
Organisées en coopérative, d’anciennes employées de maison devenues agricultrices vendent des paniers de légumes bios à des consommateurs solidaires et responsables de San Salvador. Grâce à un prix équitable, elles disposent de revenus inespérés garantissant leur autonomie et une bonne alimentation.
Démarrage : 2013
Lieu de réalisation : Comasagua Département de La Libertad El SALVADOR
Budget : 640000
Origine et spécificités du financement : Secours populaire français, Commission européenne
Asociación Cooperativa Agropecuaria Canasta campesina
Comasagua La Libertad (El Salvador) –calle Rafaël Hernandez #9 Barrio Guadalupe #7
•
•
La situation à San Salvador était critique: 40 % des familles vivaient dans des conditions d’extrême pauvreté et le revenu moyen était de 1,31 $US/habitant/jour. Le projet accorde une attention particulière aux plus vulnérables: les femmes (35 % de foyers mono-parentaux) et les jeunes.
– Promouvoir une société inclusive où les femmes et les jeunes développent des actions pour diminuer le niveau de pauvreté et renforcer la capacité de la population dans la prise de décisions et la gestion du processus de développement durable.
– Appuyer les petits paysans pour diversifier et améliorer leur production agricole grâce à une agriculture organique et à un marché solidaire de type AMAP.
La production agricole organique et durable dans 153 jardins, 17 parcelles et 12 serres permet d’assurer les besoins alimentaires des familles, de satisfaire la demande d’autres membres de la communauté et de vendre le solde. Les paniers paysans (AMAP) procurent des revenus stables et équitables aux petits paysans tout en les rapprochant des citadins de milieux aisés. La fabrication et l’utilisation d’engrais et pesticides organiques permettent de prétendre à la certification BioLatina. Les acteurs-bénéficiaires du projet, convaincus de l’utilité de la protection de l’environnement ont lancé le projet «Comasagua commune verte» associant tourisme, gastronomie et patrimoine culturel reconnu par la CEPAL.
Le projet prend une autre dimension grâce à des concertations entre d’une part les autorités salvadoriennes (MAG, CENTA) et les représentations de la Banque mondiale et de la FAO et d’autre part les ONG qui partagent les mêmes inquiétudes sur la protection de l’environnement (déforestation, érosion, disponibilité en eau…), l’accès au foncier et le maintien de l’agriculture paysanne. L’agro-écologie commence à être reconnue comme alternative à la politique de production intensive de cultures vivrières et au déboisement qu’elle provoque au détriment de la protection de l’environnement.
L’objectif de 200 acteurs bénéficiaires est dépassé avec 148 femmes et 96 jeunes répartis entre 189 personnes dans la production agricole et 55 dans le comité communal environnemental. Le revenu mensuel/personne a évolué de 74 $ en janvier 2013 à 299 $ en décembre 2015. Dans les 27 communautés 1 696 familles soit 7 696 personnes ont bénéficié indirectement du projet (meilleure alimentation, soins médicaux, revenus annexes). Le projet a créé 44 emplois (serres et jardins) et 3 emplois pour la coopérative.
Les paysannes et les jeunes maîtrisent maintenant la production et la commercialisation des produits horticoles, des œufs et des fruits et disposent de revenus inespérés garantissant leur indépendance et une bonne alimentation de leur famille. Ils se sont avérés être des agents de changement alors qu’ils étaient marginalisés dans des mini-sociétés bloquées par l’absence d’accès aux prises de décisions et à la terre. Un rapprochement s’est effectué entre paysans marginalisés et citadins aisés via l’AMAP générant une reconnaissance sociale et de l’auto-estime.
Le Secours Populaire est associé à 2 Ong salvadoriennes FUNDESYRAM (agronomes) et MDS (médecins). Le lycée français de San Salvador a inclus les paniers paysans dans son projet d’établissement et développe les échanges entre élèves, enseignants et agriculteurs. La « contribution carbone » du lycée français permet des actions de reboisement. La valorisation des résultats du projet repose aussi sur les programmes de recherche-action avec deux universités salvadoriennes. Un partenariat s’est créé avec le le jardin solidaire du SPF à Montauban, un lycée agricole et des agriculteurs bio français (GAB65).
L’accès au foncier pour la production agricole reste le facteur limitant le plus important et l’insécurité sur le foncier vaut aussi pour les lieux d’habitation et le potager attenant puisque 39 % sont en situation d’occupation tolérée mais peuvent être chassés sans préavis.
La rareté des sources d’eau en zone de basse altitude.
Décrépitude de coopératives caféières nées de la réforme agraire en particulier à cause de la rouille du caféier.
– Rapprochement avec d’autres ONG et institutions publiques pour faciliter l’accès au foncier.
– Fournitures de filtres pour un meilleur accès à l’eau potable.
– Aménagement de toits et mise en place de citernes pour recueillir l’eau pluviale.
– Formation à la gestion des coopératives.
– Campagnes de reboisement et lutte anti-érosive.
– Implication accrue des pouvoirs publics (mairie, ministère de l’agriculture et de l’élevage).
– Mise à disposition ou construction d’un local spécifique pour la préparation et l’expédition des canastas campesinas.
– Contrats de vente avec une chaîne d’épicerie bio.
Les principaux facteurs de réussite tiennent au fait que les femmes paysannes de Comasagua sont les principales actrices du projet. De par leur implication dans les postes à responsabilité, elles gèrent la coopérative en incluant les intérêts socioéconomiques et environnementaux des familles paysannes de Comasagua. Garantes de l’inclusion sociale et économique, elles participent activement à garantir la sécurité alimentaire des populations rurales et urbaines. Les emplois agricoles créés sont occupés principalement par les femmes. Leur activité les rend incontournables dans la vie économique de la famille et de la communauté rurale.
Ce programme peut-être très largement transposé si les femmes sont, dès le départ, au cœur du processus organisationnel et décisionnel. Il convient de développer les formations et de l’accompagnement technique tout au long du programme, afin qu’elles puissent devenir très vite autonomes dans la gestion des biens communs.
– Relations ruraux-citadins construites à partir des AMAP.
– Formation de petits agriculteurs à la gestion de coopératives de production et commercialisation.
– Accès au crédit pour l’achat de foncier agricole.
http://lapalabra.utec.edu.sv/?p=427
http://lapalabra.utec.edu.sv/?p=1626
http://www.uca.edu.sv/noticias/video-4192 (vidéo)
• Liens vers des exemples de publications :
• IICA (Institut latino- américain de coopération pour l’agriculture) à El Salvador:
• http://www.iicaelsalvador.com/articulos/canasta-campesina-innovador-mecanismo-de-comercializacion
• Ambassade de France
Partager sur
Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0
Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**