Le Cabas des Champs a mis en place un projet de groupement d’achats alimentaires, solidaire et participatif, développé par les centres sociaux en partenariat avec plusieurs associations. Initiée en 2012 à Brest, l’initiative atteint cinq quartiers, permettant aux adhérents de faire des économies et s’approvisionner auprès de producteurs locaux pour des légumes de qualité à tarifs modérés. Le groupement d’achat permet de négocier les prix avec les producteurs, de faire livrer les produits par le producteur au sein des locaux mis à disposition par la collectivité. Le projet permet aussi de tisser des liens entre les bénéficiaires et les producteurs de la région de Brest.
Démarrage : 2012
Lieu de réalisation : Brest
Origine et spécificités du financement : Fonds d’aide de départ de la ville de Brest, initiative de quartier : €700 Fonds de roulement : €260
Témoignant de la difficulté d’approvisionnement d’aide alimentaire, les familles des quartiers Kérangoff et Kérourien se sont regroupées pour initier un projet de groupement d’achat qui a ensuite été reproduit dans trois autres quartiers de Brest. Ces familles avaient aussi un sentiment d’assistanat, d’humiliation, d’atteinte à la dignité quand elles doivent justifier leurs ressources, subir des entretiens parfois inquisiteurs pour avoir un colis alimentaire. Leur souhait était d’avoir accès à une alimentation de qualité, d’être respecté et de ne pas être assisté.
– Se regrouper pour faire des économies et pour acheter en grande quantité des produits alimentaires de qualité, locaux au plus bas prix.
– S’entraider et créer des liens, de se connaître entre les quartiers.
– Développer la relation avec des producteurs locaux et valoriser leur production.
Le Cabas de Champs est une initiative de groupement d’achat dans cinq quartiers qui travaille avec six producteurs de la région de Brest en tout. Mené par le centre social du quartier, chaque Cabas garde son autonomie. Une fois par mois, les adhérents se réunissent à leur centre social pour passer la commande. Les prix sont discutés entre adhérents puis négociés à l’avance avec le producteur. La condition est que le producteur vienne livrer les produits au centre social pour permettre la rencontre avec les adhérents. Un planning de participation des adhérents est organisé pour les jours de commande et de livraison. Les adhérents sont conviés lors d’une rencontre tous les deux mois pour faire le point sur le fonctionnement du groupement d’achat.
– Les tarifs des produits sont accessibles (de 0.40 à 1.50€/kg), sans dépasser le prix des grandes surfaces et en étant de meilleure qualité.
– Mixité sociale au niveau des bénévoles impliqués, dynamique participative, pas de stigmatisation puisque l’adhésion est ouverte à tous. Échanges entre adhérents et bilans de fonctionnement par des réunions régulières et repas de fin de saison.
– Liens avec les producteurs et découverte du métier (lors de la distribution, rencontres annuelles, accueil à la ferme)
En visitant quelques épiceries sociales, le centre social ne voulait pas reproduire le sentiment d’attente « comme aux Restos du cœur ». L’idée de l’épicerie solidaire a donc été abandonnée, aussi compte tenu de sa complexité, de son interférence et de sa nécessaire complémentarité avec la politique de distribution alimentaire sur la Ville. De par la situation d’urgence pour les familles, le centre social est parti sur l’idée d’un groupement d’achat collectif (inspirée d’une expérience dans l’Est de la France), plus simple dans sa mise en œuvre et permettant aux familles de s’impliquer et d’être acteurs du projet.
– Centres sociaux de Kérourien, Bellevue, Kérédern, Pen ar Creach
– Ville de Brest
– ICEO (Informer acCompagner vers l’EmplOi) service de proximité à Brest porté par une association d’insertion
– CLCV (Association nationale de défense des consommateurs et usagers, associée au projet sur Kéredern)
– Trouver des producteurs intéressés (parfois difficile vu le montant de la commande et la distance de livraison).
– Gagner la confiance de l’agriculteur qui peut être très timide au début.
– Manque de bénévoles dans certains centres.
– Difficile de fidéliser les adhérents ; beaucoup de « turnover » car les gens sont habitués aux produits normés
– Continuer à créer des liens avec des producteurs qui peuvent livrer sur les quartiers et pour qui l’échange est rentable. Cette préoccupation est devenue moins pertinente après le lancement du projet.
– Ajouter de nouveaux produits (produits laitiers, crêpes) pour attirer des nouveaux clients.
– Nouveaux partenariats éventuels avec d’autres producteurs.
– Idée à plus long terme d’avoir un local commun entre les centres sociaux pour faciliter la livraison des
producteurs.
– Fonds d’aide de départ : soutien à l’initiative par la ville de Brest. Depuis, le projet s’autofinance par les commandes.
– L’implication des familles dans le projet, qui crée un lien social et permet aussi aux familles de connaître d’autres activités du Centre social.
– Certains bénévoles préparent des fiches de conseil (préparation et conservation de légumes, recettes).
– Il n’y a pas de critères de participation ; l’accès est libre à tous.
Comment développer de tels projets à grande échelle ?
La Calebasse : Collectif d’Achat Local Écologique : http://a.strid.info/la_calebasse.html
Bleue comme une orange (voir documents supplémentaires) : http://www.bleuecommeuneorange.org/
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**