Depuis 2006, la Coopérative Lanaufibres regroupe des producteurs agricoles de la région de Lanaudière intéressés par la culture du chanvre. À force de persévérance, ils ont développé une filière locale unique de production, de transformation et de mise en marché des noix, de l’huile et de la farine de chanvre.
Démarrage : Janvier 2006
Lieu de réalisation : Joliette
Origine et spécificités du financement : Vente des produits, Cotisations des membres
Coopérative de production Lanaufibres
Joliette (Québec) – J6E6A5110 rue Beaudry N
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En 2006, 16 anciens tabaculteurs de la région des Laurentides se sont tournés vers la culture du chanvre pour faire face à la disparition de la culture du tabac au Québec. Ils ont mis sur pied la coopérative Lanaufibres et ont développé deux grandes lignes de produits issus du chanvre : les fibres et les produits alimentaires (noix, farine et huile. Aujourd’hui, ils s’investissement activement dans cette coopérative afin de développer la mise en marché de ces produits.
La coopérative Lanaufibres vise à :
– Réussir la transition d’une culture de tabac vers une autre culture pour les agriculteurs lanaudois.
– Développer un pôle d’expertise de la culture du chanvre dans Lanaudière.
– Développer la filière du chanvre au Québec.
– Mettre en marché des produits de qualité à base de chanvre.
– Mobiliser le milieu (producteurs, organismes, partenaires financiers) autour d’un projet innovant.
– Faire connaître les multiples propriétés alimentaires et textiles du chanvre.
La machinerie agricole a été adaptée à la culture et à la récolte du chanvre. Des infrastructures permettant la transformation du chanvre en noix, huile et farine ont été construites. Un réseau de mise en marché a été développé. Des fiches d’information sur les produits du chanvre ont été créées et des liens ont été développés avec d’autres organisations travaillant avec le chanvre telles que Canadian Hamp Trade Association.
La coopérative a permis :
– La mise en marché noix, d’huile et de farine de chanvre au niveau provincial ;
– La mobilisation du milieu pour le maintien des activités agricoles et le développement d’une culture innovante au niveau régional ;
– Le développement de la filière des produits du chanvre au Québec.
– L’amélioration de l’environnement (usage moins important de produits phytosanitaires).
Le chanvre est une plante à fibres méconnue au Québec et la filière de production était inexistante au Québec avant la coopérative Lanaufibres. Le choix du modèle coopératif renforce l’originalité de cette initiative.
Le projet peut compter sur le soutien de plusieurs organismes publics ou parapublics (Ministère de l’Agriculture, des pêcheries et de l’alimentation (MAPAQ), Conférence régionale des élus (CRÉ), Centre local d’emploi (CLD) etc. Environ 26 partenaires pour les points de vente (tant virtuels que régionaux).
La complexité légale et réglementaire entourant le chanvre alourdit les démarches administratives et contraint les producteurs à respecter un ensemble de règles plus strictes que pour d’autres cultures (superficies minimales à semer, traçabilité au GPS, enquêtes policières annuelles, etc.). La confusion qui règne entre cannabis et chanvre alimentaire complique le travail de sensibilisation et l’octroi de soutien gouvernemental pour cette culture. Les coupures gouvernementales ont ralenti le développement de la culture (suppressions de postes dans l’innovation agricole).
Aussi, la diversité des tâches à accomplir (de la culture à la distribution) oblige la coopérative à s’aventurer dans des terrains essentiels, mais moins connus de ses membres, dont le marketing et la distribution alimentaire. Les investissements sont difficiles à obtenir, car il y a peu d’acheteurs au Québec. La production de chanvre reste peu rentable et les producteurs membres ont tendance à peu investir dans cette culture. La crise financière de 2008 a ralenti les investissements dans le secteur du chanvre, considéré comme un secteur agricole risqué.
La coopérative a fait le choix de diminuer le nombre de membres pour ne conserver que les membres qui s’investissent activement dans la culture du chanvre.
La coopérative souhaite ne garder que 4 ou 5 membres qui feraient un investissement important pour acquérir une machinerie efficace et obtenir du financement permettant d’acquérir une ressource dédiée à la mise en marché.
– Connaissance des expériences de développement de la filière ailleurs au Canada et dans le monde (Ontario, Colombie-Britannique, Manitoba, Europe, etc.) ;
– L’implication des membres au sein de la Canadian Hamp Trade Alliance a permis de déceler les opportunités d’affaires et de mieux connaître le marché ;
– Les liens créés avec les organismes du milieu (MAPAQ, CRÉ, CLD, etc.) ont permis la mobilisation nécessaire pour la mise sur pied de la coopérative et son financement.
Les règles édictées par Santé Canada entourant la culture du chanvre.
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**