L’Institut de Permaculture de Bahia a lancé en 1999 un projet de « Polyculture en Régions Semi-Arides » à Bahia (Brésil). Ses objectifs consistaient à garantir la sécurité alimentaire, former les agriculteurs aux pratiques écologiques, réduire l’exode rural et protéger l’environnement.
Démarrage : 1999
Lieu de réalisation : Bahia (Brésil)
Institut de Permaculture de Bahia
Salvador – 41770-035Alameda Marine 470
63 % des municipalités de Bahia (Brésil) se trouvent dans des régions semi-arides. Des études affirment que cet écosystème sera parmi les plus touchés par le changement climatique. Celui-ci n’affectera pas seulement la biodiversité, mais aussi la production alimentaire et la qualité de vie des populations locales.
Le projet de l’Institut de Permaculture de Bahia (IPB), Polyculture en Régions Semi-Arides, a commencé en 1999 et s’est achevé en 2011. Il était basé sur une association de pratiques environnementalement et économiquement durables, sur une compréhension empirique des petits agriculteurs, sur une maîtrise des principes agroécologiques (pratiques agricoles liées aux systèmes naturels) et de la permaculture (aménagement et organisation durables du territoire). Il cherchait à créer des champs expérimentaux et polyculturels, à garantir une sécurité alimentaire aux familles agricoles, à réduire le dépeuplement rural et à lutter contre la désertification de la région.
• Les agriculteurs se sont associés pour promouvoir la vente des excédents de production sous formes transformées (jus, confiture). Ils cherchaient ainsi à augmenter les revenus familiaux et à réduire les gaspillages
• Le programme a offert un emploi à moyen terme à 25 jeunes qui devaient remplacer les techniciens agricoles et vulgariser les connaissances sur la polyculture et les techniques agricoles durables
• Des cultures localement adaptées ont utilisé des pois d’Angole, du sorgho, du sésame, des citrouilles, des papayes, des ananas, des mangues, des palmiers, etc.
• Le festival annuel de la polyculture (3 jours) permettait aux agriculteurs de célébrer des formations en techniques polyculturelles de l’agriculture familiale. Le programme incluait une remise de certificats, des conférences et des témoignages d’apprentis
• Les agriculteurs locaux présentaient des techniques aux autres professionnels de la région (en installant des champs expérimentaux polyculturels). Les jeunes locaux formés pour devenir agents communautaires participaient eux aussi à l’événement
• Le projet a été étendu à 65 communautés rurales dans 4 municipalités de la région semi-aride de Bahia : Cafarnaum, Morro do Chapéu, Ourolândia et Umburanas.
• Près de 1 500 familles (sur 400 propriétés) ont adopté des techniques agricoles durables et plus de 300 agriculteurs ont reçus une formation technique en polyculture
• 10 pépinières communautaires ont été créées pour produire des plants et 80 000 arbres ont été plantés
• 50 agriculteurs ont été formés pour interagir avec les communautés et les guider, ainsi que 40 jeunes pour devenir agents de communauté rurale (ACR)
• 4 associations d’agriculteurs en polyculture ont été créées (avec un total de 100 membres)
• La diversité des plantations existantes permet aux agriculteurs de vendre leurs excédents tout au long de l’année
• Réduction de l’exode rural : les jeunes ont abandonné l’idée de migrer vers les grandes villes pour rester travailler sur les propriétés familiales
• Les revenus familiaux ont significativement progressé, principalement grâce à une réduction de la dépendance des ressources externes
• L’adoption de la polyculture a augmenté la diversité des aliments consommés par les familles ainsi que leur qualité
• Les agriculteurs accordent plus d’importance à leurs cultures ainsi qu’aux fruits autochtones du Caatinga
• Les communautés interrogées ont majoritairement accepté le projet
• De grandes surfaces de terres sont aujourd’hui recouvertes grâce à la diversité des plantes
• Les agriculteurs répandent leurs déchets champêtres sur le sol et autour des plantes pour nourrir la terre sans engrais industriels ainsi que pour diminuer sa température et donc ralentir l’évaporation.
Le programme a su recréer, par le biais d’un partenariat avec les agriculteurs et les communautés de la région, des agroécosystèmes semblables à l’écosystème naturel original du Caatinga. Comme prévu, les bénéfices sont multiples : amélioration des moyens d’existence et de la sécurité alimentaire, diminution de l’exode rural, transfert des connaissances pratiques en polyculture, permaculture et protection de l’environnement
Fonds National pour l’Environnement/ministère de l’Environnement (FNMA/MMA), Companhia Nacional de Abastecimento/ministère du Développement Agricole (CONAB/MDA), Burreau Général pour le Développement Social et la Lutte contre la Pauvreté dans l’État de Bahia (SECOMP), Companhia de Desenvolvimento e Ação Regional (CAR), les administrations municipales de Cafarnaum, Ourolândia et Umburanas, Brasil Óleo de Mamona Ltda. (BOM), Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), Association des Agriculteurs en Polyculture Semi-Aride, Association des Agriculteurs en Polyculture des municipalités de Umburanas, de Catarina en Ourolândia, et de Tombador en Umburanas, Syndicat des Industriels de l’Huile Végétale de Bahia et Both Ends NGO (Pays-bas).
N/C
De nouvelles recherches sont aujourd’hui nécessaires en différentes régions du Brésil et du monde à propos des technologies sociales telle la Polyculture en Régions Semi-Arides du Brésil afin d’analyser les possibilités de reproduction et d’utilisation efficaces dans des conditions différentes.
• « Ces pratiques sont simples et peuvent être aisément reproduites sans aucune charge pour les familles ni besoins de ressources externes (financières, matérielles ou humaines) ». (UNV, Caixa; 2007)
• L’impact social majeur du projet a été d’améliorer la sécurité alimentaire des familles
• Les décisions concernant les pratiques et l’évolution du projet étaient prises collectivement durant des réunions trimestrielles des équipes techniques de l’IPB auxquelles participaient occasionnellement des représentants des agriculteurs et des partenaires
• La propre biodiversité de la polyculture limite les mauvaises herbes, les insectes et les maladies. De plus, son utilisation en eau est extrêmement efficace. Aussi, cultiver différentes espèces dans la même zone permet à celle-ci d’être plus résistante face aux nuisibles
• Le programme a réussi à générer un plus grand respect de l’environnement, une prise de conscience du changement climatique, une élimination des techniques destructrices et une quête d’harmonie des agriculteurs avec l’environnement
• Les Prix des Technologies Sociales de la Banque du Brésil ont reconnu par le biais d’un certificat présenté en 2007 que la polyculture était une technologie sociale. Cette reconnaissance montre que le projet peut être reproduit ailleurs
• Le projet a regroupé plusieurs décideurs politiques (gouvernement, entreprises, associations et ONG) derrière un but commun
• Une généralisation du projet implique de respecter les caractéristiques au cœur des Technologies Sociales (faible investissement financier, utilisation des ressources locales, implication communautaire, reproductibilité)
• Le plus grand investissement nécessaire est d’ordre humain. De plus, les propositions de développement doivent se concentrer sur l’autonomisation des communautés en leur proposant un réel développement humain.
Cardoso Ventura, A., Andrade, J. C. S. “Polyculture on the semi-arid regions of Brazil”, FACTS Reports (2013) in press
Le projet a remporté le premier prix dans la catégorie action responsable lors des Prix Environnementaux de Bahia organisés par le Secretaire d’État à l’Environnement et aux Ressources en Eau de Bahia
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**