L’association autofinancée « De la ferme au quartier » permet l’accès à une alimentation saine d’un large public, intégrant aussi des familles bénéficiant d’aide alimentaire, tout en assurant un juste prix au producteur.
Démarrage : 2011
Lieu de réalisation : Saint Etienne
Budget : 160000
Origine et spécificités du financement : Chiffre d’affaires + subventions pour le démarrage et certains développements
De la Ferme au Quartier
Saint Etienne – 420002 rue Bénevent
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Dans la ville ouvrière de Saint-Etienne qui a perdu pratiquement 10% de sa population en 20 ans, le projet « De la Ferme au quartier » se veut complémentaire des 11 AMAP de la ville (Association pour le maintien de l’agriculture paysanne), en donnant accès à une alimentation saine à un large public, comprenant les couches populaires.
Le projet a été imaginé fin 2009 au sein du Portail pour l’Accès aux droits sociaux.
– Des produits frais et locaux (rayon de 80 km), sans OGM, adhérent à la Charte de l’Agriculture Paysanne (AB, Nature et progrès ou non labélisés) sont proposés en vente directe
– Un prix rémunérateur pour les producteurs
– Développer un projet solidaire et autofinancé grâce à la solidarité entre producteurs et consommateurs
– Les salariés réceptionnent les produits sur une plateforme centrale, préparent et assurent les livraisons dans les lieux de distribution (mis à disposition par des associations de quartier)
– Les consommateurs s’engagent pour 6 mois (période d’essai d’un mois possible)
– Les familles bénéficiant de chèques d’aide alimentaire (CCAS) (+ tickets restaurant) peuvent les utiliser et s’engager sur une période de seulement 3 mois.
– L’autofinancement provient des producteurs (15% de leur chiffre d’affaire reversé) et des consommateurs (entre 0 et 20% de leur contrat selon leur revenus/ Quotient familial)
– De la ferme au quartier participe ponctuellement à des actions nationales comme Fraich’attitude (pour inciter gens à manger des fruits et légumes) : sensibilisation sur 2 jours dans un hôpital de la ville.
– Le nombre d’adhérents a récemment augmenté pour arriver à 190.
– Des événements comme un marché de Noël (plus de 2000 euros de chiffre d’affaire), ou autres marchés de producteurs ont été organisés avec succès
– Développement d’un groupement d’achat sur système de quantité minimale et de prix attractifs (par exemples : pommes de terre à 0.90€ le kg, 16.5 tonnes de livraison d’agrumes corses, lentilles…). Devant ce succès, l’association envisage de développer un groupement d’achat pour la farine de blé paysan.
Ce système de circuit court et de vente directe « producteur consommateur » a été largement diffusé notamment grâce aux AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne), avec pour but une rémunération juste des producteurs qui pratiquent une agriculture respectueuse de l’environnement. Ce projet renforce la dimension sociale par l’intégration de couches plus défavorisées (bénéficiant de l’aide alimentaire), ainsi que par la création de plusieurs CDI (3 en 2014).
Associations participant à son Conseil d’Administration : l’ADDEAR 42 (Association Départementale pour le développement de l’emploi agricole et rural), amicale laïque de Beaubrun, Association Familiale Protestante, centre Al Qalam-Firdaws, portail pour l’accès aux droits sociaux, paysans, consommateurs.
Pour la mise en place, le projet a notamment bénéficié d’un soutien de la Région Rhône-Alpes, de la chambre régionale de l’économie sociale et solidaire Rhône-Alpes avec le fonds social européen, l’État et la ville de Saint-Étienne qui loue un local.
– Il est très difficile de s’attaquer à des habitudes de consommation lourdes et formatées par la grande distribution.
– Grande différence entre le nombre de personnes intéressées et qui décident réellement de s’approvisionner en circuits courts.
– Les autres difficultés en découlent : personnes qui se plaignent de la rigidité (heure fixe jour fixe, paniers que l’on ne peut pas choisir).
A partir de septembre, avec l’aide du département de sociologie de l’université de St Etienne, des entretiens qualitatifs vont être menés (25/30 personnes : adhérents, anciens adhérents, personnes intéressées mais n’ayant pas franchis pas le pas, et responsable d’associations et paysans) afin d’identifier les blocages et les solutions.
Suite à des remarques sur le paiement de la cotisation en fonction du quotient familial, l’association a décidé de favoriser les contrats de longue durée et les gros contrats : à partir de 500€, les gens baissent d’une tranche et de 2 tranches à partir de 800€.
– La dimension locale est fondamentale : les producteurs doivent être des paysans de proximité et que les consommateurs connaissent (présents sur les lieux de distribution)
– Les produits doivent être frais et de qualité
– Simplicité et Clarté, il faut que ce qui soit proposé soit simple pour les personnes.
– Il ne faut pas se focaliser sur le prix du panier : tout en gardant des prix attractifs (prix coûtant + rémunération du producteur), l’idée qu’il faut les prix les plus bas possible pour attirer les personnes n’est pas juste : cela se vérifie dans les faits. Les habitudes d’approvisionnement alimentaires sont donc bien le cœur du problème.
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**