
L’Association « Recherche sur le Yoga dans l’Education » a proposé de 2010 à 2013 des ateliers de Yoga pour les décrocheurs d’un microlycée dans le 94 afin de les réconcilier avec les apprentissages et favoriser le mieux vivre ensemble.
Démarrage : 2010
Lieu de réalisation : Vitry sur Seine
Recherche sur le Yoga dans l’Education (RYE))
Paris – 7500735 rue Rousselet
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Micheline Flak, professeur d’anglais et de yoga, a créé l’association « Recherche sur le Yoga dans l’Education » (RYE) en 1978, afin d’adapter le yoga pour le rendre utile sur le plan social et éducatif. En 2013, l’association a été agréée par le Ministère de l’Education Nationale « association éducative complémentaire de l’enseignement public ». Depuis, l’association est très sollicitée pour faire des formations et pour intervenir dans des établissements scolaires.
Une enseignante d’un micro-lycée pratiquant le yoga a fait appel à RYE pour animer des ateliers de yoga auprès des élèves raccrocheurs
De manière générale, proposer aux élèves des séances de yoga vise à favoriser :
– Les apprentissages : aider les élèves à s’organiser, à mémoriser, à travailler leur compréhension à travers l’évocation mentale par exemple, à gérer son stress, à se concentrer…
– Le mieux-être individuel et mieux vivre ensemble : identifier ses émotions, apprendre à les réguler, mieux communiquer…
Dans le micro-lycée plus spécifiquement, l’objectif était l’acquisition de meilleures méthodes de travail, et la prise de confiance en leur potentiel, car ce sont des élèves qui ont souvent de graves difficultés personnelles.
Le RYE est entré dans un dispositif particulier au micro-lycée : 2 à 3 après-midi par mois y sont banalisées et les élèves peuvent s’inscrire dans différents ateliers de 2h (ils choisissent un atelier pour toute l’année).
Ces ateliers étaient encadrés par une professeure pratiquant le yoga, et une intervenante venant du RYE. Plusieurs thèmes ont été travaillés :
– Le ressenti des tensions (si on ne sait pas qu’on est tendu, on ne peut pas se détendre) et la relaxation
– Les émotions et leur gestion, la prise de confiance, en lien avec la posture, la respiration et la voix
– L’attention et la présence au corps par des exercices mobilisant les 5 sens
– L’affirmation de soi et la concentration pour gagner en aisance et savoir prendre la parole en tranquillité dans la perspective des examens et notamment la préparation à l’oral.,
Le yoga est à la base une pratique silencieuse, mais les adolescents, et en particulier dans le cadre de ce micro-lycée, avaient souvent besoin d’échanger et de parler. Pendant les séances, l’intervenante apportait quelques éléments théoriques : ce que sont les émotions, quelles en sont les conséquences sur le corps, et s’efforçait de répondre aux préoccupations des élèves, par exemple concernant le sommeil et la fatigue. L’intervenante a essayé de les faire bouger, de les mettre concrètement en relation avec leur corps avant de leur proposer des relaxations. Celles-ci leur font beaucoup de bien, mais ils intériorisent beaucoup.
– Bilan fait avec les élèves à la fin de l’année. Les élèves :
• Aiment beaucoup les moments de relaxation, qui leur permettent de récupérer car ils sont souvent en manque de sommeil
• Apprécient les exercices sur les 5 sens et surtout sur le toucher. Selon l’intervenante, cela leur a permis de revenir dans le concret, alors qu’ils sont souvent dans leur mental
• Ont bien aimé aussi les exercices de préparation aux examens, en lien direct avec leur projet de raccrochage scolaire
– Il faut de la persévérance et une certaine assiduité pour bénéficier de tous les bienfaits du yoga, mais parfois, l’élève peut sentir quelque chose en une séance qui pourra lui servir par la suite.
– Témoignage d’une élève en annexe
L’originalité est de passer par le corps et le ressenti pour favoriser les apprentissages et le mieux vivre ensemble ; de mettre les élèves dans leur corps par les postures et les respirations.
– Micro-lycée du 94
– Les élèves décrocheurs ont souvent des difficultés à avoir une discipline personnelle et à s’engager sur le long terme. Ils sont donc très absentéistes (dans les autres cours aussi). Il n’y avait donc jamais le même nombre d’élèves dans les ateliers ; certains venaient régulièrement, d’autres très ponctuellement.
– Les ateliers étaient trop longs (2h)
– Les élèves avaient du mal à travailler les postures du yoga : souvent fatigués, stressés, et le corps raide par conséquent.
– Maître mot : la différenciation, pour permettre à chaque élève de trouver son compte. Il a fallu penser à une progressivité entre les séances, tout en permettant à un élève n’étant jamais venu auparavant d’intégrer la séance.
– Associer le yoga à d’autres activités : des techniques issues du théâtre – improvisation par exemple
– Inviter des intervenants. Une année, intervention de Michel Vaujour (ex-prisonnier célèbre pour ses tentatives d’évasion, et pratiquant beaucoup le yoga). Attention cependant à ne pas trop renvoyer aux élèves une image de marginalité alors qu’ils souhaitent plutôt rentrer dans la « normalité ».
– Réduire le temps des ateliers à 1h, voire les fractionner en 2 fois 30 minutes par semaine.
-Importance de renforcer la connaissance concrète, par le ressenti du corps avec des élèves qui ont tendance à être beaucoup dans leur mental
– Important d’avoir un enseignant proche de ses élèves, avec lequel ils se sentent en confiance
– Etre très souple dans la programmation des séances, et par rapport à la présence des élèves. Ne pas se laisser affecter par l’absentéisme
– Bien connaître la période de l’adolescence, et bien connaître ce qu’est le décrocheur scolaire (causes, conséquences…)
– De nombreux programmes de financement existent pour ce genre d’intervention auprès des élèves décrocheurs
DE COULON J. « Clés pour apprendre » Saint-Augustin, 2000
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**