L’exploitante de L’Abeille Enchantée commercialise sa production de miel de crus, obtenus par transhumances, en vente directe et circuits courts sur les marchés et quelques points de ventes à Saint-Cyprien. Elle exploite également un cépage rare en cours de labellisation bio.
Démarrage : 2012
Lieu de réalisation : Pyrénées-Orientales
Budget : 5000
Origine et spécificités du financement : Banque Populaire + aides et subventions (15%)
Hericourt
Saint-Cyprien – 66750les arènes Ch de la varnède
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L’abeille enchantée est une initiative individuelle engagée (valeurs: qualité de vie, respect de l’environnement, aspect humain et famille). Sa fondatrice Roselle Hericourt a choisi comme reconversion professionnelle de s’installer en agriculture à Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales).
Diversifier les productions de l’exploitation :
– En apiculture: production de miels de crus et élevage d’essaims d’abeilles, comme principales productions
– En viticulture: production de jus de raisin bio et de vin sur l’ensemble de mon vignoble en 2016
– Commercialiser et valoriser ma production
– 10 mois de formation professionnelle auprès du Centre de formation agricole pour adulte >> obtention du BPREA ( Brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole)
– 2012: plan d’installation des jeunes agriculteurs auprès de la Chambre d’Agriculture de Perpignan
APICULTURE:
– Avec environ 200 ruches en production, je produis différents miels de crus, issus des fleurs sauvages des Pyrénées-Orientales au printemps (miels de printemps : romarin et garrigue des Corbières, toutes fleurs) et en été (miels d’été : forêt de Boucheville dans les Fenouillèdes, maquis, miellat de chêne, Pyrénées à une altitude de 1000 mètres, miel de rhododendron en Cerdagne (Haute montagne) à une altitude 1800m). Grâce aux transhumances tout au long de la belle saison, les abeilles suivent le printemps et ses fleurs, jusqu’à la fin de l’été en haute montagne.
– Miels obtenus par extraction à froid et mis en pots à la main de manière artisanale
– L’abeille noire catalane est la race avec laquelle je travaille. C’est une abeille locale, bien adaptée aux conditions climatiques des P.O et d’une bonne productivité.
VITICULTURE
– 5,5 hectares de vignes
– En 2015, raisin labellisé bio transformé en jus de raisins mis en bouteilles par la Ste Sibio au SOlet (66)
– Démarchage de vignerons proches de l’exploitation, afin de développer la vinification d’une cuvée millésimée biologique dès 2015, en vin blanc sec AOC Côte du Roussillon.
– 2012 et 2013: faibles productions de miel (difficiles conditions climatiques et manque d’expérience et de références sur la valeur de mes emplacements de ruches) .>> environ une tonne soit 10 kilos de miel par ruche
– La conversion des vignes en bio entraîne un manque à gagner important de la production, environ 15 hectolitres par hectares en 2013, soit 50% de moins qu’en culture conventionnelle.
L’originalité du projet de vinification réside dans les deux cépages blancs, locaux et typiques du pays catalan.
>> Il s’agit premièrement de vielles vignes de grenaches blancs centenaires, qui ont été presque toutes arrachées ces dernières années, du fait du manque de productivité de celles-ci.
>> Le second cépage est la Malvoisie du Roussillon ou Tourbat. Ce dernier ayant quasiment disparu du terroir catalan au début du siècle à cause de sa faible résistance à certaines maladies de la vigne.
– Chambre d’Agriculture de Perpignan (formation en 2012)
– Région Languedoc-Roussillon (aide financière)
– Banque Populaire
– Retournement de situation: le directeur de la coopérative a annoncé à la dernière minute ne pas vouloir de raisin blanc bio pour le vin blanc sec car il n’a pas de débouchés commerciaux.
– Surcharge de travail non négligeable dû au bio, et moins de rendements des vignes qu’en culture conventionnelle
– Frelons asiatiques, mortalité de abeilles et aléas climatiques, entraînent une faible productivité de mes ruches.
– Difficultés et/ou obstacles rencontrés durant la mise en oeuvre du programme :
– Engagements contraignants et marge de manœuvre plutôt mince, sous peine de remboursement de la subvention et de déclassement de mes emprunts bonifiés par l’Etat:
– Tenir une comptabilité de gestion correspondant aux normes du plan comptable général agricole, certifiée par un comptable agréé, ce qui représente une charge financière importante.
– Au titre de la DJA, le candidat doit s’engager à exercer pendant 5 ans, à compter de la date de son installation, la profession d’agriculteur en qualité de chef d’exploitation et à travailler personnellement sur l’exploitation.
– Au titre des prêts JA, il s’engage à rester chef d’exploitation et à conserver l’investissement, objet du prêt pendant 5 ans à compter de la date de réalisation du prêt.
– Mettre les installations aux normes exigées pour la protection de l’environnement et le bien-être animal dans les 3 ans.
– Le jeune agriculteur à titre principal doit retirer au moins 50% de son revenu professionnel global des activités agricoles.
– Transformer au maximum mon raisin en pur jus de fruits bio.
– Amendement des vignes avec fumier de cheval.
– Observation constante et réactivité en apiculture, il s’agit de s’adapter très vite aux différentes situations rencontrées en périodes de production de miel et plus globalement encore .
– Suivi d’une technicienne viticole de la Chambre d’Agriculture de Perpignan.
– Surmonter les contraintes actuelles citées ci-dessus pourra permettre la pérennisation de mon exploitation sur le long terme.
– Transformer la production de raison en vins dès que possible
Les consommateurs sont à la recherche de produits du terroir. La Malvoisie du Roussillon est un cépage millénaire d’origine catalane, à haut potentiel qualitatif. De production moyenne, elle mûrit tardivement et demande des terroirs très chauds. En plein renouveau, elle donne lorsqu’elle est vinifiée en sec, des vins pleins de finesse, riches et complexes, à dominante florale. Elle participe avec bonheur à l’élaboration des vins doux naturels. Les quelques dégustations faites récemment ont pu confirmer la réputation de ce cépage aux vins couleur d’or, gras, fins, assez aromatiques et à l’acidité élevée. Les quelques trop rares vins doux naturels issus de sélections de Malvoisie pure démontrent s’il en était besoin l’important potentiel qualitatif de ce cépage. Les vielles vignes de grenaches représentent également à haut potentiel qualitatif. De ce fait, l’assemblage de ces deux cépages en vins blanc secs devrait produire des qualités aromatiques exceptionnelles et très originales, ce qui permettra de commercialiser mieux le produit.
L’impact des activités humaines sur l’environnement risque d’entraîner un réchauffement climatique et une aridification des terres, ces deux cépages sont particulièrement bien résistants au manque d’eau. Les études sur le végétal pour la production alimentaire devraient tenir compte de ce facteur décisif pour l’avenir de l’espèce humaine.
A. Leygnier/P. Torrès/J-M. Goyhenex « Les vins doux naturels de la méditerranée » Editions Aubanel, année 2000, Pages : 99 à 103.
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**