Ce projet vise à garantir la durabilité des exploitations caféières, en assurant la sécurité alimentaire des familles tout en leur créant des sources complémentaires de revenus. Il passe par deux actions pilotes: diversifier les parcelles de café biologique en y introduisant avocatiers et bananiers, et démarrer la production d’origan.
Démarrage : 2014
Lieu de réalisation : République Dominicaine
Budget : 50000
Origine et spécificités du financement : divers
La récente propagation du champignon « rouille du café » en Amérique du Sud et centrale a décimé les plantations et engendré des fluctuations boursières qui ont plongé les petits caféiculteurs dans une situation d’extrême pauvreté. En République Dominicaine, des femmes impliquées dans la filière café ont créé l’ADOMUCA (Association du café des femmes dominicaines) pour développer d’autres cultures, afin d’assurer leur sécurité alimentaire et diversifier leurs sources de revenu. Maria Isabel Balbuena, présidente de l’association, engagée pour l’organisation des femmes comme moteur du développement rural, est à l’origine de cette opération pilote.
Développé à l’intention de 2 groupes de 10 familles de productrices de café de La Esperanza (association membre d’ADOMUCA), le programme vise à réduire leur dépendance vis-à-vis de la production de café (unique culture de rente actuelle) en la diversifiant par l’association d’autres cultures (avocats, bananes, origan). Il englobe la mise en place de divers dispositifs (pépinières, formation au greffage, rénovation des parcelles, fabrication locale de lombricompost, création de micro-entreprises) pour aboutir à un système autonome et pérenne de production et de commercialisation de ces nouveaux produits.
Le premier groupe de 10 femmes sera aidé dans l’installation d’une pépinière prévue pour produire 3000 pieds greffés d’avocatiers : construction, achat des intrants et du matériel végétal, formation au greffage. Plants et rhizomes seront introduits lors de la rénovation des parcelles, en mai et juin 2015. Les productrices du second groupe seront assistées pour produire chacune un peu plus de 600 m2 d’origan : achat des semences et intrants, semis plein champs en février-mars 2015 (après la récolte du café), et construction d’un lombricomposteur capable de produire 225 kg/an de compost et 20 litre d’engrais liquide concentré. L’assistance technique et la formation des deux groupes seront assurées par les techniciens d’ADOMUCA.
Les femmes du groupe 1 intégreront 200 à 300 avocatiers dans leur parcelle, pour une production attendue de 30 kg par arbre soit 6 à 9 tonnes annuelles (200 kg/an pour les bananes) qui diversifieront l’alimentation des familles et augmenteront leurs revenus par commercialisation des surplus. La production d’origan permettra de récolter 2.5 q / tarea (110 kg sur 629 m2) deux fois par an (bénéfices estimés pour chacune des 10 femmes : 10 000 ps/tarea/an). Une micro-entreprise sera créée pour la transformation et la commercialisation de l’origan.
En agroforesterie, les cultures associées au café biologique favorisent la biodiversité, la capture et le stockage du carbone, la préservation des sols et des bassins versants. Avocatiers et bananiers constituent un excellent ombrage pour les caféiers, ils en optimisent le rendement tout en offrant l’accès à des sources stables de revenus. Ils améliorent la nutrition et donc le bien-être des familles, éléments essentiels pour fixer les populations dans les campagnes et ralentir l’exode rural. Grâce à un accompagnement adapté, dix femmes apprendront à maîtriser l’ensemble de la filière origan, du semis à la commercialisation.
ADOMUCA fait partie de l’Alliance internationale du café des femmes, suite à un accord signé le 29 Avril 2011 dans la ville de Houston, Texas. Les partenaires stratégiques sont :
– Fédération des producteurs de café de la région du Sud (FEDECARES),
– Fondation Malongo
– Conseil du café dominicain ;
– Dominican Specialty Coffee Association.
– Manque de main d’oeuvre dû à l’exode rural de ces 20 dernières années ;
– Difficultés pour imposer une vision à moyen terme à des familles vivant en dessous du seuil de pauvreté (la première récolte d’avocat s’obtient 3 ou 4 ans après la plantation) ;
– Précipitations excessives ou sécheresses pouvant nuire aux plants d’origan (mort, altération de la qualité) ;
– Manque de financement pour l’ONG ADOMUCA.
– En diversifiant les cultures pour stabiliser les revenus, le programme a lui-même vocation de limiter l’exode rural qui freine son développement ;
– Pour prévenir la difficulté de voir à moyen terme, les femmes ont été sélectionnées sur leur caractère de leader, leur motivation, leur sens de l’organisation et leur esprit solidaire afin de créer un effet d’entraînement ;
– Formation des femmes, coordination des actions et suivi régulier de la part des techniciens d’ADOMUCA sont d’autres facteurs clés pour surmonter les obstacles.
Élément clé pour le rendement des cultures vivrières, la fabrication locale de lombricompost suscite beaucoup d’intérêt chez toutes les membres d’ADOMUCA et doit être généralisée. Le modèle innovant de lombricomposteur importé du Mexique est simple et peu coûteux à mettre en place et entretenir; il offre un compost d’excellente qualité en 3 mois (contre 9 aujourd’hui). Les lombrics se reproduisent vite et pourront facilement être transmis d’un site à l’autre. Les femmes formées au greffage des avocatiers utiliseront leurs pépinières pour produire à moindre coût des plants commercialisables sur le marché local.
La production agroforestière de bananes et d’avocats associés au café a déjà prouvé son efficacité en Amérique latine. Elle permet d’obtenir des cafés biologiques d’excellente qualité et de maximiser les productions et revenus engendrés. Aliments riches et nutritifs, les avocats sont prisés sur les marchés locaux. La réussite de l’opération sur l’origan est garantie par la demande importante, le peu d’investissement nécessaire, la faible exigence et la bonne rentabilité de cette culture. La structure en réseau d’ADOMUCA permettra de répliquer ces programmes par échanges avec d’autres associations paysannes. Les productrices ayant bénéficié du programme se sont engagées à former d’autres membres et partager les semences.
Il est important de développer des recherches sur les mycorhizes (symbioses entre champignons et racines qui permettent une meilleure absorption des nutriments et donnent donc des plants plus vigoureux) : les rares études menées sur le sujet ont donné des résultats très encourageants, notamment dans les systèmes agroforestiers de production diversifiée.
• Galtier, Franck; del Rosario, Pedro; Camilo, Jose; Santos, Ucelvio;Romero, Jose; Jimenez, Hector; Contreras, Toribio; Contreras, Jacinto. 2007. Caracterizacion socioeconomica de las empresas cafetaleras en la Republica Dominicana. Instituto Dominicano de Investigaciones Agropecuarias y Forestales (IDIAF). Santo Domingo, DO. 100p.
• Informe sobre desarrollo humano – PNUD 2013
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**