Observatoire

UEMA – Les Petits Cailloux : une école ouverte à tous

Classe à part entière, l’Unité d’Enseignement Maternelle Autisme (UEMA) « Les Petits Cailloux » accompagne des enfants avec TSA de 3 ans à 6 ans, sur une durée d’apprentissage de 3 ans. L’équipe professionnelle est composée entre autres d’éducatrices, de psychologues et d’une psychomotricienne qui harmonisent leurs pratiques dans un but commun : l’inclusion de ces enfants en milieu ordinaire.

Auteurs(s)

Pascale
Guezennec

Fiche rédigée par Kathleen Lavery

Programme

Démarrage : 2016

Lieu de réalisation : Saint-Denis

Organisme(s)

UEMA Les Petits Cailloux

Saint-Denis – 93210

1 bis Chemin des Petits Cailloux

7Salariés

ORIGINE ET CONTEXTE

Le groupe scolaire “Les Petits Cailloux” situé à Saint-Denis accueille depuis la rentrée 2016 une unité d’enseignement maternelle pour les enfants avec autisme, dans le cadre d’une convention entre l’éducation nationale et l’IME de Villepinte.

Faisant suite à une décision des services éducatifs, cette unité d’enseignement a été créé dans l’optique de répondre à l’un des défis du 4e Plan Autisme autour de l’inclusion scolaire des enfants avec TSA.

Objectifs

  • Permettre aux enfants avec TSA d’intégrer par la suite une unité éducative en élémentaire autisme (UEEA) ou le système scolaire ordinaire, grâce à des outils éducatifs et thérapeutiques adaptés.
  • Permettre aux élèves de l’UE de grandir et d’évoluer dans un milieu ordinaire et d’accéder à des sessions dans une classe ordinaire.
  • Répondre aux objectifs d’apprentissage et de développement des enfants de l’UE.
  • Sensibiliser les autres élèves de la maternelle au vivre-ensemble avec des enfants porteurs de handicap.

ACTIONS MISES EN OEUVRE

  • En début d’année : évaluation des enfants faite au préalable avec la psychologue, correspondant au programme de l’Education Nationale et réalisation de prérequis aux apprentissages.
  • En fonction des résultats : mise en place de projets personnalisés pour chaque enfant avec des objectifs définis à réaliser sur l’année. Les objectifs sont par la suite découpés de manière très précise avec des exercices détaillés, où il est également indiqué le matériel utilisé. Ces objectifs, maintenus et repris dans la durée, doivent être acquis 3 jours consécutifs pour leur validation.
  • À la fin de l’année : restitution de ce qui a été acquis et réflexions sur les choses que l’on peut mettre en place pour l’année suivante.
  • Méthode ABA dispensée par la psychologue (également superviseuse) deux fois par semaine.
  • Méthode PECS (Picture Exchange Communication System) ; outil de communication.
  • Pictogramme.
  • Évaluation sur la motricité de l’élève.
  • Évaluation du rapport de l’élève et de ses contacts avec les autres se traduisant par des fiches disposées dans les sanitaires répertoriant les objectifs que l’enfant doit atteindre, dans la journée.
  • Apprentissage de la propreté.
  • Guidance parentale : tous les 15 jours, les éducatrices interviennent à domicile dans le but de donner des outils de communication et des conseils pour pallier les difficultés rencontrées par les parents et faciliter leur quotidien. L’idée : assurer une continuité entre le domicile et l’unité.
  • En plus des objectifs scolaires ; mise en place de protocoles définis autour de l’autonomie et de protocoles spécifiques définis pour une désensibilisation, accompagnée d’une prise en charge individuelle

Résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs

Au terme de la première année : Bilan plus positif pour l’unité maternelle que pour que l’unité élémentaire, expliquée par un budget qui va du simple au double, les moyens humains et les recrutements.

Pour certaines familles de ces élèves, elles ont pu avoir à nouveau une vie sociale et reprendre leur activité professionnelle ; choses qui n’étaient pas envisageable auparavant.

Originalité

Bien que les UEMA soient amenées à se pérenniser, ce sont des dispositifs qui démarrent. Le territoire de la Seine-Saint- Denis dispose de très de ces structures. Néanmoins, c’est un service de proximité pour les familles, assurant une vraie prise en charge.

Partenariat(s)

Partenaires extérieures :

  • Suivi en orthophonie, suivi à l’IME (psychologue, psychomotricité), suivi à l’Hôpital Debré (pour les bilans).
  • Une psychomotricienne.

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés pendant la mise en œuvre :

  • Contraintes des prises en charge extérieure des enfants : normalement sur l’unité d’enseignement, il devrait y avoir une orthophoniste rattachée, mais il est plus intéressant d’exercer en libérale que d’être au sein d’une structure. Beaucoup d’enfants sont donc prisent en charge à l’extérieur et certains y sont absents les matinées.
  • Le protocole sanitaire est d’autant plus difficile à être mis en place pour une classe accueillant des enfants autistes. Ces derniers mettent tout dans leur bouche, il n’est donc pas possible de désinfecter le matériel les entourant. L’équipe se contente de garder leur masque sur leur visage et de se laver les mains le plus régulièrement possible.
  • Les inclusions de certains élèves dans les classes ordinaires ont été interrompues également par le protocole sanitaire. En attente des nouvelles directives pour la reprise de ces inclusions.
  • Dans un protocole défini ; pour qu’un élève valide une compétence, il faille qu’il réussisse 3 jours consécutifs à la même activité. En l’absence d’une enseignante non replacée, l’évaluation de l’élève ne peut se faire, et on demeure dans l’incapacité de quantifier le progrès de celui-ci. En outre, la collègue de l’enseignante absente se retrouve seule et la prise en charge individuelle ne peut être effectuée, retardant ainsi l’apprentissage.
  • Techniques d’encouragement pour les enfants ; il y a des manières très précises de formuler des demandes et d’y répondre ou non. Certains parents ne suivaient pas les protocoles nécessaires à la progression de l’enfant.
  • L’autisme demeure nouveau pour l’ensemble des professionnels ; les enfants en situation d’handicap relèvent de besoin spécifique pour lesquels l’équipe ne dispose pas de toutes les solutions en main. Pour certaines éducatrices, elles ont été recrutées récemment et c’est leur premier poste. Elles ont donc besoin d’un suivi d’un tutorat assuré par la psychologue.
  • L’unité tend vers une inclusion en classe ordinaire mais c’est rarement réalisable dans les faits. Seuls ceux qui ont un niveau adapté pour l’unité d’enseignement iront en ULIS, en élémentaire ou dans la mesure du possible en CP ordinaire avec une AESH.
  • Demande plus importante que la capacité d’accueil ; certaines familles ont contacté directement l’UEMA dès son ouverture. La mairie de Saint-Denis a également relayé des demandes, la directrice a transmis ces dossiers à l’IME de Villepinte.

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

Formation sur l’autisme à l’ouverture de l’UE.

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Comité de lecture
Date de lecture de la fiche
09/05/2022
Localisation
France
seine-saint-denis
Domaine
Santé, Handicap
Type de structure
Établissement scolaire
Envergure du programme
Locale
Bénéficiaires
Enfants de moins de 5 ansPersonnes en situation de handicap
Localisation
Licence

Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0
Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**