
Présente dans un quartier marqué par un fort taux de chômage et une disparition du lien social, l’association « Régie de quartier Maladrerie- Emile Dubois » œuvre depuis 2003 pour l’inclusion socio-professionnelle des jeunes et des femmes du quartier.
Démarrage : 2003
Lieu de réalisation : Aubervilliers (France)
Budget : 1100000
Origine et spécificités du financement : Chiffre d’affaires, subventions (Marie, CUCS, CUI CDDI)
Régie de quartier Maladrerie – Emile Dubois
Aubervilliers (France) – 9330031, rue Lopez et Jules Martin
•
•
La Maladrerie, cité-jardin créée dans les années 1970, a subi une dégradation progressive des conditions de vie de la population et du quartier (crise sociale et paupérisation). On constate des phénomènes de repli sur soi et la disparition du lien social. Parallèlement, dans les années 1980 a émergé le concept des régies de quartier en tant que véritables laboratoires d’idées pour dynamiser la vie sociale et solutionner les problèmes des quartiers. C’est sur la base de ce concept qu’est née en 2001 « la Régie de quartier Maladrerie – Emile Dubois ». Deux ans après sa création, l’association « la Régie de quartier Maladrerie – Emile Dubois » a souhaité guider les jeunes (économie souterraine, rupture scolaire) dans une perspective d’emploi. En 2007, les actions s’élargissent aux femmes (mères célibataires, éloignées des savoirs de base, parfois illettrées).
– Promouvoir la richesse locale
– Encourager la solidarité de proximité
– Réussir à faire sortir de la misère et de l’exclusion les jeunes et les femmes
– Recréer du lien social
– Permettre aux habitants d’être acteurs de leur quartier.
– Ateliers d’alphabétisation pour adultes
– Conseils de quartiers sur la base de la démocratie participative, sur les sujets relatifs à la vie du quartier (équipement et aménagement urbain, propreté et cadre de vie, respect des personnes, sécurité, animation du quartier)
– Mise en place de tuteurs de vie sociale
– Organisations d’événements sportifs et culturels (vernissage, pièces de théâtre)
– Programme de téléassistance pour personnes âgées
– Entreprise d’insertion : Actions organisées autour de l’emploi à la Régie et le travail d’insertion (formation, recherche d’emploi)
• Modules d’acquisition des savoirs de base à visée professionnelle : bureautique, menuiserie, électricité, tapisserie, « gestes et posture » pour les techniciennes de surface, atelier de français, etc.
• Contrats en insertion, CUI, CDDI, CDD : activités économiques de proximité (ménage ; nettoyage des espaces verts ; coursier d’étage, lors de pannes d’ascenseur, les jeunes aident les habitants à monter leurs courses, la poussette, etc., dans leur appartement.)
• Suivi individuel et accompagnement dans la recherche d’emploi ou l’accès à un projet professionnel (deux médiateurs et une conseillère en insertion socio-professionnelle)
– Les 2 premiers jeunes bénéficiaires sont devenus médiateurs socio-culturels à la Régie : ils aident aujourd’hui les jeunes à rédiger leur CV, répondre à des offres d’emploi, rencontrer les structures associées, etc.
– Depuis les premières actions, 89 personnes ont retrouvé un emploi durable à leur sortie
– Les salariés en insertion reprennent leur vie en mains et retrouvent confiance en leurs propres capacités ; soit l’état d’esprit nécessaire pour retrouver une place sur le marché du travail.
Ce programme vise à la fois l’intégration sociale et professionnelle : les activités d’intégration professionnelle (plan de formation adapté en fonction du projet professionnel des bénéficiaires) sont combinées à un suivi social individualisé.
Les habitants sont au cœur du dispositif en tant qu’usagers des services rendus par la Régie, bénéficiaires des emplois qu’elle offre et membres actifs de la conduite du projet en tant qu’administrateurs ou adhérents engagés dans ses actions.
Ville d’Aubervilliers (travaux de second œuvre), Office Public de l’Habitat d’Aubervilliers (ménage des halls et parties communes, coursiers d’étage, travaux de second œuvre), Communauté d’Agglomération Plaine Commune (nettoyage de la voirie), Bailleurs privés (tous types d’intervention, débarras de caves, espaces verts), Pôle Emploi (envoi de demandeurs d’emploi à la Régie)
– Renouvellement des marchés, donc concurrence entre la Régie et des entreprises extérieures (ex : sociétés de nettoyage). Ecarts dans les moyens humains et logistiques, et plus-value sociale de la Régie non prise en compte. 4 mois sans activité de portage, 3 personnes licenciées.
– Pôle Emploi ne prend pas forcément en compte les modalités de la Régie.
– Certains jeunes n’ont pas de projet professionnel car ils n’arrivent pas à se projeter dans l’avenir.
– Repli socio-économique, individualisme et paupérisation de la population, donc globalement, l’amélioration de la vie dans le quartier a échoué.
– Collaboration avec d’autres structures sur le quartier, la ville ou le département (associations existantes, pour les primo-arrivants par exemple) pour répondre aux besoins des habitants
– Diversifier les offres d’emploi en développant des partenariats dans d’autres secteurs d’activité (nouvelles technologies, téléassistance)
– Recherche de nouveaux leviers d’insertion, notamment dans les domaines culturels
– Préparer des personnes qui ne sont pas encore prêtes à travailler en organisant des rencontres avec les salariés en insertion : échanges d’expériences, de savoirs, sorte de parrainage
– Former les fonctionnaires territoriaux aux réalités de terrain
– Développer un nouveau modèle de gestion plus social
PRESENTATION DES FACTEURS DE REUSSITE POUR LA MISE EN ŒUVRE DU PROGRAMME
– Accompagnement et suivi individuel
– La Régie travaille pour répondre à des demandes directes des habitants
– La volonté politique des financeurs
– Soutien du quartier : beaucoup d’habitants ont été présents pour la création de la Régie
– Planification du travail sur plusieurs mois grâce à des contrats signés avec la Ville d’Aubervilliers et le Département (programme d’insertion du Conseil Général)
CONSEILS POUR UNE GENERALISATION OU TRANSPOSITION DU PROGRAMME
– Les salariés en insertion à la Régie doivent véhiculer les idées et actions de la Régie au reste des habitants.
– Nécessité de collaborer avec l’OPH et la ville pour développer un lien social et mener les actions.
Partager sur
Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0
Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**