Observatoire

Une pédagogie inversée pour une reconnaissance personnelle et une reconstruction du lien social

« La Rampe », accueil de jour à Colombes du Secours Catholique des Hauts-de-Seine (92), a mis en place depuis 2008 une offre culturelle comprenant notamment un atelier hebdomadaire d’art-thérapie. 4 matinées par semaine, ce lieu de rencontre convivial et ouvert à la pratique artistique accueille environ 160 personnes en situation de précarité.

Auteurs(s)

Christophe
de Vareilles
Art-thérapeute

Fiche rédigée par Tom Lecann

Programme

Démarrage : 2008

Lieu de réalisation : Colombes

Organisme(s)

Délégation des Hauts-de-Seine du Secours Catholique

Colombes – 92700

3bis rue Victor-Hugo

53Bénévoles

Site internet

ORIGINE ET CONTEXTE

La Délégation des Hauts-de-Seine du Secours Catholique, fondée en 1966, dispose d’un accueil de jour à Colombes depuis 2004 pour personne sans domicile fixe ou en errance. Exclusivement animé par des bénévoles, « La Rampe » accueille 4 matinées par semaine (lundi, mercredi, vendredi et samedi de 9h à 11h30) plus de 80 personnes. Y sont accessibles gratuitement petits déjeuners, douches, ordinateurs et coiffure. Il s’agit également d’un lieu d’aide aux démarches administratives et de domiciliation.

Parallèlement à la réponse à ces besoins primaires, des activités culturelles rythment aussi la vie de cet espace. Cela fait suite au désir de l’équipe en 2008 de centrer davantage les accompagnements sur les personnes.

Objectifs

VIS-A-VIS DES PERSONNES ACCUEILLIES :
– Sortir de l’isolement
– Retrouver l’initiative dans la relation
– Retrouver la relation dans la durée et la capacité de proximité
– Reprendre goût à l’expression (désirer d’être compris ou apprécié)
– Changer la représentation de soi-même

VIS-A-VIS DE L’ÉQUIPE BÉNÉVOLE :
– Apprendre et exercer la relation avec les personnes exclues
– Changer le regard sur les personnes accueillies

ACTIONS MISES EN OEUVRE

* Atelier de création artistique
– tous les samedis matins
– animé par une personne formée à l’accompagnement (nb. des écoles d’art-thérapie envoient parfois des stagiaires)
– mise à disposition de matériels
– liberté d’initiatives : sans obligation ni sujet proposé

* Organisation de sorties (ex. marche sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle en 2016), d’animation de tables de jeux de société, de projets collectifs, de journées portes ouvertes de l’accueil et de fêtes

* Coin bibliothèque disponible

Résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs

– Fréquentation régulière par plusieurs personnes
– Les personnes accueillies regagnent autonomie et confiance en eux. Progressivement, elles se libèrent, s’ouvrent et prennent le risque de s’exprimer.
– Atténuation des hiérarchies entre les personnes accueillies et les accompagnants
– Constitution d’un groupe d’action citoyenne qui propose des activités tous les jours

Originalité

Le dessin est un prétexte à la rencontre et à la discussion. Les ateliers d’art-thérapie reposent sur une pédagogie inversée. Aucun programme n’est imposé. Ce sont les personnes accueillies elles-mêmes qui décident du déroulé et de ce qu’elles créent. Le rôle des accompagnants n’est pas de diriger l’atelier mais d’être attentifs aux propositions des participants et de faire émerger leur parole.

Partenariat(s)

Pas de partenariats étant donné que les ateliers sont intégrés dans l’accueil de jour

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés pendant la mise en œuvre :

– Préjugés : l’atelier est souvent perçu comme un divertissement alors qu’il participe à oser prendre une initiative et à reconstruire la capacité de relation à soi-même et au groupe
– La peur de dessiner
– La faible fréquentation de certains ateliers

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

Travail de communication

Améliorations futures possibles :

Donner davantage de visibilité à l’atelier et faciliter la compréhension de ses enjeux aussi bien pour ses participants que pour les personnes extérieures

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou un essaimage :

– La place faite à l’accueil non verbal : être ensemble, faire ensemble, regarder ensemble…
– Un cadre apaisant et bienveillant qui s’abstient d’évaluation et de jugement pour établir une relation de confiance
– Le format libre de l’atelier : liberté de laisser aux personnes accueillies de venir s’asseoir à la table, liberté de ne pas faire…
– Susciter le désir de faire chez les personnes
– L’aspect universel du dessin
– Contributions des bénévoles et stagiaires investis dans la démarche qui dynamisent l’atelier

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Comité de lecture
Date de lecture de la fiche
05/11/2019
Localisation
France
hauts-de-seine
Domaine
Culture, sport et loisirsExclusion et isolement
Type de structure
Association, collectif, ONG
Envergure du programme
Locale
Bénéficiaires
Population précaireImmigrésSans abris
Localisation
Licence

Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0
Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**