Observatoire

L’installation et la transmission selon la Ferme de la Pignerie

La ferme familiale de la Pignerie, basée en Bretagne et existant depuis 1981, a accueilli l’installation de trois nouveaux actifs et transmet progressivement l’exploitation sous la forme d’une cohabitation. Leur production est distribuée par vente directe et petit à petit convertie en bio. L’alimentation animale est produite de façon autonome.

Auteurs(s)

Timothée
Dupont

Fiche rédigée par Gemma Cornuau

Programme

Démarrage : 2009

Lieu de réalisation : Ecré-en-Lamée

Origine et spécificités du financement : fonds propres

Organisme(s)

Ferme Jolivel

Ecré-en-Lamée – 35620

La Pignerie

4Salariés

ORIGINE ET CONTEXTE

La Ferme familiale Pignerie existe depuis 1981 : 80 hectares exploités selon un système herbager et sans produits phytosanitaires. Cette ferme se situe dans une région traditionnelle de polyculture-élevage où la tendance est de faire de plus en plus de céréales et d’augmenter la surface par actif. Depuis 2009, cette ferme accueille de nouveaux exploitants, membres de la même famille : la ferme Jolivet. Ces nouvelles installations sont destinées à moyen terme à reprendre la ferme familiale. Les orientations de ces fermes sont fortement influencées par les épisodes de sécheresse, la flambée du prix des céréales et la baisse de celui de la viande.

Objectifs

– Installation en tant que paysan et volonté de créer plus de valeur ajoutée sur une même surface de production
– Réorientation vers la vente directe et autonomisation de la production de l’alimentation animale
– Conversion en exploitation biologique

ACTIONS MISES EN OEUVRE

EXPLOITATION DE L’ANCIENNE FERME :
– réduction du cheptel bovin allaitant pour adapter la taille à la quantité de fourrages produite sur l’exploitation
– production d’un mélange céréalier

NOUVEAUX EXPLOITANTS :
– Atelier de poules pondeuses (250 au départ et 800 aujourd’hui) en association avec un verger de pommes à couteau sur 3 hectares. Mise en place d’un atelier de fraises provisoire (800 pieds) en attente de l’arrivée en production des pommiers
– Installation d’un atelier de brebis laitières sur 15 hectares provenant de la ferme familiale et sur 15 autres hectares acquis à l’aide de la SAFER (Société d’Aménagement foncier et d’établissement rural).

LE RESTE DE LA FERME : prairie temporaire pour le troupeau allaitant
– 2009 : conversion des terres en bio
– 2011 : troupeau allaitant certifié bio et construction d’un magasin de production à la ferme où un marché se tient tous les jeudis avec d’autres producteurs.

Résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs

– Bénéfices de la cohabitation : partage du matériel de production (tracteurs, outils, etc.) et de l’accès à l’eau et l’électricité ; gain de place dans la stabulation, dont une partie a ainsi pu servir à la mise en place du magasin à la ferme et au niveau des terres
– Autonomie pour l’alimentation des animaux : la production du mélange céréalier représente 50% de l’alimentation des poules (au début, l’ensemble de l’alimentation était achetée à l’extérieur).
– Autonomie dans la commercialisation de la production grâce à la vente directe : plus de la moitié de la production bovine allaitante ; la totalité des œufs
– Peu d’endettement
– Bon accueil des AMAPS, des marchés et au magasin de la ferme

Originalité

La transmission de cette exploitation familiale est originale et se fait progressivement selon un modèle « installation – cohabitation ». Trois actifs cohabitent sur la ferme : le propriétaire continue d’exploiter un pourcentage de la parcelle et les deux nouveaux arrivants ont un statut de salariés avant de s’associer et de créer une nouvelle structure.

Partenariat(s)

Producteurs locaux, un abattoir municipal et l’atelier de découpe de la CUMA « De la terre à l’assiette » pour la viande bovine.

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés pendant la mise en œuvre :

– Règlements sanitaires de plus en plus contraignants
– Vigilance quant à la lourdeur de la vente directe (chronophage)

Améliorations futures possibles :

– Continuer sur la dynamique de plus d’autonomie alimentaire
– Développer la vente de viande bovine à la coopérative « Bretagne viande bio », qui fournit le réseau Biocoop, en complément de la vente directe
– Chercher des voies de commercialisation pour le verger qui va arriver à maturité

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou un essaimage :

– Adossement à la ferme familiale : augmente la possibilité de choix et limite les risques (financiers notamment)
– L’installation progressive permet d’apprendre à travailler ensemble, de ne pas introduire de changements brutaux et ainsi de faciliter la pérennité de la reprise de la ferme.
– Région assez dynamique même s’ils ne sont pas dans le courant dominant de développement
– Proximité de grandes villes représentant des bassins de consommation importants pour la vente directe : Rennes et Nantes
– Attitude de l’exploitant sur le départ : transmettre sa ferme sans la survaloriser

Pour en savoir plus

Article « Ille-et-Vilaine, Pour transmettre, il faut du temps ! », Campagnes solidaires n°264 (juillet-août 2011) : http://www.agriculturepaysanne.org/files/portrait-ferme-Jolivel.pdf

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Comité de lecture
Date de lecture de la fiche
09/08/2014
Localisation
France
ille-et-vilaine
Appréciation(s) du comité
Source d’inspiration !
Domaine
Emploi et insertionEnvironnementAgriculture
Type de structure
Exploitation agricole
Envergure du programme
Locale
Bénéficiaires
Professionnels
Type d’action
Agroécologie
Type d’objectif
Préservation de la qualité / fertilité des solsDépollution des modes de production agricole (introduction d’alternatives aux intrants chimiques, pesticides, fongicides…)Entretien du patrimoine naturelMaintien et/ou création direct(e) d’emploisCréation de dynamiques économiques
Localisation
Licence

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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**