Pot@maï installe des hydroliennes alimentant des centres de services essentiels (eau potable, stockage et transformation des produits de l’agriculture et de la pêche, charge de batteries, communication) afin d’améliorer durablement les conditions de vie des populations rurales, de renforcer la sécurité alimentaire et de promouvoir une énergie renouvelable.
Démarrage : Septembre 2015
Lieu de réalisation : Congo Brazzaville
Budget : 200000
Origine et spécificités du financement : Agence Française du Développement, Fond Français pour l’environnement mondial, particuliers
Du fait de la précarité énergétique et de l’insuffisance des moyens de stockage et transformation des produits agricoles, le Congo souffre d’un étrange paradoxe : alors que le pays dispose de ressources agricoles importantes (terre, soleil, eau), la population se nourrit à 75% de produits d’importation, et le pays est en insécurité alimentaire. Pourtant, une solution coule au cœur de l’Afrique Centrale : le fleuve Congo et ses affluents, débordants d’énergie permettent de répondre aux besoins en électricité et en eau potable. Pot@maï propose de capter cette énergie à l’aide d’hydroliennes flottantes.
Pot@maï installe des centres de services essentiels décentralisés dans le bassin du fleuve Congo, avec pour objectifs: création d’emplois durables, amélioration des conditions de vie, réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le projet pilote (site de Loubassa) a pour objectifs spécifiques : le test technique des équipements (hydrolienne, équipements de transformation des produits agricoles et eau potable), la validation du modèle économique (vente de services essentiels pour financer les équipements et la gestion du site), en vue de la diffusion de l’innovation.
Pot@maï a réalisé l’étude de marché, la campagne de mesure des vitesses de courant et profondeur des cours d’eau dans deux sites au Congo, la pré-identification d’autres sites en amont de Brazzaville, la sensibilisation auprès des villageois et autorités locales quant au démarrage du projet, la recherche de financement. L’installation du site pilote de Loubassa est prévue en décembre 2016 et comprendra une hydrolienne (puissance 15 kW), un équipement de potabilisation de l’eau du fleuve, une conserverie, des moulins électriques pour produire diverses farines. Une micro entreprise de gestion du site sera créée (6 employés : 2 gestionnaires et 4 gardiens).
Impacts environnementaux : diffusion d’une énergie sobre en carbone, promotion du transport fluvial qui à capacité équivalente émet 4 fois moins de gaz à effet de serre que le transport routier.
Impacts socio-économiques (prévus) : amélioration des conditions de vie (eau, lumière, communications), augmentation des revenus des ménages, en particulier des femmes traditionnellement en charge de la transformation des produits agricoles, fourniture d’une énergie peu chère et non polluante
Originalité de la source d’énergie : l’hydrolienne est plus efficiente que le solaire (car non intermittente) et qu’un générateur. Technologie simple et robuste avec possibilités de production locale industrielle, à la différence des solutions photovoltaïques qui doivent être importées et peuvent créer une nouvelle dépendance énergétique.
Originalité du modèle économique proposé : la vente directe de services essentiels aux populations dispense de la mise en place d’un micro-réseau coûteux et non rentable dans des villages marqués par une forte pauvreté.
Aide à l’Enfance (association congolaise à but non lucratif dont l’activité est la formation professionnelle des jeunes vulnérables) développe un cursus « énergies renouvelables » dans sa filière de formation aux métiers de l’électricité, qui accueillera les formations à l’installation et la maintenance des hydroliennes et équipements associés en vue de la pérennité du programme. L’ANER (Agence Nationale de l’Electrification Rurale) est aussi partenaire du programme au Congo. En France, le fournisseur d’hydrolienne L’Aquaphile (modèle Hydro-Gen) est partenaire technique.
La précarité énergétique est le principal frein à un programme de valorisation locale des produits de l’agriculture et de la pêche. La production rentable d’électricité est difficile faute de certitude quant à la solvabilité du client final : pas de tarif de rachat de l’électricité produite, faible monétarisation et pauvreté de la population rurale. Des solutions techniques pour assurer la valorisation des produits agricoles existent mais ne sont pas à la portée des populations faute de connaissance technique et de capacités d’investissement (faible accès au microcrédit).
Le projet pilote n’a pas démarré comme initialement prévu en janvier 2016, pour des raisons d’instabilité politique au Congo dans un contexte d’élections présidentielles anticipées en mars 2016. Le contexte politique a retardé l’obtention des financements. Une enveloppe de 125 000 euros a été acquise en juillet 2016 auprès de l’AFD.
Pour soutenir le développement agricole, Pot@maï choisit de prendre en charge la chaîne de valeur du début à la fin, de la production d’énergie jusqu’à la transformation des produits. En raison de la faible compétitivité des produits locaux face aux importations produites industriellement et subventionnées, le modèle économique s’appuie principalement sur la vente d’eau potable pour financer les installations. Compte tenu des faibles capacités d’investissement des villages cibles, le fait que l’installation de l’hydrolienne ne nécessite pas de travaux de génie civil est un atout.
Afin de diminuer le coût de l’hydrolienne, il faudra dans le futur les construire localement. Deux chantiers navals ont été identifiés à Brazzaville et à Kinshasa. Afin de diminuer le coût de la maintenance, il faudra multiplier les sites hydroliennes + services essentiels dans le bassin du Congo, pour mutualiser les dépenses de ressources humaines. Il est prévu de donner la gestion des sites à des micro-entreprises locales franchisées.
– L’implication des autorités locales est primordiale.
– L’équipe connaît bien le terrain (Pot@maï est présent en Afrique Centrale depuis 4 ans, dont 2 ans de gestion d’une ferme sur l’île M’Bamou) et les problématiques spécifiques des populations rurales congolaises. L’étude de marché s’appuie sur des données concrètes.
– Le projet pilote de l’île M’Bamou a été conçu avec les villageois, en réponse à la demande des femmes du village d’avoir un lieu de stockage réfrigéré pour les produits alimentaires, le projet répond à des besoins clairement exprimés par les villageois.
– L’équipe a l’expérience des processus de financement très compétitifs de l’aide au développement et le projet est déjà soutenu par l’AFD.
– La technologie choisie (hydrolienne flottante) est robuste et adaptée aux pays en voie de développement.
– L’approche entrepreneuriale présentée intéresse des investisseurs pour la phase d’expansion et de réplication du projet.
Pour la diffusion du présent programme, il faudra réaliser une cartographie du potentiel hydroélectrique en Afrique Centrale (vitesse du courant, profondeur de l’eau), ainsi qu’en Amazonie et en Asie du Sud-Est.
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**