En 2015, la fondatrice de l’association PikPik Environnement, Kaméra VESIC, a construit le projet « Manger sain et durable, c’est facile et pas cher » pour favoriser les bonnes pratiques alimentaires auprès du grand public, du public précaire, et en interne auprès de nos équipes d’animateurs.
Démarrage : 2015
Lieu de réalisation : Île-de-France
Budget : 80000
PikPik Environnement
Issy-les-Moulineaux – 921304, rue Horace Vernet
•
•
PikPik environnement est une association d’éducation et de sensibilisation au développement durable qui, depuis sa création en 2009, a mis en place des animations Smoothie Party et Disco Salade afin de réduire le gaspillage alimentaire de manière générale. Avec le développement de ces animations, nous avons commencé à réfléchir à un projet spécifique sur l’alimentation. L’objet social de PikPik est de rendre le développement durable accessible à tous les publics, notamment au public précaire, souvent le plus éloigné de ces considérations. Une question revenait sans cesse lors de nos ateliers: « comment manger sain et durable avec un petit budget ? ». Nous avons donc mené une réflexion pendant la première moitié de l’année 2015 car nous voulions toucher trois cibles : le grand public, le public précaire mais aussi notre équipe pour être congruent avec les valeurs que nous soutenons.
Nous voulions toucher trois cibles avec ce projet. Nos objectifs étaient d’apporter au public précaire des solutions pour manger sain avec un petit budget; favoriser la consommation de fruits et de légumes de saison; limiter le gaspillage alimentaire; apprendre à cuisiner sain avec peu de matériel (comme avec un micro-onde par exemple); favoriser le commerce de proximité; apporter gratuitement à notre équipe des produits issus de l’agriculture biologique et du commerce équitable.
– Pour le grand public: une à deux animations par mois sur l’alimentation (atelier fruits et légumes de saison, smoothie party, disco-salade, coaching course) avec comme partenaires des collectivités, des entreprises, des écoles primaires.
– Pour les publics précaires: création de partenariats pour aider, notamment les mères de familles, à apprendre à cuisiner sainement avec un petit budget et peu de moyens (ex : faire un repas équilibré avec des aliments en conserve).
– Pour notre équipe, le projet a consisté en la mise à disposition d’un panier hebdomadaire de fruits bio et de café, thé et sucre issus du commerce équitable.
– sensibilisation de près de 3000 personnes dans le grand public avec 51 animations réparties sur toute l’Île-de-France.
– sensibilisation de 250 personnes en 12 ateliers, notamment des mères de famille ou des jeunes immigrés (comment cuisiner avec un micro-onde, à faire un plat équilibré avec moins de 5€, à nourrir les enfants sainement et à consommer local et de saison, etc.)
– amélioration de l’alimentation de son équipe grâce au panier de fruits, pour éviter la consommation de « nourriture rapide » entre les animations.
L’originalité du programme est d’avoir voulu toucher le plus large public possible grâce aux animations grand public, tout en créant à côté des ateliers spécifiques pour les publics précaires qui ont des problématiques bien précises. Ces actions particulières ont permis de toucher ces bénéficiaires, parmi les plus éloignés de ces considérations. Nous avons aussi mis un point d’honneur à toucher les personnes réfractaires à ce genre de pratique. Enfin, nous ne voulions pas conseiller nos publics sans mettre en application en interne nos propres messages. L’originalité de ce projet est donc également le volet qualité de l’emploi que nous avons pu instaurer au sein même de nos locaux.
– Animations grand public: la Région Île-de-France, les communes d’Aulnay-sous-Bois, de Clichy, de Neuilly-sur-Seine, de Saint-Maur, de Paris, de Vitry, de Versailles-Grand-Parcs, les communautés d’agglomération de Sud-de-Seine et de GPSO. L’enseigne Monoprix est également notre fournisseur de fruits.
– Ateliers alimentation: l’ASTI, L’ASD, la SJT (Solidarité et Jalons pour le Travail) et deux nutritionnistes : Solveig DARRIGO et Caroline RIO.
– Notre équipe: partenariat avec la conciergerie d’entreprise AlterServices, proposant des produits biologiques et du commerce équitable.
Concernant les ateliers, les principales difficultés rencontrées concernaient le matériel. En effet, pour mettre en place des ateliers cuisine, des smoothies party ou toutes autres activités alimentaires, il faut un point d’eau, des prises électriques et tout le matériel de cuisine au sens propre (mixeurs, couteau, saladiers, etc.). Il fallait donc trouver des lieux adéquats pour faire l’animation ou l’atelier. Par ailleurs, le transport nous a posé certains problèmes car il fallait acheminer tout ce matériel sur le lieu et pouvoir le ramener en fin d’animation. Pour la partie concernant l’équipe, la seule difficulté était de trouver des fonds propres pour cette action.
– Ce sont nos partenaires qui ont pu répondre à la difficulté du lieu : les collectivités comme les associations nous ont permis d’avoir accès à des points d’eau et à des prises électriques tout en assurant la sécurité des stands.
– Pour le matériel de cuisine, nous avons directement investi en gros pour ne pas être en manque lorsqu’il y avait plusieurs animations ou ateliers simultanément.
– Quant au transport, nous avons utilisé les sites de voiture partagé (Trusk, Ouicar, Autolib’ et Uber pour le transport de matériel, Blablacar pour le transport d’animateurs).
– Enfin, nos prestations sur d’autres projets nous ont permis de débloquer le budget pour la partie qualité de l’emploi au sein de notre structure.
Nous cherchons aujourd’hui à investir dans un véhicule assez spacieux pour accueillir nos animateurs et le matériel, ainsi que dans des barnums pour pouvoir faire des stands dans des lieux ouverts. Nous sommes également en train de réfléchir à la mise en place, sur notre site internet, de fiches recettes « anti-gaspi » et « manger sain » pour pouvoir diffuser nos messages au plus grand nombre possible. Nous devons encore travailler la communication et le graphisme pour les rendre le plus attractif possible. Nous espérons que cette évolution augmentera considérablement le nombre de personnes touchées.
Pour le grand public, le principal facteur de réussite est d’adopter un discours non-moralisateur, notamment avec les personnes qui peuvent être réfractaires au développement durable. Pour les publics précaires, il faut bien comprendre les attentes et les habitudes, notamment les habitudes alimentaires, de chaque bénéficiaire. Si les solutions apportées sont trop éloignées de leurs considérations, alors, il n’y aura pas d’impact. Il faut aussi pouvoir apporter des solutions extrêmement simples à mettre en place, car peu d’entre eux possèdent du matériel de cuisine complet, beaucoup habitent en foyer, etc. Pour l’équipe, le facteur de réussite était de proposer cette action gratuitement à nos bénévoles, nos stagiaires et nos salariés.
Ce projet pourrait faire l’objet d’une recherche sur la communication engageante (procédure créée pour augmenter l’efficacité des campagnes de sensibilisation) pour comparer l’efficacité d’une de nos animations avec et sans la communication engageante.
Bandura, A. (1977). Self-efficacy : Toward a unifying theory of behavioral change. Psychological Review, 84, 191-215.
Bandura, A. (2003). Auto-efficacité. Le sentiment d’efficacité personnelle. Paris : De Boeck.
Dehaene, S. (2013). Les grands principes de l’apprentissage. Séminaire Sciences cognitives et éducation. Récupéré le 03 Mai 2016 sur le site : http://www.fondation lamap.org/fr/page/19466/seminaire-sciences-cognitives-et-education-ministere-de-leducation-nationale.
Girandola, F., Bernard, F., & Joule, R.-V. (2010). Développement durable et changement de comportement : application de la communication engageante. In K. Weiss, et F. Girandola (Eds.), Psychologie et développement durable (p. 221-245). Paris : Editions In Press.
Lewin, K. (1947). Group decision and social change. In T. Newcomb & E. Hartley (Eds.), Readings in Social Psychology (pp. 197-211).
Partager sur
Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0
Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**