Le projet Madian-Salagnac œuvre pour un développement intégré dans le milieu rural haïtien, et est à l’origine d’innovations pédagogique, technique et managériale. La pluriactivité au sein de ce programme a permis aux paysans haïtiens du Plateau des Rochelois de modifier leurs pratiques agricoles, et d’augmenter ainsi leurs revenus et la sécurisation des productions alimentaires.
Démarrage : 1976
Lieu de réalisation : Plateau de Rochelois, Haïti
Origine et spécificités du financement : Misereor, CEBEMO, Secours Catholique, IAFn, CEE, MAE, Ministère de l’Agriculture d’Haïti
SOS Enfants Sans Frontières
Salagnac
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Le projet Madian Salagnac a stimulé les capacités d’innovation des agriculteurs. Suite aux formations des centres Madian Salagnac (voyages-visites) et à partir des connaissances acquises sur le milieu, de nombreuses expérimentations agricoles ont été entreprises.
Les diverses expérimentations agricoles dans la zone de Salagnac et le Plateau des Rochelois ont eu pour but de diversifier et de pérenniser les cultures, et d’accroître leurs rendements. Tout cela en passant de cultures vivrières calées sur le régime des pluies à des cultures maraichères.
– Introduction de nouvelles cultures (chou, pomme de terre, carottes) avec semis en pépinière arrosé (eau des citernes construites par le projet), repiquage des plants, et fumure organique et minérale. Disposition réfléchie des espèces végétales (buttes ou inter-buttes) en fonction de leur développement racinaire ou foliaire
– Construction de citernes pour la récupération des eaux de pluies
– Formation sur les maladies cryptogamiques et les attaques d’insectes, et équipements des agriculteurs en pulvérisateurs manuels
– Echanges avec les agriculteurs de Kenscof (ceinture maraîchère de Port au Prince)
En quelques années, le Plateau des Rochelois est devenu une importante région de production maraîchère, notamment par le développement de la culture du chou puis de la carotte. Ces associations culturales n’avaient pas été imaginées par les responsables du projet mais elles se justifient tant d’un point de vue agronomique qu’économique car elles favorisent la sécurisation des revenus, stabilisent les productions alimentaires et améliorent la productivité du travail grâce à une utilisation optimale du sol et une protection des jardins contre l’érosion grâce à une couverture végétale prolongée.
Les cultures maraîchères sont en général proposées par les projets comme moyen d’intensification des productions agricoles mais elles exposent souvent les exploitations agricoles à de plus grands risques économiques. Sur le Plateau des Rochelois, les agriculteurs sont parvenus à associer les cultures vivrières et maraîchères, pour limiter les risques tout en améliorant de manière significative leurs revenus.
Chercheurs de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) de la Guadeloupe (Charles-Marie MESSIAEN, Yves Marie CABIDOCHE, Lucien DEGRAS) ; Enseignants-chercheurs d’AgroParisTech (Marcel MAZOYER, Marc DUFUMIER, Michel SEBILLOTE, Hubert COCHET, Sophie DEVIENNE) ; Faculté d’Agronomie et de Médecine Vétérinaire de Port au Prince (le Doyen Jacques-Edouard ALEXIS et l’équipe des enseignants-chercheurs de la FAMV).
– Après plusieurs saisons, les agriculteurs ont eu des difficultés dans l’écoulement de leur production vers la capitale
– Les cultures de rente « spécialisées » nécessitent l’utilisation d’intrants coûteux : prise de risques plus importante
– Initialement, les agronomes avaient opté pour une culture de choux et de carottes mais aucune variété de carottes ne résistait aux maladies cryptogamiques
– La quantité de fumier disponible était insuffisante, pour répondre à la demande suite au développement des cultures maraichères
– Introduction des espèces maraichères dans les associations vivrières traditionnelles
– Essais variétaux sur les carottes, ce qui a permis d’identifier des variétés, des périodes de semis, et des étages agroécologiques favorables
– Généralisation de la fumure minérale dans les exploitations paysannes
– Complémentarité entre les cultures maraichères de cycle court et celles de cycle long
– Introduction de la culture (vivrière) d’igname jaune, ce qui a permis son extension spectaculaire
– Poursuivre les travaux d’aménagement de bassins versants pour augmenter les réserves d’eau
– Construction de chemins ruraux pour désenclaver les zones de production
– Développer les productions fourragères pour améliorer les relations agriculture-élevage.
– Améliorer le contenu des formations dans les domaines de l’éveil à l’environnement en milieu scolaire
FACTEURS DE REUSSITE
– La réappropriation des cultures maraîchères par les agriculteurs, en les introduisant dans des associations de cultures vivrières plus diversifiées et couvrant le sol sur pratiquement deux années complètes. Cela a permis de limiter les risques tout en améliorant de manière significative leur sécurité alimentaire
– Le succès du développement de la culture du chou due à l’accessibilité du marché de Port-au-Prince en toutes saisons, et la conservation en terre des carottes en attendant leur commercialisation
– Echanges pays avec les maraîchers de Kenscof
CONSEILS POUR UNE GENERALISATION
– La culture maraîchère s’est rapidement développée grâce à l’eau de pluie récupérée par les citernes, aux actions de vulgarisation, aux « voyages-visites » à Kenscof, à la construction d’une route (accès au marché de Port-au-Prince), et à un subventionnement partiel des engrais
– Les techniques de fertilisation acquises avec le maraîchage : facteur déterminant pour l’extension de l’igname
>> Comment faire évoluer les dispositifs projets pour améliorer la pertinence des actions et privilégier les investissements productifs et durables ?
>> Recherches sur la conduite des associations de cultures, conciliant augmentation de la production agricole et protection de l’environnement
>> Amélioration de la sécurité alimentaire en conciliant le développement des cultures maraîchères et vivrières.
– Brochet, M. « Des innovations paysannes réussies : associations de cultures maraichères et vivrières », FACTS REPORTS (Numéro Spécial 9, 2014)
– Pillot D. Bonnefoy M. et all 1990 Manuel d’Agronomie tropicale appliquée à l’agriculture haïtienne GRET – FAMV 498 pages.
Exemples d’associations pratiquées à Catin à 900 m d’altitude :
– petits pois (« pois France »), semés en décembre, adossés à la butte
– carottes, semées au sommet des buttes en janvier
– haricots et maïs, semés entre les buttes vers le 15 février, dè
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**