Entre 2003 et 2012, l’Institut Africain d’Informatique a formé plus de 100 000 femmes au Cameroun aux technologies de l’information et de la communication (TIC) pour favoriser leur autonomie et leur employabilité, et développer l’utilisation des TIC dans la région.
Démarrage : Août 2003
Lieu de réalisation : Cameroun
Budget : 2288839
Origine et spécificités du financement : Ministères, Parrains, Fondations, Elus nationaux et locaux, Collectivités territoriales décentralisées
Le retard technologique et le manque de formation dont souffre une grande partie de la population, et en particulier les femmes, sont deux freins au développement des pays africains. Cependant, on constate une accélération de l’usage des mobiles connectés (1/2 milliard d’unités) et des services dits e-applications qui apparaissent comme des facteurs de développement et d’activités génératrices de revenus pour les femmes à condition qu’elles puissent les utiliser efficacement.
– Former aux TIC 100 000 femmes (et certains individus issus de groupes vulnérables) à l’horizon 2012 au Cameroun pour les rendre plus autonomes dans la réalisation de leurs projets.
– Cette formation en TIC a été complétée selon les besoins identifiés des apprenants par des modules consacrés à la création d’entreprise, au montage et à la gestion de projets.
– La finalité du programme est plus généralement de contribuer à résorber la fracture numérique Nord-Sud.
– Mise en place de Centres de formation, soit dépendants de l’Institut Africain d’Informatique (10 centres délocalisés et points focaux dans les 10 régions du pays), soit installés par des entreprises, des collectivités locales ou des parrains de promotion, sur les lieux de vie des apprenants.
– Les formations sont très pratiques. Elles ont porté sur les quatre principaux modules suivants : Prise en main de l’Ordinateur – Traitement de Texte (Word I) – Tableur (Excel I) – Internet (Niveau I)
– Les sessions de 40 h comprenaient 50 personnes et des documents pédagogiques étaient remis aux apprenantes.
– 103 500 Femmes formées en bureautique sur l’étendue du territoire national au 23/10/2012.
Les femmes composant le public cible se sont réparties selon les catégories suivantes : fonctionnaires et cadres publics et privés (16 %) ; professions libérales et commerciales (26 %) ; élèves et étudiantes (23,4 %) ; responsables de la Société Civile (1 %) ; demandeurs d’emploi (33,6 %).
– Qualitativement, les témoignages font état d’un accroissement indéniable de l’égalité homme-femme. Toutes les tranches d’âge ont été atteintes. On estime que la moitié d’entre elles ont pu accroitre leur employabilité : auto-emploi ou création d’activités génératrices de revenus.
L’originalité du programme tient à son caractère inclusif en terme du public qu’il cible : des femmes de tous horizons, sans exigence de prérequis. L’implication des « élites » de la société, des élus locaux, des communautés est aussi une originalité : les chefs traditionnels et élus locaux ont parrainé des promotions de femmes originaires de leur territoire ou circonscription. Cela a permis de diffuser des informations sur l’opération, de procéder au recrutement des apprenantes, et de financer tout ou partie de leur formation.
Par sa large médiatisation, le programme est devenu un phénomène de société, contribuant au développement de l’utilisation des TIC, facteur de développement. Il n’existe pas de projet analogue au Cameroun, ni à notre connaissance dans toute l’Afrique par son ampleur et sa durée.
L’IAI dispose d’un vaste réseau de partenaires et d’une forte relation avec les médias : presse écrite et radio-télévisée.
Parrainage des chefs traditionnels et élus locaux
Les partenaires agissants dans le cadre de l’opération 100 000 Femmes/Horizon 2012 sont nombreux : les Ministères, les collectivités territoriales, les parrains, les entreprises publiques et privées, etc.
Le Haut patronage de la Première Dame du pays s’est révélé fondamental.
– Difficultés d’accès dans les zones reculées du pays
– Difficultés d’octroyer des ordinateurs à chaque femme bénéficiaire de la formation
– Absence de connexion Internet dans certaines zones du pays
– Difficulté de transmission des enseignements à certaines populations analphabètes
– Absence de suivi quantitatif par rapport au futur des formées
– La création de centres délocalisés
– Création de partenariats avec des Cyber café qui disposaient des machines.
– Partenariats étroits avec les élites locales (élus, chefs traditionnels, etc.).
– Création d’associations de femmes formées
– Renforcement de l’expertise sur la formation à distance
– Renforcement de la politique de vulgarisation de l’information en zone rurale
– Traduction de documents pédagogiques en langues locales
– Création d’un site Web pour permettre un suivi et une mise en réseau
– Développement des modules en création et management de Très Petites et Moyennes Entreprises, en ressources humaines et gestion de projet
– Nécessité d’avoir un excellent accès aux médias
– Un patronage officiel a facilité la bonne mise en œuvre du programme
– Une équipe de formateurs compétents, expérimentés et motivés par l’enjeu social
– Etre en réseau avec les élites locales amenées à parrainer des promotions
– Quelles sont les e-applications (télésanté, téléformation, e-banking, e-administration e-agriculture, etc) qui sont les plus utilisées par les femmes ?
– Dans quels secteurs les aider à créer des activités génératrices de revenu ?
– Impact de telles formations sur le niveau de revenu annuel des populations concernées
– Comment remédier aux difficultés linguistiques, d’absence d’infrastructure (électricité, couverture Internet, …) rencontrées en Afrique.
– Conception d’un outil multimédia pour l’initiation à distance des populations africaines féminines.
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**