marchés et quelques points de ventes locaux.

Auteurs(s)

Roselle
Hericourt
Chèffe d’exploitation

Programme

Démarrage : Juillet 2010

Lieu de réalisation : St Cyprien

Budget : 5000

Origine et spécificités du financement : Emprunt bancaire

Organisme(s)

Héricourt Roselle

St CYPRIEN – 66750

Les arènes ch de la varnede

ORIGINE ET CONTEXTE

Suite à la naissance d’un premier enfant et après dix ans d’emplois salariés, en tant qu’assistante commerciale au sein d’entreprises de différents secteurs d’activités, entre Paris, Genève et Perpignan, j’ai fait le choix d’un nouveau mode vie, plus compatible avec mes aspirations profondes. La qualité de vie, le respect de l’environnement, l’aspect humain et la famille sont les principales motivations de mon projet d’installation en agriculture. La possibilité de faire mes propres choix sur des aspects stratégiques et économiques de mon exploitation a contribué fortement à ce choix de reconversion professionnel. Possédant actuellement 200 ruches environ, je suis passionnée par l’observation de la nature, que j’espère contribuer à préserver, par mes activités d’apicultrice et de viticultrice avec 4,5 hectares de vignes biologique non irriguées. Mon conjoint travaille avec moi sur l’exploitation.

Objectifs

L’objectif est de diversifier les productions de mon exploitation. En apiculture: production de miels de crus et élevage d’essaims d’abeilles, comme principales productions. En viticulture: production de pur jus de raisins blancs bio, de vins doux naturels de Muscat de Rivesaltes et de Rivesaltes.
Le raisin bio que je produis et la cave coopérative qui transforme et commercialise actuellement mon raisin, mène une filière biologique dans laquelle je souhaite inscrire ma production dès que celle-ci sera mise en œuvre. J’ai prospecté les vignerons alentours de mon exploitation, afin de développer la vinification d’une cuvée millésimée biologique, en vins blanc sec AOC Côte du Roussillon. L’objectif est de valoriser ma production et de commercialiser environs 2000 bouteilles de jus de raisins dès à présent et de vins dans le future, sur mon stand du marché avec le miel. Je projette de distribuer mon jus et mon vin, dans des restaurants et quelques points de ventes bio locaux.

ACTIONS MISES EN OEUVRE

– Avec 200 ruches en production environ, je produis différents miels de crus, issus des fleurs sauvages des Pyrénées-Orientales.
Miels de printemps : romarin et garrigue des Corbières, toutes fleurs de printemps ; Miels d’été : forêt de Boucheville dans les Fenouillèdes, maquis (lavandes- thyms), autre appellation forêt, Pyrénées à une altitude de 1000 mètres, miel de rhododendron en Cerdagne (Haute montagne) à une altitude 1800m.
– Grâce aux transhumances tout au long de la belle saison, les abeilles suivent le printemps et ses fleurs, jusqu’à la fin de l’été en haute montagne. Mes miels sont obtenus par extraction à froid et mis en pots à la main de manière artisanale. L’abeille noire catalane, race avec laquelle je travaille, est une abeille locale, bien adaptée aux conditions climatiques des P.O et d’une bonne productivité.
– Le jus de raisins est pressé, pasteurisé et mis en bouteilles par la Ste Sibio au Soler (66). Le cépage: Malvoisie du Roussillon est local lui aussi.

Résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs

– L’abeille est au cœur du dispositif de sauvegarde de l’environnement. Le miel, consommé par l’homme depuis la nuit des temps, est un des rares produits qui ait conservé son caractère entièrement naturel. Les conditions climatiques lors des saisons de production de miel et mon manque d’expérience et de références sur la valeur de mes emplacements de ruchers, rendent les productions aléatoires de l’ordre de deux tonnes de miel environ cette année soit 10 kilos de miel par ruche.
– La conversion des vignes en bio entraîne un manque à gagner important de la production, moins de 10 hectolitres par hectares en 2013/4) soit 50% de moins qu’en culture conventionnelle.
– Elle entraîne également, une surcharge de travail non négligeable, surtout pour le désherbage entre les pieds des vignes sur le rang, ainsi que pour l’épamprage (ébourgeonnage) des ceps de Muscats petits grains.
– Les vignes sont taillées en gobelets de façon traditionnelle et non mécanisées.

Originalité

– L’originalité du projet de vinification réside dans les deux cépages blancs, locaux et typiques du pays catalan.
Il s’agit premièrement de vielles vignes de grenaches blancs centenaires, qui ont été presque toutes arrachées ces dernières années, du fait du manque de productivité de celles-ci.
Le second cépage est la Malvoisie du Roussillon ou Tourbat. Ce dernier, ayant quasiment disparu du terroir catalan au début du siècle à cause de sa faible résistance à certaines maladies de la vigne, était présent sur toutes les grandes tables de la noblesse au 19eme siècle.
– Ma philosophie est de privilégier la qualité à la quantité même si je ne valorise pas économiquement ce choix stratégique.
Les charges de travail en apiculture et en viticulture s’harmonisent bien.

Partenariat(s)

J’ai suivi le plan d’installation des jeunes agriculteurs auprès de la Chambre d’Agriculture de Perpignan en 2012. Grâce à cela, j’ai reçu une aide financière et logistique indispensable pour lancer mon exploitation agricole. Après 10 mois de formation professionnel auprès du Centre de formation agricole pour adulte, j’ai obtenu le BPREA (Brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole). J’ai contracté des emprunts financiers bonifiés par l’état (DDTM) auprès de la banque populaire du Sud, qui a suivi mon projet d’installation. J’ai bénéficié en 2012, de la dotation aux jeunes agriculteurs. Cette subvention est délivrée par l’Europe, le FEADER (Fond Européen Agricole pour le Développement Rural, l’état français (Direction Départementale des Territoires et de la Mer) et la région Languedoc-Roussillon.Mes engagements sont contraignants et ma marge de manœuvre est plutôt mince, sous peine de remboursement de ma subvention et de déclassement de mes emprunts bonifiés par l’état

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés pendant la mise en œuvre :

Les débouchés commerciaux de la filière biologique de notre cave coopérative de Trouillas, ne sont toujours pas mis en place. Malgré les engagements du directeur de celle-ci, qui m’affirmait prendre tous nos apports en bio il y a quatre ans. A l’issue de ma période de conversion et alors que nous étions prêts à apporter notre première vendange bio pour la faire vinifier par cette coopérative, le directeur nous a informé que la filière bio de la cave ne prendrait pas notre raisin blanc car ils ne vinifient que du rouge en bio. Cela une semaine avant vendanges. Notre réaction a été l’incompréhension, face à si peu de communication, tout au long de ces quatre années.

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

La solution trouvée dans l’urgence a été de transformer une partie de notre raisin en pur jus de fruits. Le délai de réflexion a été réduit à quelques jours et les vendanges précipitées, moins d’une semaine après. Le problème principal est le taux de sucre élevé des raisins, dut à la grande maturité de celui ci. Nous avons vendangé la Malvoisie dont le taux de sucre était plus bas que le grenache.Nous espérons que cela ne gênera pas les clients dans leurs dégustations.
Nous préférons prendre ce risque et tenter de valoriser notre production bio plutôt que de continuer d’apporter notre raisin dans la filière conventionnelle de la cave.

Améliorations futures possibles :

Nous souhaitons transformer toute notre production de raisin en jus et en vins dès que possible.

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou un essaimage :

Les consommateurs sont à la recherche de produits de terroirs. La Malvoisie du Roussillon est un cépage millénaire d’origine catalane, à haut potentiel qualitatif.
En plein renouveau, elle donne lorsqu’elle est vinifiée en sec, des vins pleins de finesse, riches et complexes, à dominante florale.
Elle participe avec bonheur à l’élaboration des vins doux naturels. Les quelques dégustations faites récemment ont pu confirmer la réputation de ce cépage aux vins couleur d’or, gras, fins, assez aromatiques et à l’acidité élevée. Les quelques trop rares vins doux issus de sélections de Malvoisie pure démontrent s’il en était besoin l’important potentiel qualitatif de ce cépage.
Les vieilles vignes de grenaches représentent également à haut potentiel qualitatif.
De ce fait l’assemblage de ces deux cépages en vins blanc secs devrait produire des qualités aromatiques exceptionnelles et très originales ce qui permettra de commercialiser mieux le produit.

Idées de sujet(s) de recherche fondamentale ou appliquée, utile(s) pour le présent programme :

L’impact des activités humaines sur l’environnement est vraisemblablement en train d’entraîner un réchauffement climatique global de la planète et une aridification des terres. Les deux cépages de Malvoisie et grenache, sont particulièrement bien résistants au manque d’eau. Les études sur le végétales pour la production alimentaire devraient tenir compte de ce facteur décisif pour l’avenir de l’espèce humaine.

Références

A. Leygnier/P. Torrès/J-M. Goyhenex « Les vins doux naturels de la méditerranée » Editions Aubanel, année 2000, Pages : 99 à 103.

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Comité de lecture
Date de lecture de la fiche
2016-02-08
Localisation
France
pyrenees-orientales
Domaine
Emploi et insertionEnvironnementAgriculture
Type de structure
Exploitation agricoleParticulier(s)
Envergure du programme
Locale
Bénéficiaires
Population rurale
Type d’action
Transformation produits de niche / terroir
Type d’objectif
Maintien et amélioration de la biodiversitéDépollution des modes de production agricole (introduction d’alternatives aux intrants chimiques, pesticides, fongicides…)Valorisation du patrimoine technique (savoir-faire)
Localisation
Licence

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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**