
Depuis 2009, l’association Les Champs des Possibles accompagne des porteurs de projet à l’installation en agriculture biologique et circuits courts en Ile-de-France. Elle propose un accompagnement renforcé et un cadre innovant de test d’activité préalable à l’installation pour permettre aux candidat(e)s à l’installation de tester leur projet en grandeur réelle avant création de leur propre entreprise.
Démarrage : 2009
Lieu de réalisation : Île de France
Budget : 286517
Origine et spécificités du financement : 77% de subventions publiques (conseil Régional IDF, Agence de l’Eau Seine Normandie, Conseil Général de l’Essonne, Conseil Général de Seine-et-Marne, France Active, CIGALES) et privées + 23% d’autofinancement
Les Champs des Possibles
Montreuil – 9310047 Avenue Pasteur
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La création de nombreuses AMAP en Ile-de-France (IDF) depuis 2003 suscite un accroissement de la demande en produits agricoles biologiques. Toutefois, la majorité de ces produits ne provient pas de la région. Face aux doubles constats du manque d’agriculteurs en zone périurbaine et des difficultés d’installation des jeunes agriculteurs bio, le Réseau des AMAP d’Ile-de-France a lancé en 2009 une couveuse d’activité rurale et agricole : l’association Les Champs des Possibles.
– Favoriser l’installation de nouveaux actifs agricoles en Ile de France
– Favoriser l’insertion dans le milieu socio-professionnel, en particulier pour les personnes non issues du monde agricole
– Répondre à l’enjeu du redéploiement d’une agriculture biologique de proximité orientée vers les circuits courts
– Permettre une transition progressive entre formation agricole et installation, en organisant la transmission des savoir-faire pratique et la confrontation aux réalités du métier
TEST D’ACTIVITE AGRICOLE : 3 fermes d’accueil (Villenauxe-la-Petite en Seine-et-Marne, Essonne et Yvelines) accueil et accompagnement de candidat(e)s à l’installation en agriculture biologique :
– Durée : 1 à 3 ans
– « Compagnonnage paysan » : 4 « paysans tuteurs mobilisés » (transmission des savoir-faire et faciliter l’insertion dans le milieu professionnel)
– Réversibilité du test : création d’une activité agricole ou un changement d’orientation en cas de non validation par le porteur
ACTIVITE DANS UN CADRE SECURISE : hébergement juridique de l’activité par la couveuse, mise à disposition de moyens de productions (foncier, matériel, etc.) d’un statut et d’une couverture sociale, mise en relation avec des partenaires commerciaux (AMAP), accompagnement technique, accompagnement à l’entrepreneuriat, appui à la recherche de foncier, etc.
ORGANISME DE FORMATION depuis 2011 : sessions de formation annuelles pour des porteurs de projet et des paysans installés (thèmes : techniques de production en agriculture biologique, gestion économique de l’exploitation ou à l’entrepreneuriat, etc.)
Depuis la création de la couveuse :
– 15 personnes accompagnées par le dispositif en maraîchage, élevage ovin et polyculture
– Sur les 9 personnes sorties : 7 installées ou en cours d’installation, 1 orientée vers le salariat agricole et 1 création d’entreprise de réalisation de potagers chez des particuliers
– 8 578 paniers de légumes ou colis d’agneaux produits pour une dizaine de groupes en AMAP partenaires.
– Chiffre d’affaires cumulé des entrepreneurs à l’essai accueillis en 2013 : 171 000 euros
– Plusieurs collectivités sont aujourd’hui candidates pour accueillir sur leur sol un lieu test du dispositif.
Les Champs des Possibles est une adaptation au secteur agricole du concept des couveuses CAE (coopératives d’activités et d’emploi) développé dans les années 2000 dans le secteur de l’Economie Sociale et Solidaire. Les besoins spécifiques du public « hors cadre familial », mal appréhendé par les dispositifs classiques d’accompagnement à l’installation, sont également pris en compte.
Terre de liens IDF, Réseau des AMAP IDF, Groupement des agriculteurs biologiques d’IDF du pôle ABIOSOL (pôle régional d’accompagnement des projets biologiques et solidaires).
– Adaptation nécessaire de statuts et de cadres légaux initialement non conçus pour des projets agricoles.
– Faible disponibilité foncière en IDF et importante concurrence
– Besoins d’investissement (en bâtiments agricoles notamment) difficiles à financer étant donné le caractère non lucratif de l’activité
– Obstacles juridiques et administratifs levés par un travail de fond réalisé avec les administrations concernées (MSA, pôle Emploi, DRIAAF, DIRECCTE) et l’appui du RENETA
– L’accès au foncier: mise à disposition de terres d’exploitants
– Mise en place d’un « fonds de dotation pour investissement » alimenté par les amapiens partenaires du projet : entre 7 000 et 9 000 € collectés chaque année
– Transformation en Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) en 2014 pour mieux répondre aux besoins de développement du projet
– Elargissement du nombre de lieux de test et de la gamme des activités « testables » (grandes cultures, arboriculture, élevage…)
– Proposition d’hébergement durable d’activités agricoles au sein de la SCIC permettant aux personnes volontaires de créer leur activité agricole ou artisanale dans le cadre d’une entreprise coopérative partagée.
– Mise en place d’une ressourcerie de matériel agricole pour permettre l’équipement progressif des jeunes installé(e)s en matériel agricole.
RECOMMANDATIONS GENERALES :
– Secteur d’activité porteur : débouchés en croissance
– S’assurer d’une implication forte des collectivités territoriales
– Force du réseau et base militante importante du mouvement AMAP régional
RECOMMANDATIONS OPERATIONNELLES :
– Définir un périmètre d’action pertinent (ici le territoire régional), y repérer les acteurs potentiellement concernés par le projet pour établir synergies et économies d’échelle.
– S’appuyer sur un réseau d’agriculteurs bio garant de l’insertion dans le milieu socio professionnel.
– Favoriser un accompagnement sur des fermes en activité afin de maximiser la transmission des savoir-faire et utiliser au mieux les ressources.
– Développer des partenariats également avec les acteurs de l’emploi, de la formation, de l’économie sociale et solidaire.
– Ne pas sous-estimer le temps d’animation nécessaire (considérer la création d’un poste dédié)
– Recherche appliquée sur la question du transfert des savoirs paysans afin de calibrer au mieux l’accompagnement (projet en cours au sein de RENETA avec plusieurs centres de recherche)
– Adaptation des statuts coopératifs aux fonctions de test d’activité et de coopération de production (travail en cours avec la CG-SCOP et la FN CUMA)
– Analyse sociologique des profils et parcours des nouveaux installés NIMA (Non Issus du Monde Agricole), très différents des vagues de retour à la terre des années 70-80 (thésard bienvenu !)
– RENETA, Les Espaces-Test agricoles : une diversité de dispositifs au service de l’installation agricole, CREFAD Documents, 2013, 150 p
– Ministère de l’Agriculture, Programme Ambition Bio 2017, Recueil de projets exemplaires, décembre 2013, 68 p.
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**