L’Intermarché de Provins a mis en place une expérience originale de lutte contre le gaspillage alimentaire : la vente de fruits et légumes qui ne respectent pas les critères classiques de la grande distribution, à des prix inférieurs aux produits classiques. L’innovation a été très bien accueillie par les consommateurs et l’enseigne prévoit de multiplier les expériences dans les magasins de la région parisienne.
Démarrage : Mars 2014
Lieu de réalisation : Provins
Origine et spécificités du financement : Financement privé
Dans le contexte d’une prise de position contre le gaspillage alimentaire, l’Intermarché de Provins, en partenariat avec l’agence de publicité Marcel, a lancé en mars 2014 une initiative originale afin de problématiser la question du gaspillage alimentaire et de proposer des réponses efficaces venant de la grande distribution. Tout d’abord, un test a été réalisé le 21 et 22 mars dans l’Intermarché de Provins pour évaluer la réaction des consommateurs. L’expérience consistait à mettre en place un rayon dédié aux fruits et aux légumes qui ne respectent pas les normes imposées par la grande distribution, c’est-à dire un rayon de « fruits et légumes moches ».
– mettre en place des opérations efficaces pour lutter contre le gaspillage alimentaire.
– revaloriser les produits moins parfaits mais qui méritent d’être vendus.
– responsabiliser les clients à prendre des décisions de consommation responsables.
– proposer des formules d’achat intéressantes pour les clients avec des budgets réduits.
– développer la communication de l’enseigne, illustrer une image citoyenne.
Pendant deux jours, le test consistait à vendre des fruits et des légumes hors calibre ou difformes (auparavant destinés à être consommés par la producteur ou détruits) à des prix 30% moins chers que les fruits et légumes « beaux ». Des oranges provenant du nord de l’Espagne et des carottes et des pommes issues des producteurs locaux ont été mises à la vente. D’autre part, l’enseigne proposait des activités de dégustation de soupes et de jus faits avec des légumes moches afin de sensibiliser le public à la problématique du gaspillage alimentaire.
L’expérience a été un véritable succès. L’intégralité des fruits et légumes mis à la vente a été écoulée en deux jours (1200 kg). Il y a eu également un ressenti très positif de la part des consommateurs qui ont félicité l’initiative citoyenne de l’enseigne. Par ailleurs, cette expérience a lancé un débat national au sein de la grande distribution sur la possibilité de mettre en place des rayons dédiés aux fruits et légumes moches de manière permanente. Par la suite, des initiatives locales ont été testées chez d’autres enseignes telles que Auchan et Monoprix.
Produits : la vente des fruits et de légumes qui ne correspondent pas aux critères de la distribution classique permet de lutter efficacement contre le gaspillage alimentaire. Il est très intéressant et important que cette initiative soit faite par des chaînes de la distribution (supermarchés et grandes surfaces) car ils constituent des agents prioritaires du circuit alimentaire. L’initiative pourrait constituer un vecteur de changement important si elle est transmise à une échelle nationale.
L’agence de publicité Marcel a développé la campagne publicitaire.
La faiblesse des marges, qui résulte d’un prix de vente inférieur aux autres fruits et légumes. Cela limite l’intérêt du développement des rayons « fruits et légumes moches ».
La démarche de vendre des fruits et de légumes moches contribue à améliorer l’image de marque de l’enseigne tout en étant une démarche positive de lutte contre le gaspillage alimentaire. Alors, l’intérêt économique n’est pas forcément la priorité.
Intermarché voudrait, après cette expérience positive, étendre la vente des fruits et légumes moches aux magasins de l’enseigne dans un rayon national. Prochainement, des rayons de fruits et de légumes moches seront installés dans des magasins de la région parisienne.
La demande locale : à Provins l’expérience a marché car les citoyens étaient sensibles à la question du gaspillage alimentaire.
S’entourer d’agriculteurs en circuit court qui soient intéressés de vendre des produits qui échappent aux normes traditionnelles de la grande distribution. Tisser des liens entre les supermarchés et les agriculteurs afin d’utiliser au mieux les produits agricoles.
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**