
Depuis 2004, la coopérative « Coopaname » agit dans toute l’Ile-de-France pour aider et accompagner toute personne désirant développer une activité économique. Coopaname propose le partage d’une entreprise commune pour pratiquer son métier de manière autonome.
Démarrage : 2004
Lieu de réalisation : Région Ile-de-France
Budget : 120000
Origine et spécificités du financement : 10% du chiffre d’affaire d’entrepreneurs accompagnés, Conseil Général 93, Région Ile-de-France, plaine commune
Constatant que la création d’entreprises individuelles ou l’auto-entrepreneuriat ne répondaient pas aux besoins et aspirations de la plupart des personnes souhaitant vivre de leurs métiers de manière autonome, Coopaname propose de partager une entreprise coopérative plutôt de créer la sienne propre pour mener à bien ses projets économiques. Issue du mouvement des Coopératives d’Activités et d’Emplois (CAE) créé à Lyon en 1995 par Elisabeth Bost, Coopaname est aujourd’hui une entreprise de plus de 700 personnes présente principalement en Ile-de-France. L’établissement d’Aubervilliers a vu le jour en 2007 et rassemble environ 80 personnes de tous métiers (menuisier, formatrice, développeur informatique, berger, motion designer…).
Coopaname construit au quotidien une forme nouvelle d’organisation économique dans laquelle peuvent s’inventer de nouveaux rapports au travail. Au-delà du salariat subordonné et de l’entrepreneuriat précarisé, il s’agit de développer la coopération, c’est-à-dire la possibilité pour chacune et chacun de pratiquer son métier de manière autonome grâce à son inscription dans une entreprise commune gérée démocratiquement. En mutualisant le cadre coopératif, les coopanamiennes et coopanamiens se dotent collectivement de solidarités, de droits, de formations, de capacités financières, de protections sociales, de possibilités de papillonnage et de collaborations auxquels ils n’auraient pas accès s’ils étaient entrepreneurs individuels.
– Accompagnement et développement d’activités : intégration et accompagnement au sein de la coopérative de tout porteur de projet désireux de pratiquer son métier dans ce cadre, seul ou avec quelques associé.es. Bénéfice d’une protection sociale salariée, de mécanismes d’entreprises collectives (formation professionnelle, accord d’intéressement…), d’une mutualisation des risques. Dans une optique entrepreneuriale, mutualisation des fonctions administratives, comptables, financières (etc.) de l’entreprise. Accompagnement individuel, collectif et mutuel des activités de chacune dans la durée. Accès à des formations, ateliers, groupes de travail, collaborations professionnelles etc.
– Programme d’éducation à l’économie : en partenariat notamment avec des collèges et lycées, Coopaname et les coopanamiens mènent également à bien des actions d’éducation populaire visant la découverte par les plus jeunes des métiers et des pratiques coopératives.
– Programme jeune : Projet national « Piments » permet l’intégration à Coopaname de jeunes professionnel.les dans une logique de compagnonnage auprès de Coopanamien.nes plus expérimenté.es.
– « Coworking » et « Fablab » (laboratoire de création numérique) : au travers de la coopérative Point Carré à Saint-Denis, dont Coopaname est l’une des sociétaires fondatrices (ouverture prévue en septembre 2015).
– Volet éducatif (en collaboration avec la chaire d’Economie Sociale et Solidaire de l’Université de Marne-la-Vallée) : travail avec des enseignants-chercheurs et les étudiants afin de permettre aux élèves de réaliser un projet sous la forme d’une coopérative pendant l’année universitaire.
– En 10 années d’existence, Coopaname est devenue une entreprise emblématique du renouveau coopératif en Europe. Elle rassemble plus de 700 personnes à différents stades de développement de leurs projets (du balbutiement à l’activité pérenne en passant par l’activité par intermittence) et réalisera en 2014 environ 8 millions d’euros de chiffre d’affaires.
– En 2014, Coopaname est, avec SMart et Oxalis, à l’initiative de la création de « Bigre », la première mutuelle de travail qui rassemble d’ores et déjà 7000 personnes de métiers très différents dans une logique interprofessionnelle : artistes, artisans, prestataires de services, techniciens du spectacle, journalistes pigistes, paysans, free lance, auteurs, intervenants sportifs etc.
Le caractère expérimental de Coopaname, structure évolutive, qui se construit à l’intersection d’univers différents : monde universitaire et éducation populaire, entrepreneuriat et emploi, développement économique et action sociale, hautes technologies et insertion, action syndicale et autogestion etc. Avec l’idée de mutualité de travail, Coopaname et Bigre entendent proposer une alternative progressiste et féconde dans le débat sur les nouveaux rapports à l’emploi ou la flexisécurité.
Collectivités locales (Plaine Commune, villes de Paris, Nanterre, Chevilly-Larue, Conseil Général du Val-de-Marne, Région Ile-de-France etc.), Caisse des Dépôts et Consignations, DIRECCTE, autres acteurs de l’ESS (Accès, Minga, les Petits Débrouillards, SMart, Oxalis, etc.), Union européenne, Université de Marne-la-vallée, etc.
– Le bail à Aubervilliers se terminant à la fin de l’année 2015, il faut chercher de nouveaux locaux mais les prix des loyers ont doublé en 5 ans : Coopaname est menacée de devoir quitter le territoire de la commune.
En cours
Création de la Manufacture coopérative (« Manucoop », projet national) : offre d’une capacité d’accompagnement pour tout groupe de personnes désireuses de travailler à un projet coopératif commun (création, transformation, reprise, évolution en coopérative, quels que soient le type et les statuts coopératifs concernés).
– La vitalité démocratique de la coopérative, c’est-à-dire sa capacité à intégrer vite et fortement un nombre croissant d’associés, et à faire en sorte que les responsabilités (notamment les mandats électifs) soient assumées par un large nombre d’associés bien formés, représentatifs de la sociologie de l’entreprise, avec un taux de rotation élevé.
– La capacité à toujours plus automatiser les processus les plus courants, notamment en généralisant progressivement des systèmes d’informations collaboratifs.
– La sécurisation du soutien de la puissance publique au financement de l’accompagnement procuré au sein de la coopérative.
– La conservation d’une culture d’organisation forte malgré le développement de la taille de l’entreprise.
– La modestie juridique de l’Etat en matière de promotion de l’économie sociale.
– Il est conseillé de ne jamais transposer ni généraliser quelque chose qui marche, mais de s’en inspirer pour expérimenter à nouveau… Ne pas hésiter à s’adresser à la Manufacture coopérative pour être épaulé sur ce sujet !
– Démocratie et entreprise : quelles représentations du pouvoir ?
– Pourquoi Coopaname est-elle composée aux 2/3 de femmes ?
– Le lien entre développement de la création d’entreprise et paupérisation des territoires
Aux Entreprenants Associés, Elisabeth Bost, éditions Repas 2011
Faire société, le choix coopératif, collectif la Manufacture coopérative, éditions du Croquant 2014
www.coopaname.coop
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**