Observatoire

L’Abattoir de la Mure (Provi SA / Sicorbiaa) en Rhône-Alpes: vente directe, diversification et fonctionnement coopératif

Abattoir et atelier de découpe, repris par une association d’éleveurs qui font le choix de la vente directe et de la diversification pour faire face aux difficultés du marché de la viande.

Auteurs(s)

Paul-Dominique
Rebreyend

Fiche rédigée par Nina Besana-Mourlas

Programme

Démarrage : 2000

Lieu de réalisation : La Mure

Budget : 840000

Origine et spécificités du financement : Union Européenne, Réserve parlementaire, Région, Collectivité Locale, Conseil Général, Chiffre d’affaires

Organisme(s)

Abattoir de La Mure (Provi SA / Sicorbiaa)

La Mure d’Isère – 38350

Z.I Marais

13Salariés

50Adhérents

ORIGINE ET CONTEXTE

L’abattoir de La Mure fut tout d’abord créé en 1996 sous gestion d’une SICA (Société d’Intérêt Collectif Agricole). Moins d’un an plus tard, elle fait faillite et une société privée reprend l’établissement sans plus grand succès puisqu’au bout de 2 ans elle démissionne. En 2000, 29 éleveurs de l’Association des Producteurs de Viande Isère (APROVI, existant depuis 1992) réunissent 110.000€ (dont 95.000€ des éleveurs et 15.000€ de l’association) et créent la société Provi SA pour reprendre l’équipement.

Objectifs

– Chercher de nouveaux marchés afin de valoriser la production locale (intérêt de la vente directe)
– Une juste rémunération des éleveurs, afin qu’ils puissent vivre de leur travail
– Etre rentable et économiquement durable
– Faire de la qualité, mais s’adapter également au marché
– Une solidarité entre les éleveurs

ACTIONS MISES EN OEUVRE

– 1998 : étude de faisabilité menée par un cabinet spécialisé et financée à 80% par la Région et la DDA
– 2000 : création de Provi SA, construction d’une salle de découpe (locaux de 950m²), location du site
– Mobilisation des éleveurs (une cinquantaine actuellement) sur la vente directe au consommateur (par camion frigorifique) représentant 94% du volume découpé
– En 2005, en parallèle de la création de l’association Manger Bio Isère, ils commencent à fournir la restauration collective (6% du volume découpé).
– Ils produisent de la viande haut de gamme (Lou Bayou®) et des produits transformés (entrecôte, bourguignon, saucisse, merguez) pour s’adapter à la demande. Egalement de plus en plus de conditionnement personnalisé. La quasi-totalité des animaux abattus sont découpés sur place.

Résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs

– 332 tonnes de découpe en 2011 et 367 tonnes d’abattage en 2011 >> entre 400 et 500 tonnes de carcasses / an pour l’abattoir : 80% de l’activité de Provi SA est de la découpe, et les 20% restants sont de l’abattage. 50% de la viande découpée en prestation de service en Isère.
– Augmentation de 5 à 6 points par an des volumes découpés (malgré une baisse de 12% en 2004-2006) >> Bénéfice de 100.000€ sur 10 ans.
– 30% des animaux sont en bio.
– 13 équivalent temps pleins : 5 – 6 bouchers abatteurs, 4 – 5 personnes au conditionnement et 1 secrétaire.

Originalité

L’originalité de cette initiative a été pour les éleveurs d’avoir su s’allier et s’entraider pour pallier aux difficultés de leur métier, et d’avoir ensuite été assez ouverts pour changer leur mode de distribution en passant à la vente directe (et à la restauration collective). Le fonctionnement coopératif et l’absence de dividende versée aux actionnaires en sont aussi des caractéristiques.

Partenariat(s)

– Syndicat Mixte d’Industrialisation de la Matheysine et des Environs (SMIME) : – construction de l’atelier de découpe, – subventions pour l’investissement de départ de Provi SA et Sicorbiaa (SARL pour les prestations d’abattage et de découpe – division obligatoire des tâches de gestion et d’exploitation).
– Cabinet d’étude AND – Paris (réalisation de l’étude de faisabilité- soutien technique)
– Europe, Région, Préfecture, réserve parlementaire, Conseil Général (soutien financier)
– Manger Bio Isère (pour la Restauration collective)

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés pendant la mise en œuvre :

– La pression sur le niveau de prix sur le marché classique est un risque majeur qui menace la grande majorité des éleveurs en circuit conventionnel. La concurrence est un autre risque (chevillards). Et les volumes d’apport sont instables car certains éleveurs ont recours à la vente directe uniquement quand les cours du marché sont bas.
– Les difficultés de gestion : équipes (main d’œuvre qualifiée chère et difficile à garder), sanitaire (très contraignant), économique (régularité nécessaire dans les apports pour payer le personnel et gérer la productivité, pas de budget pour payer un directeur).
– Les difficultés financières : baisse de l’activité en 2006 (pertes), masse critique de nombre de carcasses abattues et découpés limite pour la rentabilité de l’activité (260-280 t/an de découpe et 400-500 t/an de carcasses abattues).
– Le fonctionnement de l’abattoir repose essentiellement sur l’implication de Paul-Dominique Rebreyend.

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

– La vente directe a permis de se soustraire de la pression du marché conventionnel.
– La diversification des débouchés est également un point clé afin de valoriser chaque pièce de la bête, grâce à une diversification du produit (pièces haut de gamme ou transformées, conditionnement).

Améliorations futures possibles :

– Agrandissements : + 80 m² de la bouverie (50.000€), création d’une unité pour la fabrication des steaks hachés (+ 120 m², 250.000€). La ligne de steaks hachés serait une diversification importante mais recèle des contraintes sanitaires.
– Embauche d’un gérant pour une meilleure organisation du travail

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou un essaimage :

– Le soutien des collectivités (surtout grâce au SMINE) face à la rude concurrence et aux difficultés de la filière viande a été indispensable. Le CDRA soutient les investissements (à maximum 35%).
– Les crises de la vache folle ont fait augmenter la demande de viande locale.
– Le passage à la vente directe
– Le soutien des collectivités publiques est indispensable au maintien et à la réalisation d’un tel outil.

Pour en savoir plus

– Fiche expérience 2011 : http://blogs.parc-du-vercors.fr/IMG/pdf/Fiche_Experience_AbattoirM.pdf
– Fiche Villorma :
file:///F:/A%20Scpo/2-PROJET%20CO/Contacter%20les%20acteurs/Infos%20Acteurs/19_2012_12_fiche_abattoir_de_la_mure_-_vf.pdf

Partager sur

Comité de lecture
Date de lecture de la fiche
2015-01-06
Localisation
France
isere
Appréciation(s) du comité
Impacts élevés !
Domaine
Emploi et insertionEnvironnementAgricultureAlimentation
Type de structure
Association, collectif, ONG
Envergure du programme
Locale
Bénéficiaires
UniverselProfessionnels
Type d’action
Outils de transformation collectifs ou partagés
Type d’objectif
Recherche d’une plus grande équité dans les relationsMaintien et/ou création direct(e) d’emploisCréation de dynamiques économiquesStructuration/maintien de filières locales
Localisation
Licence

Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0
Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**