Observatoire

Valorisation du niébé par l’Union des Producteurs de Niébé de Pissila (Burkina Faso) soutenue par la Fert

Le projet vise à accompagner l’Union Départementale des Productrices de Niébé de Pissila à incorporer de la farine de niébé dans la fabrication du pain local afin d’améliorer sa valeur nutritionnelle et diversifier les débouchés.

Auteurs(s)

N.Elisabeth
OUEDRAOGO

Fiche rédigée par NACAMBO Idrissa, Responsable activités économiques

Programme

Démarrage : 2007

Lieu de réalisation : Pissila (Burkina Faso)

Organisme(s)

Fert

Montreuil 93100

Pissila

9Salariés

7Bénévoles

Site internet

ORIGINE ET CONTEXTE

Depuis 2007, Fert accompagne l’Union Départementale des Productrices de Niébé (UDPN) sur les aspects techniques liés à la production, la structuration professionnelle et sur les services économiques (stockage/commercialisation). Toutefois, l’union ne commercialise que du niébé grain, lequel est envoyé dans les villes au Burkina Faso ou dans des pays de la sous-région, sans autre transformation. La question qui se pose alors est comment créer localement de la valeur ajoutée au niébé pour diversifier les débouchés des producteurs, et créer des activités pour les femmes transformatrices et les autres acteurs économiques pouvant utiliser le niébé ? De plus, l’Union se demande comment diversifier les produits à base de niébé pour améliorer la nutrition des populations locales. L’UDPN et Fert ont alors commencé les réflexions et des investigations qui les ont menées vers la production de farine de niébé et son incorporation dans le pain local.

Objectifs

L’objectif global du projet est d’augmenter la valorisation du niébé et sa consommation locale à partir de produits transformés. Plus spécifiquement il s’agit : i) d’expérimenter l’introduction de la farine de niébé dans la confection du pain local en testant différentes variétés et différents taux d’incorporation pour satisfaire les consommateurs (goût, valeurs nutritionnelles, prix) ; ii) de mener la réflexion prospective sur le modèle économique et technique à mettre en place pour offrir une farine de niébé de qualité et compétitive pour conquérir les marchés et enfin iii) de mettre en place une unité de transformation de farine (organisation et gestion, infrastructure, équipements, formations, suivi).

ACTIONS MISES EN OEUVRE

Les grandes actions ont été élaborées par l’Union et Fert, puis précisées et ajustées par le Comité transformation mis en place en février 2016. Les activités déjà réalisées sont:
1) Mise en place d’un Comité Transformation présidé par Madame OUEDRAOGO chargée de mener les réflexions sur la transformation du niébé, et d’assurer le pilotage de l’ensemble des actions de transformation
2) Formation du Comité transformation sur leur rôle, le process et les normes de qualité de la farine de niébé, sur l’élaboration de leur stratégie,
3) Expérimentation de l’introduction du niébé dans le pain avec les boulangers locaux.
Les autres activités prévues sont les suivantes :
4) Réalisation d’une étude de modélisation, de marché et d’un plan d’affaires triennal sur la transformation du niébé en farine,
5) Création de l’unité de transformation,
6) Voyage d’échanges auprès d’unités de transformation de niébé.

Résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs

Les principaux résultats poursuivis sont les suivants : i) Le niébé est transformé en farine de qualité, commercialisée aux transformatrices et aux boulangers ; ii) L’introduction de la farine de niébé dans le pain est testée ; iii) Les innovations sont capitalisées et diffusées. Le projet proposé est une initiative à la fois socialement pertinente, économiquement rentable et écologiquement viable. Il repose sur une démarche qui permet de répondre aux besoins des petits producteurs et permettra d’améliorer leurs conditions de production, de revenus et de vie. A terme, la quantité de farine de niébé produites et commercialisées par an par l’unité de transformation est de 70 tonnes ; 50% de boulangers utilisent la farine de niébé dans la composition du pain et le taux de valeur ajoutée/chiffre d’affaires est au moins 10% en fin de projet sachant que la rentabilité sera atteinte à 15%. Il pourra contribuer à une stabilité sociale en freinant l’exode rural des jeunes par la création d’emplois.

Originalité

Au Burkina Faso, il n’existe pas encore à notre connaissance une expérience similaire d’introduction de la farine de niébé dans le pain local. Quelques expériences d’introduction de mil et de sésame dans le pain ont été réalisées, les produits obtenus ont été très appréciés des consommateurs. Une telle innovation avec la farine de niébé permettrait de diversifier l’alimentation et d’améliorer l’apport nutritionnel du pain, aliment de plus en plus consommé dans tout le pays. En outre, la substitution partielle du blé importé par le niébé produit localement permettrait de créer un nouveau débouché pour les producteurs de niébé : en 2009, 50 000 tonnes de blé ont été importées au Burkina Faso, principalement pour la confection du pain. A l’échelle de Pissila, ville rurale, une enquête menée par l’union a montré que plus de 270 tonnes de farine de blé sont utilisées par an pour produire 2 000 pains locaux par jour.

Partenariat(s)

– L’Union des Producteurs de Niébé de Pissila
– CFSI (Comité Français de Solidarité International)
– APME2A (Agence pour la Promotion de la petite et Moyenne Entreprise Agriculture et Artisanat)

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés pendant la mise en œuvre :

L’introduction de la farine de niébé dans le pain local constitue une expérience heureuse. Les retours après les tests sont très encourageants. Le défi actuel concerne l’optimisation de la farine de niébé associée au blé.

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

Cette préoccupation est déjà prise en compte dans la collaboration avec le Département de Technologie Alimentaire du ministère de l’Agriculture au Burkina Faso.

Améliorations futures possibles :

Il est également possible d’améliorer le marché et la promouvoir le « consommer local ». C’est une orientation qui tient particulièrement au comité Transformation piloté par Madame OUEDRAOGO. Une phase pilote d’introduction de la farine de niébé dans le pain industriel pourra également être envisagée, même si l’on sait déjà que les process et les goûts des consommateurs ne sont pas les mêmes.

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou un essaimage :

Le succès de cette initiative repose principalement sur la dynamique d’appropriation, gage de la pérennité des résultats. Les principaux atouts dont il dispose en termes de durabilité technique sont les suivants : i) l’implication totale des bénéficiaires à toutes les étapes de conception et de mise en œuvre du projet, ii) la pertinence des besoins exprimés et le dynamisme des cibles identifiées, iii) la vision d’autonomisation déjà bien enclenchée.
Les facteurs d’échecs concernent le marché. Pour cela une étude de modélisation de marché est en train d’être menée.

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Comité de lecture
Date de lecture de la fiche
09/11/2016
Localisation
Burkina Faso
Domaine
AgricultureAlimentationAménagement, développement local
Type de structure
Association, collectif, ONG
Envergure du programme
Locale
Bénéficiaires
Population rurale
Type d’action
Services d’accompagnement Formation, gestion, aide technique, juridique…
Type d’objectif
Valorisation du patrimoine technique (savoir-faire)Valorisation du patrimoine alimentaireStructuration/maintien de filières localesCréation de dynamiques économiques
Localisation
Licence

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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**