
Le réseau pour la biodiversité transfrontalière est constitué d’une trentaine d’agriculteurs de la région PACA et d’une vingtaine d’agriculteurs du Piémont. Ce collectif expérimente, produit, revalorise, et multiplie à des fins conservatoires des variétés locales de légumes en voie de disparition.
Démarrage : 2013
Lieu de réalisation : Régions Provence Alpes Côte d’Azur et Piémont
Budget : 250000
Origine et spécificités du financement : Programme Alcotra (fonds FEDER) et Conseile Régional PACA et Région du Piémont
GRAB (Groupement de Recherche en Agriculture Biologique)
Avignon cedex 9 – 84911Maison de la Bio 255 chemin de la Castelette BP 11283
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L’industrialisation de la production semencière est étroitement liée à la spécialisation agricole. Bien qu’elle soit créatrice de diversité, elle participe paradoxalement à l’appauvrissement des ressources génétiques. L’Arc Alpin est une écorégion riche en biodiversité. Le risque d’extinction d’espèces maraîchères propres à ce territoire est inquiétant pour l’environnement, pour l’équilibre des écosystèmes, pour la qualité de notre alimentation, pour notre patrimoine culturel et notre autonomie.
Pour répondre à cette problématique, le GRAB, le CRAB, Libre et Bio de Provence ont œuvré au sein de ce projet.
– Freiner l’érosion génétique et contrecarrer le risque d’extinction de certaines variétés de légumes
– Redonner aux agriculteurs la mission de conservation et de diffusion d’un patrimoine génétique.
– Proposer la diversification d’une offre alimentaire de qualité par la valorisation de ces variétés en voie de disparition.
– Travailler dans le sens d’une agriculture durable grâce à l’utilisation de variétés adaptables et pérennes.
– Favoriser le lien entre monde agricole et société civile par l’organisation d’une démarche participative
– Recensement de variétés locales, et recherches historiques auprès d’agriculteurs et de collections ou d’institut public.
– Multiplication des ressources génétiques : réalisation de formations, organisation de sélection participative
– Essais variétaux chez les agriculteurs
– Construction et stabilisation d’un réseau transfrontalier qui conserve les variétés locales retrouvées. Chaque participant parraine une variété en la multipliant et la remet en circulation via le réseau.
– Valorisation, sensibilisation : Création d’un site internet, élaboration de fiches variétales, et réalisation d’un film.
Chaque année de nouvelles variétés locales sont retrouvées et réinsérées auprès du collectif d’agriculteurs se chargeant de leur multiplication. Nous comptons chaque année de nouveaux agriculteurs, et des jardins partagés intègrent également la démarche. Des changements s’observent à l’échelle des pratiques culturales des participants, et un nouveau programme de recherche a succédé à ce premier programme pour pérenniser les actions mises en œuvre pendant deux ans, pour travailler à la structuration du réseau et pour approfondir des questions d’ordre techniques sur l’adaptabilité des semences.
Une multitude de systèmes émergent au sein de l’AB pour répondre à la diversité des marchés, des filières et des territoires. Dans ce contexte, la recherche participative est une alternative qui devient nécessaire pour répondre à la diversité des enjeux. C’est pourquoi des méthodes participatives ont été mises en œuvre dans le cadre de ce projet. Ces méthodes sans cesse en transformation concernent tant les aspects de mise en œuvre techniques de multiplication, de sélections, ou d’évaluation, que la construction et la structuration du collectif.
Quatre structures étaient partenaires dans ce projet. Le CRAB (Centro di Riferimento in Agricultura Biologica) et le GRAB (Groupement de Recherche en Agriculture Biologique) ont travaillé sur les aspects techniques. Bio de Provence (fédération des agriculteurs Bio de PACA) et Libre (société coopérative de communication) se sont occupés des aspects valorisation et diffusion autour du programme. Ce partenariat a permis d’élargir le champ de relation à d’autres partenaires, et particulièrement avec le Centre de Ressources Biologique de l’INRA, l’AIAB in Piemonte, l’Université du goût de Turin.
La difficulté majeure rencontrée a été de créer et de maintenir un lien entre le réseau Français et le réseau Italien. D’une part pour des raisons de moyens, d’autre part pour des raisons culturelles et de langage.
Pour pallier à cette difficulté, des voyages d’études ont été organisés pour créer une dynamique entre les deux réseaux transfrontaliers. Des traducteurs ont permis de faciliter les échanges au cours de ces voyages.
Aujourd’hui, le réseau n’a pour le moment plus de financements pour organiser ces échanges, aussi, une adresse mail a été mise en place afin de communiquer sur les événements qui se déroulent en France et en Italie et qui concernent l’animation et l’évolution du réseau. Les participants peuvent échanger via cette adresse en attendant que nous trouvions une solution pour réorganiser ces rencontres.
Nous envisageons d’améliorer le site internet et d’y créer une interface destinée à un forum de discussion sur différentes thématiques organisationnelles et techniques afin de favoriser l’échange entre les participants du réseau.
Nous cherchons également à trouver un moyen de structurer juridiquement ce réseau afin qu’il puisse être moralement reconnu.
La base de la construction du réseau a pu être rendue possible par la mise à disposition d’un chargé de mission à plein temps sur le projet pendant deux ans. Le réseau italien ayant fonctionné sur la base d’un mi-temps n’a pas donné de dimension aussi évolutive que côté français, bien que les efforts soient continuels pour rassembler les deux versants de la frontière. En effet, la construction d’un tel réseau ne se fait pas sans le dynamisme et la réactivité d’un animateur.
Une recherche de variétés adaptables types populations ouvertes à d’autres variétés que les locales aiderait les agriculteurs à travailler avec un matériel susceptible de répondre aux enjeux d’une production durable. Au sein du réseau, les variétés sont amenées à être échangées lorsqu’elles changent de parrains. Un système qui permettrait de suivre d’après différents indicateurs le parcours ou l’histoire de la souche multipliée permettrait de mesurer l’adaptabilité des variétés.
– Gaspari C, Organic agriculture and participatory research: example of the alcotra project. Poster presentation ISHS, (2013)
– Gaspari C, un réseau pour la biodiversité transfrontalière. Maraîchage Bio Info N°76, (2013)
– Gaspari C, un réseau pour la biodiversité transfrontalière. Maraîchage Bio Info N°79 (2014)
– Site du projet : http://www.bioeurope.info/
– Fiches variétales techniques, informatives et de multiplication disponibles sur : http://www.grab.fr/fiches-techniques-de-production-biologique-627
– Film « semer l’avenir » disponible en téléchargement su
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**