Lutin Jardin est une petite exploitation en agriculture biologique. La ferme maintient d’étroites relations avec les familles adhérentes et les autres agriculteurs biologiques de la région. Le travail et les activités de cette ferme montrent l’importance pour les petits acteurs agricoles de se structurer en réseaux commerciaux et collaboratifs avec les acteurs du territoire afin de valoriser les circuits courts.
Démarrage : Juillet 2007
Lieu de réalisation : Montferrier-sur-Lez
Budget : 100000
Après une formation en agriculture conventionnelle motivée par une réorientation professionnelle, Yezid Allaya s’installe en 2006 sur une parcelle de 5000 m² en milieu périurbain de la ville de Montpellier. Il reçoit au démarrage une subvention « Jeune Agriculteur ». Après une expérience de six mois de vente dans les marchés, il monte avec ses clients une formule de paniers : Lutin Jardin.
L’objectif principal était de s’installer dans une agriculture non risquée en termes sanitaires (sans utiliser des produits de synthèse qui auraient un effet sur la santé de l’agriculteur et des consommateurs) et non polluante. La labellisation bio est naturellement apparue comme un outil efficace pour développer cette agriculture soutenable.
– les productions sont commercialisées entièrement en vente directe dans un rayon de 5 km autour de la ferme.
– 3 formules de paniers sont proposées aux adhérents qui s’engagent par trimestre et payent en avance. La distribution se fait par retrait à la ferme (2 jours dans la semaine) ou dans le marché de Montferrier-sur-Lez (1 fois par semaine).
– des fruits et des légumes sont également vendus à deux restaurants gastronomiques (L’auberge du Cèdre et le Pic Saint Loup).
– des activités d’accueil de groupes scolaires et de centres de loisirs sont aussi proposées. Des visites thématiques sont organisées pour accueillir des groupes scolaires.
– Depuis 2007, le chiffre d’affaires s’est multiplié par trois chaque année :
>> 6000 euros en 2007 et 100 000 euros en 2013.
>> 80% du chiffre d’affaires provient de la vente des paniers
– Le nombre d’adhérents a également augmenté : aujourd’hui 100 familles adhérentes. De nombreuses personnes restent sur des listes d’attente car les paniers sont exclusivement composés de produits de la ferme. Volonté de ne pas recourir à des approvisionnements extérieurs.
– Le développement des activités : sans publicité et uniquement par le biais du bouche à oreille
– En 2013, la ferme a atteint l’autoproduction de 70% du compost organique utilisé.
L’offre de Lutin Jardin a été co-construite avec les habitants du territoire. Dès le début il y a eu une très grande proximité entre l’agriculteur et ses clients, ce qui a favorisé le développement du circuit court. Aujourd’hui les adhérents sont encore consultés régulièrement pour s’exprimer sur la qualité des produits et l’éthique de travail de la ferme.
– Difficultés de spécialisation dans des petites surfaces : la mécanisation est difficile et on ne supporte pas le poids de l’investissement. Les petites surfaces exigent beaucoup de main d’œuvre, dont le coût est très élevé en France par rapport à d’autres pays tels que l’Espagne.
– L’agriculture biologique de petite surface est peu présente dans le territoire. Cela explique pourquoi elle est peu prise en considération par les pouvoirs locaux.
Lutin Jardin reçoit souvent des agriculteurs en formation et des stagiaires. Mais les solutions efficaces aux problèmes du coût de la main d’œuvre pour les petits agriculteurs doivent venir de l’échelon régional, national ou même européen.
– Faire des économies
– Recycler des intrants à partir de ce qui est déjà produit et continuer à améliorer la production de compost à partir des techniques du lombricompostage.
– La personnalité du porteur de projet : sa formation, son bagage, son engagement personnel
– Les réseaux existants dans le territoire : un territoire plus organisé amène plus de marchés
– Il faut « regarder ailleurs », remettre constamment en cause ses pratiques, son organisation. S’inspirer des expériences et des pratiques internationales dans le domaine de l’agriculture biologique de petite surface. Lutin Jardin entretient d’étroites relations collaboratives avec les agriculteurs biologiques du territoire : mutualisation des outils de production et des savoir-faire.
– Connaissances profondes du milieu et du métier: comprendre ses imprévisibilités (la météo, les ravageurs, les ventes) pour savoir s’adapter au milieu naturel et social
Définition des projets d’agrandissement, de diversification et de pilotage pour les petites surfaces.
* Yezid Allaya a créé avec les élèves ingénieurs de Supagro Montpellier un outil de pilotage informatique innovant pour les petites exploitations paysannes. Le moteur principal du logiciel est la tâche (labour, parcelle, temps, matériel, etc.) en vue de f
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**