La Crueize développe un élevage de cochons dans une forêt, à la fois pour protéger l’écosystème local, et proposer une viande de qualité aux habitants de la région.
Démarrage : 1983
Lieu de réalisation : Rochessadoule
Origine et spécificités du financement : Vente des cochons et gîte
En 1983, Augustin Thyssen s’installe dans les Cévennes, et achète une vielle ferme abandonnée, en disposant seulement de 100 000 Francs au départ. Il réussit à réunir des parcelles de forêt pour y élever des cochons noirs. La terre a besoin d’une couverture forestière importante, actuellement tronquée par les monocultures (vecteurs de maladies). L’homme peut être le jardinier de cette forêt sans en empiéter la biodiversité, et le cochon peut être le « rédempteur de l’humanité » grâce à son action bénéfique sur la forêt.
Revenir à une vie plus naturelle en forêt.
S’opposer à la situation terrible des cochons, moutons, bétails, poulets… représentative de la manière dont nous traitons la nature.
Protéger la forêt par l’action du cochon qui s’en nourrit sans la détruire, et ainsi l’entretient.
– Un « élevage » de cochons en forêt : Le cochon laboure, aère le sol, le fume, déterre et mange des racines de fougères, des ronces, permettant aux arbres originels (châtaigniers, chênes verts, érables, cerisiers, pommiers) de se développer.
– Des moutons qui mangent ce que les cochons délaissent.
Pas de médicament, ni hormones de croissance, d’aliments liquides ou autres tourteaux de soja
– Un gîte d’accueil 6 ou 7 semaines par an, entre 300 et 450€ la semaine.
Vente d’une centaine de porcelets, et d’une dizaine de cochons charcutiers qui assurent la moitié des revenus, l’autre moitié étant assurée par la location du gîte.
7km de clôture, environ 40 ha de parcs pour un maximum d’une quinzaine de truies et 15 moutons pendant 6 mois de l’année. La forêt suffit presque entièrement à nourrir les bêtes, bien qu’il faille encore leur donner du foin et des fruits, en partie pour maintenir le contact avec les bêtes.
La Crueize adopte une vision globale de la forêt, de l’homme et des animaux, bénéfique pour tous. On y élève du bétail de manière seine, dans les principes de permaculture. Un élevage qui sort de l’ordinaire mais qui permet également une production de viande (et autres produits) de qualité pour une population locale.
Quelques contacts ont été noués en Amérique avec des gens intéressés par la permaculture, et notamment un chercheur en Californie.
En 1983, il y avait une vingtaine d’éleveurs de cochons dans la forêt. Désormais, Augustin Thyssen est le dernier, les autres ayant dû plier bagage à cause d’opposition des autorités locales et de chasseurs. Pendant 10 ans, il dut subir les attaques frontales des chasseurs, mais il a tenu le coup.
En tenant tête, en protestant quand des chasseurs coupaient ses clôtures ou venaient chercher des cochons quand ils rentraient bredouilles de la chasse, en impliquant la police (pour se faire rembourser), sans non plus envenimer les choses, il réussit à se faire respecter et même sympathiser pour finalement, au bout de 10 ans, faire partie du paysage.
Il a fallu beaucoup de conviction, et du soutien d’amis et de gens du village qui l’encourageaient.
Il n’utilise pas de béton ni de fer, seulement du fil et du bois, et l’entretien commence à demander beaucoup de temps et de gestion. Avec une ou 2 personnes pour l’aider, ils pourraient nourrir le village (800 personnes) en viande et en œuf.
-Une grande capacité d’organisation, de la ténacité. La forêt et l’homme doivent pouvoir vivre ensemble ; il y a de l’espoir.
-La forêt elle-même, car élever des cochons n’est pas possible partout, il faut s’adapter à la réalité locale.
– Jake Robinson est en train d’écrire un mémoire sur ce sujet. « Le cochon et la forêt » (Université d’Oslow)
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**